CHAPITRE XI. — Du stratagème dans le mariage
1. D’après Abou-Horëira, le Prophète a dit : « N’épousez pas une femme vierge sans son assentiment (tacite) et une femme non vierge sans son consentement. — Mais, ô Envoyé de Dieu, lui dit-on, comment se manifeste cet assentiment? — Lorsqu’elle se tait », répondit-il.
Certain auteur a dit : « Si la vierge n'a pas donné son assentiment et qu’elle ne soit donc pas mariée, si le prétendu mari, usant de ruse, produit de faux témoins assurant qu’il l’a épousée avec son consentement, et que le cadi ait validé le mariage, le mari sachant pertinemment que le témoignage est faux, pourra sans inconvénient cohabiter avec elle, et alors le mariage sera valable (2). »
2. El-Qâsim rapporte qu’une femme d’un enfant de DjaTar, craignant que son tuteur, pour qui elle avait de l’aversion, voulût l’épouser, envoya consulter deux cheikhs des Ansârs, 'Abderrahman et Modjammi', fils de Djâria, qui lui répondirent : « Tu n’as rien à craindre, car Khansâ-bent-Khidzâm fut mariée contre son gré par son père„ et le Prophète annula le mariage. »
Indication d'une légère variante.
3. D’après Abou-Horëira , l’Envoyé de Dieu a dit: « N’épousez pas
(1) Le chapitre n’a pas de rubrique. viciés. La femme a alors une dot qui
(2) La cohabitation valide les mariages compense le tort qu’elle a éprouvé.
TITRE XC
une femme non vierge sans son consentement, et une vierge sans son assentiment. — En quoi consiste cet assentiment? lui demanda-t-on.
— Lorsqu’elle garde le silence », répondit-il.
Certain auteur a dit : « Si un homme emploie par ruse deux faux témoins pour épouser une femme qui se dit non vierge, que le cadi valide le mariage et que le mari sache qu’elle n'a jamais été mariée précédemment, ce mariage sera valable et il n’y aura aucun inconvénient à ce qu’il demeure avec cette femme. »
4. Aïcha rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit: « La vierge doit donner son assentiment. — Mais, lui dis-je, la vierge aura honte. — Son assentiment, répondit-il, consistera dans son silence. »
Certain auteur a dit : « Un homme s’était épris d’une orpheline
— ou, suivant une variante, d’une vierge. — Comme elle refusait
de l’épouser il employa la ruse et produisit deux faux témoins constatant qu’il l’avait épousée. Arrivée à Page de la nubilité, l’orpheline consentit au mariage. Le cadi accepta le faux témoignage (1), et bien que le mari connût l’illégalité de la chose sa cohabitation fut licite. »
CHAPITRE XII. — Des ruses répréhensibles de la part de la femme vis-a-vis de son mari et de ses Co-Épouses. — De ce qui a été révélé au Prophète à ce sujet.
1 . ' Aïcha a dit : « L’Envoyé de Dieu aimait les bonbons et le miel. Lorsqu’il avait fait la prière de L'asr, il allait visiter ses femmes et s’approchait d'elles. Comme il était entré chez Hafsa et qu’il y était resté plus longtemps qu’il n’avait l’habitude de le faire, je pris des renseignements à ce sujet. On me raconta qu’une femme de la tribu de I.Iafsa lui avait offert un pot de miel et que celle-ci en faisait boire à l’Envoyé de Dieu. — Par Dieu, m’écriai-je, il faut que nous lui jouions un tour. J’en parlai à Sauda et lui dis : Quand le Prophète
(Û 11 ne lit pas un nouveau contrat galité ayant disparu par suite de la cohamalgré l’illégalité du premier, cette illc- lutation.
DES STRATAGÈMES
entrera chez toi, et qu’il s’approchera de toi, dis-lui : « 0 Envoyé « de Dieu, tu as mangé des meghâfîr^K » 11 te répondra certainement non. Alors dis-lui: « D’où vient donc cette odeur? » Or, le Prophète est très peiné quand on lui reproche de sentir quelque chose, aussi te dira-t-il : « C’est Hafsa qui m’a fait boire du miel. » Réponds-lui : « Les abeilles qui ont fait ce miel ont butiné sur Y 'orfotW. » Je dirai moi-même la même chose, et tu feras de même, toi aussi, ô Safiyya. — Lorsque le Prophète entra chez Sauda, celle-ci, d’après 'Aïcha, lui jura par celui en dehors de qui il n’y a pas de divinité qu’elle avait été sur le point de répéter immédiatement ce qu’elle l’avait engagée à dire alors que le Prophète était encore à la porte, mais elle attendit qu’il fût près d’elle et lui dit : « 0 Envoyé de Dieu, tu « as mangé des méghâfîr. — Non, répondit-il. — Et alors d’où vient « cette odeur? — C’est Hafsa qui m’a fait boire un peu de miel. — « Les abeilles qui ont fait ce miel ont butiné sur Y'orfof. » Quand il entra chez moi, ajouta Aïcha, je lui dis la même chose, et Safiyya fit de même quand il entra chez elle. Lorsque ensuite le Prophète se rendit chez Hafsa, celle-ci lui dit: « 0 Envoyé de Dieu, veux- tu « que je te donne à boire? — Non, je n’en ai pas besoin. » Alors, ajoute Aïcha, comme elle disait que c’était à cause de Sauda que nous avions privé le Prophète de miel, je lui répondis : « Taistoi ! »