CRIME LA PEINE OU LE TALION DOIVENT-ILS ÊTRE EXERCES SUR TOUT LE
groupe. — Mo'arrif rapporte , d'après Ech-Chadn , que deux hommes ayant témoigné contre un autre qu'il avait volé , ' Ali fit couper la main de l'accusé. Plus tard , ces mêmes témoins amenèrent un autre homme en disant : « Nous nous étions trompés ». Ali annula leur témoignage et leur fit payer le prix du sang du premier accusé. « Si, ajouta Ali , j’étais siir que vous avez agi intentionnellement je vous ferais couper la main à tous les deux ». — Ibn-Bechchâr m'a dit: « Yahya rapporte , d'après ' Obaïd- Allah , qui le tenait de Nâfi , qui le tenait lui-même de Ibn-Omar , qu'un jeune homme ayant été tué dans un guet-apens, ‘ Omar dit : « Si les habitants de « Sarêâa avaient participé à ce meurtre, je les tuerais tous. » — Moghîraben-Hakim rapporte, d'après son père , que quatre hommes ayant tué un enfant, ' Omar dit la même chose. — Abou-Bekr , Ibn-Ez-Z obéir, ' Ali et Souaid-ben-Moqarrin ont infligé la peine du talion pour un soufflet. —
TITRE LXXXYII
' Omar l'infligea également, pour un coup de cravache , "Ali pour trois coups de fouet et Choraih pour coup de fouet et égratignures.
1. Obaid-allah-ben- Abdallah rapporte que 'Aïcha a dit: « Comme, pendant la maladie de l'Envoyé de Dieu, nous lui introduisions des remèdes par le coin de la bouche il nous lit signe de ne pas le faire. Nous pensâmes qu'il agissait ainsi à cause de la répugnance que le malade éprouve pour les remèdes. Mais, quand il revint à lui, il nous dit : « Ne vous avais-je pas défendu de m’introduire quelque « chose par le coin de la bouche? — Nous pensions, répondîmes- « nous, que c’était par répugnance du remède. — Eh bien, reprit « l'Envoyé de Dieu, il vous arrivera à tous de recevoir ainsi des « remèdes, sauf à El-'Abbâs qui n’a pas assisté à votre acte. »
CHAPITRE XXII. — Des cinquante serments. — D'après El- Ach'ats-bcn- Qaïs , le Prophète a dit : « Tes deux témoins ou leur serment. » — Ibn- Abou-Molaïka a dit : « Mo'âouiyci n'en tenait pas compte pour le talion. » — 'Omar-ben- Abdelazîz écrivit à Artâ , qu'il avait nommé émir à El- Basra , au sujet d'un homme qu'on avait trouvé tué près de la maison d'un des marchands de graisse : « Que les parents du mort fassent la preuve ; sinon tu pourrais commettre une injustice. C’est une affaire qui sera alors réglée au jour de la Résurrection. »
1. Bochair-ben-Yesâr assure qu'un homme des Ansârs, nommé Sahl-ben-Abou-Hatsma, lui a raconté qu’un groupe de ses contribules s’étaient rendus à Khaïbar ; ils se dispersèrent dans cette ville et trouvèrent ensuite que l'un d’eux avait été tué. Ils accusèrent ceux parmi lesquels ils avaient trouvé leur compagnon tué de l’avoir assassiné : « Nous ne l'avons pas tué et nous ne connaissons pas son meurtrier », répondirent les gens de Khaïbar. Les Ansârs se rendirent alors auprès du Prophète et lui dirent : « O Envoyé de Dieu, nous sommes allés à Khaïbar et nous avons trouvé l'un des nôtres assassiné. — Au plus âgé, au plus âgé (de prendre le premier la parole) », dit le Prophète qui ajouta : « Il faut prouver qui l'a tué. — Nous n’avons pas de témoins, répondirent-ils. — Alors
DU PRIX DU SANG
les gens de Khaïbar jureront. — Nous n'acceptons pas les serments des juifs. » L'Envoyé de Dieu, craignant que ce sang fût versé impunément, leur fit donner comme prix du sang cent chameaux du Trésor public.
2. Ahou-Qüâba rapporte que ' Omar-ben-' Abdelazîz fit un jour installer son trône hors de son palais, puis donna audience au public. « Que pensez-vous des cinquante serments? demanda-t-il à ceux qui se présentèrent. — Les cinquante serments, répondirent-ils, obligent au talion ; les califes en ont fait usage ainsi. — Et toi, ô Abou- Qilàba, reprit-il, en me faisant sortir de la foule, qu’en dis-tu? — 0 prince des Croyants, lui dis-je, tu as auprès de toi les chefs des armées et les nobles Arabes ; si cinquante d'entre eux venaient témoigner qu'un homme marié de Damas a commis l’adultère, alors qu'ils ne l'ont pas vu, ferais-tu lapider cet homme? — Non, répondit-il. — Et si cinquante d'entre eux venaient témoigner qu'un homme d’Emèse a volé, lui ferais-tu couper la main, alors qu ils ne l'ont pas vu? — Non. — Par Dieu, repris-je, l'Envoyé de Dieu n'a jamais fait mettre un homme à mort que dans les trois cas suivants: l'homme qui tue sans motif légitime, l'homme qui, étant marié, commet l'adultère et l’homme qui combat Dieu et son Envoyé après avoir renié l’Islamisme. — Mais, dit quelqu’un, Anas-ben-Mâlik n'at-il pas rapporté que l’Envoyé de Dieu avait, à cause d’un vol, fait couper la main, brûler les yeux et laissé ensuite les coupables exposés au soleil.
« Eh bien, dis-je, je vais vous rapporter la tradition de Anas telle qui me l’a dite : « Un groupe de huit hommes des ’ Okl vinrent trouver l’Envoyé de Dieu et lui prêtèrent serment de fidélité à titre de musulmans. Le climat leur étant défavorable ils tombèrent malades et vinrent se plaindre de leur situation à l'Envoyé de Dieu qui leur dit : « Voulez-vous aller avec notre berger et son troupeau de « chamelles, vous pourrez là boire de leur lait et de leur urine ? — « Certes oui », répondirent-ils. Ils partirent donc, burent du lait et de l’urine de chamelle et recouvrèrent la santé. Alors ils tuèrent le
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berger de l'Envoyé de Dieu et poussèrent devant eux le troupeau. Aussitôt instruit de cela, l’Envoyé de Dieu dépêcha sur leurs traces des hommes qui les rejoignirent et les ramenèrent. Le Prophète donna l’ordre de leur couper les mains et les pieds, de leur brûler les yeux, puis on les laissa ainsi au soleil jusqu’à ce qu’ils mourussent. Quelle chose plus grave pouvait-elle être faite que celle de ces gens qui avaient renié l’Islamisme, qui avaient tué et qui avaient volé? « Par Dieu, dit alors Anhasa-hen-Sa'îd, je ne l’avais entendu « comme aujourd’hui. — Contesterais-tu mon hadits, ô ’Anbasa? « m’écriai-je. — Non, répondit-il; mais tu as mis ce hadits à son « point. Par Dieu, cette troupe ne cessera d’être prospère tant que « vivra au milieu d’elle un tel cheikh. »
« Voici, poursuivis-je, un autre hadits indiquant la règle établie par l’Envoyé de Dieu. Un petit groupe d’Ansàrs étaient entrés chez le Prophète et s’entretenaient avec lui. Un des leurs étant parti en avant fut tué. Quand ils sortirent ensuite ils trouvèrent leur compagnon se débattant dans son sang. Ils revinrent aussitôt auprès de l’Envoyé de Dieu et lui dirent : « 0 Envoyé de Dieu, notre com- « pagnon qui causait avec nous et qui est sorti en avant, nous venons « de le trouver gisant dans son sang. » L’Envoyé de Dieu sortit en disant : « Qui soupçonnez-vous ? — ou, qui pensez-vous qui l’a « tué? — Nous ne voyons que les juifs qui aient pu le tuer », répondirent-ils. Le Prophète fit aussitôt mander les juifs et leur dit: « Est-ce vous qui l’avez tué? — Non », répondirent-ils. S’adressant aux musulmans le Prophète leur dit: « Accepteriez-vous le serment « de cinquante juifs attestant qu’ils ne Font pas tué? — Les juifs, « répondirent-ils, ne se feraient pas scrupule de nous tuer tous et de « prêter serment ensuite qu’ils sont innocents. — Voulez-vous alors « pour avoir droit au prix du sang que cinquante d’entre vous « prêtent serment? — Nous ne pouvons pas jurer », reprirent les musulmans. Alors le Prophète paya le prix du sang de ses deniers. »
« J ajouterai encore, dit Abou-Qilâba, ceci : Les gens de la tribu de Hodzaïl avaient rompu le pacte conclu avant l’Islamisme,
DU PRIX DU SANG
avec un de leurs halif (1). Celui-ci entra de nuit dans la maison de gens du Yémen établis à El-Bathâ. Un des Yéménites s’étant réveillé frappa l'intrus de son sabre et le tua. Les gens de Hodzaïl vinrent s’emparer du Yéménite et le conduisirent devant 'Omar au moment des fêtes du pèlerinage. « Il a tué notre halif, dirent-ils. — Mais, « répondit le meurtrier, on avait rompu le pacte conclu avec lui. — « Que cinquante des Hodzaïl, dit alors Omar, jurent qu’ils n’ont pas « rompu le pacte avec lui. » Quarante-neuf hommes de Hodzaïl jurèrent ; puis Lun d’eux arrivant de Syrie à qui on demanda de prêter serment, se racheta en donnant mille dirhems. On mit alors à sa place un autre homme. Cet homme fut remis au frère de la victime et attaché à lui par la main. Les deux hommes se mirent en route avec les cinquante qui avaient prêté serment. Arrivés à Nakhla, un orage les surprit et tous se réfugièrent dans une caverne de la montagne. Mais la caverne s’éboula et les cinquante (2) qui avaient juré périrent tous ; seules les deux personnes attachées par la main échappèrent. Cependant un rocher en tombant brisa la jambe du frère delà victime qui, après avoir vécu encore un an, mourut. »
« Abdelmalik-ben-Merouân appliqua la peine du talion à un homme en vertu des cinquante serments ; il regretta ensuite d’avoir agi comme il l’avait fait et ordonna de rayer du divan (3) les cinquante personnes qui avaient prêté serment et les exila en Syrie. »