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CHAPITRE III. — De ces paroles du Prophète : « On n’héritera pas

DE NOUS ; NOTRE SUCCESSION SERVIRA d’aUMONE. »

1. * Oroua rapporte, d’après Aïcha, que Fatima et El-'Abbâs vinrent trouver Abou-Bekr pour obtenir leur part dans la succession de l’Envoyé de Dieu. Ils demandaient les terres de Fadak et une part de Khaïbar. Abou-Bekr leur dit: « J’ai entendu l’Envoyé de Dieu dire : « On n’héritera pas de nous ; notre succession servira « d’aumône ; la famille de Mohammed ne mange que le produit des « aumônes. » Par Dieu, ajouta Abou-Bekr, je ne laisserai pas une seule des choses que j’ai vues pratiquées par l’Envoyé de Dieu sans la pratiquer moi-même. » Fatima s’éloigna d’Abou-Bekr, et tant qu elle vécut, elle ne lui adressa plus la parole.

2. ' Oroua rapporte, d’après 'Aïcha, que le Prophète a dit : « On n’héritera pas de nous ; notre succession servira d’aumône. »

3. Ibn-Chihâb rapporte qu'il alla trouver Mâlik-ben-Aus-ben-El- Hadatsân pour lui demander de compléter le hadits suivant dont Mohammed-ben-Djàbir-ben-Mot'im lui avait raconté une partie. Voici le récit que lui fit Mâlik : « Je partis dans le but d’entrer chez Omar. Yarfa, son chambellan, vint trouver Omar et lui dit: « Veux-tu « recevoir Otsmân, Abderrahman, Ez-Zobeïr et Sa'd ? — Oui, « répondit-il. » Ces personnages introduits, le chambellan dit à 'Omar: « Veux-tu recevoir 'Ali et 'Abbâs ? — Oui, répondit-il. — « O prince des Croyants, dit Abbâs, décide entre lui et moi. — Je « vous le demande, dit Omar, au nom de celui par la permission « de qui le ciel et la terre tiennent en place ; savez-vous que l’En- « voyé de Dieu a dit : « On n’héritera pas de nous ; notre succession « servira d’aumône », et qu’il entendait ainsi parler de lui person- « nettement. » Les assistants ayant répondu qu’il en était ainsi, 'Omar se tourna vers Ali et 'Abbâs et leur dit : « Savez-vous que « l’Envoyé de Dieu a prononcé ces paroles?... — Oui, répondirent- « ils. — Eh bien, reprit 'Omar, je vais vous donner des détails sur « ce fait: Dieu a réservé spécialement à son Envoyé une part du « butin qu’il n’a attribuée à aucun autre qu’à lui. C’est ce qu'il a dit

TITRE LXXXV

« dans le Coran : « Le butin qu’il a accordé à son envoyé... Il est tout « puissant » (sourate lix, verset 6). Le butin (1) est donc spécial à « l’Envoyé de Dieu ; mais, par Dieu, il ne jouit pas du butin à votre « exclusion et il ne vous en a pas frustrés puisqu'il vous en a « donné (une part) et qu'il vous l'a distribué en sorte qu’il ne lui « est plus resté que ces propriétés. C’est sur ces biens que le Pro- « phète prélevait chaque année l'entretien de sa famille, et ce qui « restait des revenus il l’employait comme bien de Dieu. Ainsi agit « l'Envoyé de Dieu durant sa vie. Je vous le demande au nom de « Dieu: Saviez-vous cela? — Oui, répondirent les assistants. » Se tournant ensuite vers Ali et Abbâs, Omar les supplia au nom de Dieu de dire s'ils savaient cela, a Oui, répondirent-ils. »

« Quand Dieu eut reçu l’âme de son prophète, Abou-Bekr, qui succéda à l’Envoyé de Dieu, prit possession de ces biens et en disposa comme l'avait fait l'Envoyé de Dieu lui-même. Dieu ayant ensuite reçu l’âme d’Abou-Bekr, je me suis dit que j’étais le successeur du successeur de l'Envoyé de Dieu. J'ai pris possession de ces biens : pendant deux ans j’en ai disposé comme l’avaient fait l’Envoyé de Dieu et Abou-Bekr, puis vous êtes venus tous deux élever chacun une prétention alors que votre affaire vous est commune (2). Toi, Abbâs, tu viens me réclamer la part qui te revient du fils de ton frère et celui-ci ( Ali) me réclame la part qui revient à sa femme de la succession de son père. Si vous le voulez, je vous remettrai ces biens pour en disposer comme le faisait le Prophète. N’attendez pas de moi une autre décision, car j’en jure au nom de celui par la permission de qui le ciel et la terre tiennent en place, je ne déciderai jamais autrement qu’ainsi jusqu’au jour de la Résurrection. Si vous êtes incapables de remplir vous-mêmes cette condition. remettez-moi ces biens et j’agirai à votre place. »

U) Il s’agit du quint du butin et non (2) 'Omar entend dire par là que le pardubutin entier dont les quatre cinquièmes tage des propriétés était impossible, mais étaient distribués aux combattants. C’est que 'Ali et 'Abbàs pouvaient demeurer dans ce sens qu’il convient ici de prendre copropriétaires du bien, en en disposant le mot faï. comme le faisait le Prophète.

DES SUCCESSIONS

4. D'après Abou-Horeïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « Mes héritiers ne se partageront pas même un dinar s’il en reste un dans ma succession après avoir pourvu à F entretien de mes femmes et au salaire de mon agent. Il sera fait aumône de cette somme. »

5. ' Aïcha rapporte que les femmes du Prophète, au moment de la mort de leur mari, voulaient envoyer Otsmàn réclamer à Abou- Bekr leur part dans la succession. « Le Prophète, leur fit observer 'Aïcha, n’a-t-il donc pas dit : « On n’hérite pas de nous ; ce que « nous laissons servira d’aumône. »

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