AUTRES
1. A bou-Mousa rapporte que le Prophète a dit: « Le croyant est au croyant comme les parties d’un édifice qui se soutiennent mutuellement. » Et, ce disant, il enchevêtrait ses doigts. Le Prophète, chaque fois qu’on venait l’interroger ou lui demander quelque chose, se tournait vers nous et disait : « Intercédez (3), vous en serez récompensés, et Dieu, par la voix de son Prophète, accomplira ce qu’il voudra. »
0) En faisant l’aumône avec une demidatte.
(2) Dans la salutation arabe on se sert du mot selâm qui signifie « paix ». Les Juifs avaient employé le mot saâm signi¬
fiant « mort » dont l’assonance est presque identique. L’orthographe des deux mots écrits prête également à la confusion.
(3) Sous-entendu : auprès de moi en faveur de cette personne.
TITRE LXXVIIÎ
CHAPITRE XXXVII. - - De ces mots du Coran : « Celui dont l’intercession aura un but louable en recueillera le fruit: celui qui intercédera dans un
mauvais but en recevra sa part. Dieu observe tout. » — Le mot cfij équivaut à Abou-Mousa a dit : qui signifie « deux récompenses »
en abyssin.
1 . Abou-Mousa rapporte que le Prophète, chaque fois que quelqu’un venait lui demander quelque chose, disait : « Intercédez, vous en serez récompensés, et Dieu, par la voix de son Envoyé, accomplira ce qu’il voudra. »
CHAPITRE XXXVIII. — Le Prophète n’était pas inconvenant naturellement NI ACCIDENTELLEMENT.
1 . Masrouf a dit : « Nous entrâmes chez ' Abdallah-ben-' Amr lorsqu’il vint avec Mo'aouïa à Koufa. 11 parla de l’Envoyé de Dieu et dit qu’il n’était pas inconvenant naturellement ni accidentellement. Puis il ajouta : « L’Envoyé de Dieu a dit : « Les meilleurs d’entre « vous sont ceux qui ont de bons sentiments. »
2. ' Aïcha rapporte que des juifs vinrent trouver le Prophète et lui dirent : « La mort soit sur vous ! » Aïcha répondit : « Et sur vous. Que Dieu vous maudisse et qu’il soit irrité contre vous. — Tout doux, ô Aïcha, dit le Prophète, sois calme, garde-toi de la brutalité et de l’inconvenance. — N’as-tu donc pas entendu ce qu’ils ont dit? demanda-t-elle. — N’as-tu pas entendu, toi, ce que je leur ai répondu en leur renvoyant leur menace? Or Dieu m’exaucera dans ce que j’ai dit contre eux et il ne les exaucera pas dans ce qu’ils
ont dit contre moi. »
3. Anas-ben-Mâlik a dit que le Prophète ne faisait habituellement usage ni de l’injure, ni de mots inconvenants ni de malédictions. Et quand il voulait adresser un reproche à l’un de nous il lui disait : « Qu’a-t-il donc ? que le diable Remporte T ! »
(O Mot à mot : « que sou front soit plein de terre ! » C’est une formule de malédiction anodine.
DE L’ÉDUCATION
4. Aïcha rapporte qu’un homme avait demandé audience au Prophète. En le voyant le Prophète dit : « Quel abominable frère do tribu ; quel abominable fds de tribu (1) ! » Lorsque cet homme fut assis, le Prophète lui fit bon visage et bon accueil. Aussitôt que cet homme fut parti, Aïcha s’écria : « O Envoyé de Dieu, quand tu as vu cet homme tu as dit telle et telle chose, puis tu lui as fait bon visage et bon accueil. — O Aïcha, répondit l’Envoyé de Dieu, quand donc m’as-tu jamais vu inconvenant? L’homme qui, au jour de la Résurrection, sera dans la plus mauvaise posture aux yeux de Dieu sera celui dont les hommes s’écartent dans la crainte de sa méchanceté. »
CHAPITRE XXXIX. Des BONS SENTIMENTS NATURELS, DE LA GÉNÉRO¬ SITÉ ET DE LA RÉPULSION QU’oN DOIT AVOIR POUR L AVARICE. — Mll- ' Abbâsa dit : « Le Prophète était le plus généreux des hommes ; il était particulièrement généreux pendant le * Ramadan. » — Quand Abou-Dzarr apprit la Mission du Prophète, il dit à son père: « Monte à cheval , va vers cette vallée (2), et écoute ce qu’il dit. » Le frère revint et dit : « Je l’ai vu qui ordonnait d’avoir des sentiments religieux. »
1. A nas a dit : « Le Prophète était le meilleur des hommes, le plus généreux des hommes, et le plus brave des hommes. Une certaine nuit qu’une panique s’était emparée des habitants de Médine, ceux-ci se rendirent du côté du bruit qu’ils avaient entendu. Le Prophète revint vers eux après les avoir devancés dans la direction de la voix. « N’ayez point peur, n’ayez point pour », leur cria-t-il. Il était monté à cru sans selle sur le cheval de Abou-Talha, et il avait un sabre pendu au cou. Le Prophète dit : « J’ai trouvé ce cheval « comme la mer — ou suivant une variante : c’est une mer (3). »
2. Djâbir disait : « Jamais, quand on lui demanda quelque chose, le Prophète ne répondit une seule fois : « Non ».
0) Ces deux exclamations équivalent à : quel vilain personnage !
(2) C’est-à-dire : la vallée de la Mecque.
(3) Cette expression s’emploie pour dire d’un Cheval qu’il fournit une très longue course.
TITRE LXXVIII
3. Masrouq a dit : « Nous étions assis avec Abdallah-ben-' Amr qui nous racontait des hadits. A un moment donné il nous dit : « Le Pro- « phète ne futjamais inconvenant naturellement, ni accidentellement, et « il a dit : « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui ont bon caractère. »
4. Sahl-ben-Sad a dit : « Une femme apporta une borda au Prophète. (S adressant à 1 assistance Sahl demanda: «Savez-vous ce que c’est qu’une bordai » Les assistants répondirent : « C'est un echemla^. — C’est, reprit Sahl, une cliemla dans laquelle on a tissé une bordure. ») « 0 Envoyé de Dieu, dit la femme, voici un costume que je te donne. » Le Prophète prit la borda dont il avait besoin et la revêtit. Un des Compagnons, en voyant cette borda , s'écria : « Oh ! qu'elle est belle, « donne-la-moi ! — La voici », répondit le Prophète. Comme le Prophète venait de partir, ses Compagnons dirent à l’homme : « Ce n'est « pas bien ce que tu as fait, sachant que le Prophète l'avait acceptée « parce qu’il en avait besoin. Et tu as osé la lui demander, sachant que « quand on lui demande quelque chose il ne le refuse jamais. — J’es- « pérais, répliqua l'homme, profiter de la bénédiction attachée à ce « vêtement que le Prophète avait porté et j’espérais qu’il me servirait « de linceul. »
5. D'après Abon-Horëira, l'Envoyé de Dieu a dit: « Les temps se rapprochent (2), les bonnes œuvres diminuent, l'avarice s'étale et le herdj devient plus nombreux. — Qu'est-ce que le herdj , demandat-on? — C’est, répondit-il, le meurtre, le meurtre. »
6. Tsâbit a entendu Anas faire le récit suivant : « J'ai été au service du Prophète pendant dix ans, jamais il ne m’a dit : ouf ! (3) ni : pourquoi as-tu fait telle chose ? ni : n’as-tu pas fait telle chose ? »