LAQUELLE SE TROUVENT MELANGES MUSULMANS ET POLYTHEISTES
1 . Osâma-ben-Zëid rapporte ce qui suit : « Le Prophète monta sur un âne dont le bât surmontait une couverture feutrée de Fadak ; il avait pris en croupe Osama-bcn-Zcïd qui allait faire une visite (i) à Sad-ben-Ohàda chez les Benou El-Hà r its-be ri-El-K I uizradj . Ceci se passait avant la bataille de Bedr. A un certain moment ils passèrent devant une assemblée dans laquelle se trouvaient à la fois des musulmans, des polythéistes idolâtres et des juifs. Parmi eux se trouvai! 'Abdallah-ben-Oliayy-lien-Saloul. Dans l'assemblée se trouvait 'Abdallah-ben-Raouàha. Comme la poussière soulevée par l’âne couvrait toute l’assemblée. Abdallah-hen-Obayy se voila le nez avec son manteau et dit : « Ne nous couvrez donc pas de poussière. » Le Prophète salua les assistants, s'arrêta, descendit de son âne, les invita à adorer Dieu et leur récita le Coran: « 0 homme, dit alors « 'Àbdallah-ben-Obayy-ben-Saloul, rien n'est plus beau que tout cela « si ce que tu dis est la vérité, mais ne nous importune pas dans nos « réunions et retourne chez toi. Tu raconteras tout cela à ceux qui « viendront te voir. » Prenant alors la parole, Ibn-Raouâha s'écria : « Couvre-nous, au contraire, dans nos réunions. » A ces mots, musulmans, polythéistes et juifs s'injurièrent si vivement qu'ils faillirent se jeter les uns sur les autres. Le Prophète mit tant d'insis-
li» Il s’agit d'une visite faite à un malade.
TITRE LXXIX
tance à les apaiser qu'ils finirent par se taire. Il remonta sur son âne et se rendit chez Sa'd-ben-'Obâda. « O Sa'd, lui dit-il, tn n'as pas « entendu ce qu'a dit Abou-Hobâb — il désignait ainsi 'Abdallah-ben- « Obayy;il a dit telle et telle chose. — O Envoyé de Dieu, répondit « SaTl, oublie et pardonne. Par Dieu, tu as reçu de la Providence ce « que tu as reçu T alors que les gens de ce bourg étaient d'accord « pour le couronner et lui ceindre le front d'un diadème. Dieu en te « donnant la vérité a détruit ses espérances et c'est suffoqué par la « colère qu’il a agi comme tu l’as vu. » Le Prophète pardonna. »