CHAPITRE XCVII. — Du MOT : OUSTE ! W ADRESSÉ A UN HOMME
pensé à quelque chose; sais-tu à quoi? — A la fum...(3), répondit Ibn-Sayyâd. — Ouste ! » lui cria le Prophète.
2. ^ Abdallah-ben- Omar raconte que Omar-ben-El-KhaUâb se rendit un jour avec TEnvoyé de Dieu, accompagné d'un groupe de ses
(O Au Paradis.
(2) Le mot arabe est celui qu’on emploie pour chasser un chien.
(3) Il y a en arabe le commencement du
mot qui signifie : « fumée » ; mais Ibn- Sayyâd n’avait pas pu l’achever. Ibn- Sayyâd était un devin célèbre qui jouissait d’irne grande réputation.
DE L’ÉDUCATION
Compagnons, du côté de l’endroit où était Ibn-Sayyâd. Enfin ils le trouvèrent qui jouait avec des jeunes gens dans la citadelle des Benou-Maghâla. Ibn-Sayyâd qui, à ce moment, approchait de l’âge de la puberté, fut surpris par l’Envoyé de Dieu qui de la main lui frappa sur le dos en disant : « Veux-tu certifier que je suis l’Envoyé de Dieu? — Je certifie que tu es l'Envoyé des illettrés », répondit Ibn-Sayyâd, après Lavoir regardé. Prenant de nouveau la parole et s'adressant au Prophète, Ibn-Sayyâd dit : « Veux-tu certifier que je suis l’Envoyé de Dieu? » Bousculant alors Ibn-Sayyâd, le Prophète dit: « Je crois en Dieu et en ses prophètes. » Puis, s’adressant à Ibn-Sayyâd: « Eli bien! qu’en penses-tu? lui dit-il. — Tantôt je prédis juste, tantôt je prédis faux, répliqua Ibn-Sayyâd. — Ton démon 9) aura embrouillé les choses », reprit le Prophète qui ajouta : «Je pense à quelque chose (dis-moi quoi?) — A la fum..., répondit Ibn-Sayyâd. — Ouste! s’écria alors le Prophète; ne va pas au delà de tes moyens. » Omar, ayant alors demandé à l’Envoyé de Dieu de lui permettre de trancher la tète du devin, l’Envoyé de Dieu lui dit: « Si c’est lui (l'Antéchrist) tu ne peux rien contre lui {2) ; et si ce n’est pas lui tu n’as aucun profit à le tuer. »
Sâlim a entendu 'Adallah-ben-'Omar faire le récit delà manière suivante : « Après cela, l’Envoyé de Dieu partit, accompagné de Obayyben-Ka'b-El-Ansâri, se dirigeant tous deux vers la palmeraie où se trouvait Ibn-Sayyâd. Quand ils y furent entrés, l’Envoyé de Dieu se cacha derrière un tronc de palmier, cherchant à éviter que Ibn-Sayyâd l’entendit avant de le voir. Celui-ci était étendu sur son ht, enveloppé d’un vêtement doublé et faisait entendre un léger bruissement (3). La mère d’Ibn-Sayyâd, apercevant le Prophète, qui se dissimulait derrière un tronc de palmier, cria à son fils « Hé ! Sàfi ! — c’était le nom de son fils — voici Mohammed ! » Aussitôt Ibn-Sayyâd s’arrêta (4>.
~ ù On supposait que c’était un démon mier qui signifie « léger bruit », et le qui lui suggérait ses prédictions. second, une sorte de ronronnement.
(2) L’Antéchrist, suivant les musulmans, (4) Le texte ne précise pas ce que faisait
doit être mis à mort par Jésus-Christ. Ibn-Sayyad a ce moment-la. 11 semble
(3) Le texte porte deux mots, le pre- que le devin avait une sorte d’entretien
TITRE LXXVIII
« Si sa mère T avait laissé tranquille, s’écria l’Envoyé de Dieu, tout se serait éclairci (1). »
D’après Sâlim, 'Abdallah-ben-' Omar a dit : « L’Envoyé de Dieu se leva au milieu des fidèles, puis, après avoir adressé à Dieu les louanges dont il est digne, il parla de l’Antéchrist. « Je vous mets « en garde contre lui, s’écria-t-il, comme Font fait tous les prophètes « pour leurs peuples, par exemple Noé. Mais j’ajouterai quelque « chose qu’aucun prophète n’a encore dit à son peuple. Sachez que « l’Antéchrist est borgne, tandis que Dieu n’est pas borgne ».
L’expression ALA-, ajoute El-Bokhâri, signifie : «chasser un chien » JyA-’lA équivaut à •
CHAPITRE XCVIII. I)e l’emploi de ces mots : (( SOIS LE BIENVENU 2) )) en s’adressant a quelqu’un. — ' Aïchci dit que le Prophète, s’adressant à Fâtima , se servit de ces mots : u Sois la bienvenue, ma fdle. » Omm-Hâni dit qu étant allée voir le Prophète celui-ci lui adressa ces îiiots: « Sois la bienvenue, Omm-Hcuii. »
1 . Selon Ibn-Abbâs, quand la députation des 'Abd-Qaïs vint trouver le Prophète, celui-ci dit : « Qu’elle soit la bienvenue la députation de ceux qui viennent sans y être contraints par l’humiliation, ni le remords. — 0 Envoyé de Dieu, répondirent les députés, notre tribu appartient aux Rabî'a et nous sommes séparés de toi par les Modar (3) ; aussi ne pouvons-nous venir te voir que pendant les mois sacrés. Ordonne-nous donc les lionnes actions que nous devons faire pour mériter le Paradis et nous inviterons ceux que nous avons laissés chez nous à les mettre en pratique. — Faites quatre choses et abstenez-vous de quatre autres. Faites la prière, donnez la dîme, jeûnez pendant le ramadan et donnez le quint du butin. Ne buvez ni la liqueur contenue dans des calebasses, ni celle contenue dans des outres goudronnées. »
secret avec son démon qui lui annonçait la présence du Prophète.
(!) C’est-à-dire qu’on aurait pu être sûr qu’il était un devin.
(2) En arabe fl n’y a qu’un mot
(3) Avec lesquels ils étaient en guerre, ce qui ne leur permettait pas d’être en relations constantes avec le Prophète.
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