CHAPITRE XVIII
1 . Abou-Bekra a dit ; « Le jour de la bataille du Chameau, Dieu m'a fait la faveur de connaître les paroles suivantes : « Lorsque le « Prophète apprit que les Persans avaient mis sur le trône la tille de « Cosroës, il s'écria : « Jamais un peuple ne sera prospère, s'il confie « l'autorité à une femme. »
2. Abou-Meryem- Abdallah-ben-Ziyâd-El-Asadi a dit : « Lorsque T allia, Ez-Zobeïr et Aïcha se rendirent à Basra, "Ali y avait envoyé Ammâr-ben-Yàsir et Hasan-ben-'Ali. Ces deux derniers personnages vinrent nous trouver à Koufa et s'installèrent dans la chaire : El- Hasan-ben-'Ali se tenait sur le sommet de la chaire et 'Ammâr s'était placé au-dessous de El-IIasan. Nous nous groupâmes autour d’eux et j'entendis ' Ammâr dire : « Aïcha est allée à Basra et. par « Dieu, elle a été la femme de votre Prophète dans ce monde et le « sera dans l'autre. Mais Dieu, qu'il soit sans cesse béni et exalté,
« vous l'a envoyée afin de savoir à qui de lui ou d’elle vous obéi- « rez. »
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3. D’après Abou-Ouâïl, 'Ammâr se tint auprès de la chaire deKoufa, parla de Aïcha et mentionna son voyage. « Aïcha, ajouta-t-il, a été « la femme de votre Prophète dans ce monde et le sera dans P autre, « mais sa présence est pour vous une épreuve. »
4. Abou-Ouâïl a dit : « Abou-Mousa et Abou-Mas'oud entrèrent chez 'Ammâr, lorsque celui-ci eût été envoyé par "Ali aux habitants de Koufa pour les enrôler parmi ses troupes et lui dirent : « Depuis « que tu t’es converti à l’Islamisme, nous ne t’avons jamais vu faire « quelque chose qui nous déplût autant que l’empressement que tu « mets dans cette affaire. — Et moi, répondit 'Ammâr, depuis « que vous vous ôtes convertis à l’Islamisme, je ne vous ai jamais « vu faire quelque chose qui me déplût autant que votre indolence « en cette affaire. » Abou-Mas'oud fit donner à chacun d’eux une tunique, puis ils se rendirent tous à la mosquée. »
5. Chaqîq-ben-Salama a dit : « Comme j’étais assis avec Abou- Mas'oud, Abou-Mousa et 'Ammâr, Abou-Mas'oud dit : « Il n’est aucun « de tes compagnons à qui, si je le voulais, je pusse dire la même (( chose qu’à toi : Depuis que tu es le compagnon du Prophète je ne « t’ai pas vu faire quelque chose qui me semblât plus répréhensible « que l’empressement que tu mets dans cette affaire. — Et moi, ô « Abou-Mas'oud, répliqua Ammâr, depuis que toi et ton compagnon « vous êtes les compagnons du Prophète, je ne vous ai pas vu faire « quelque chose de plus répréhensible à mes yeux, que votre indo- « lence en cette affaire. » Alors Abou-Mas'oud, qui était riche, manda à son serviteur d’apporter deux tuniques; il donna l’une d’elles à Abou-Mousa, et l’autre à 'Ammâr en leur disant : « Allez « avec ce costume à l’office du vendredi. »