CHAPITRE XVI
de l’Orient. »
De ces paroles du Prophète: « La sédition viendra
1 . Sâlim rapporte que son père a dit : « Le Prophète se tint debout à côté de la chaire en disant : « La sédition est ici, la sédi- « tion est ici du côté où se lève la corne du diable — ou, suivant « une variante, la corne du soleil. »
2. Ibn- Omar rapporte qu'il a entendu l’Envoyé de Dieu dire en se tenant la face tournée vers l’Orient : « N’est-ce pas que la sédition est ici, du côté où se lève la corne du diable ? »
3. Ibn- Omar a dit : « Le Prophète prononça ces mots : « Grand « Dieu ! bénis pour nous notre Syrie ; Grand Dieu ! bénis pour nous « notre Yémen. — Et notre Nedjd ? lui demanda- t-on. — Grand « Dieu ! reprit-il, bénis pour nous notre Syrie ; Grand Dieu ! bénis « pour nous notre Yémen. — 0 Envoyé de Dieu, et notre Nedjd? » lui demanda-t-on. Je crois que c'est après avoir répété ces paroles une troisième fois, qu'il ajouta : « Là il y aura des troubles et des « séditions, et c’est là que le diable se lèvera. »
4. Saîd-ben-Djobair a dit: « 'Abdallah-ben-' Omar vint vers nous et nous espérâmes qu’il nous raconterait un beau hadits. Un homme nous devança auprès de lui et lui dit : « 0 Abou-'Abderrahman, « raconte-nous un hadits au sujet de la guerre au cours de la sédi- « tion, car Dieu a dit : « Combattez-les jusqu'à ce que la sédition « cesse. — Sais-tu, lui répondit Ibn-' Omar, ce que c’est que la « sédition? Puisses-tu être privé de ta mère! Eh bien, Mohammed « combattait les polythéistes parce que le maintien de leur religion
TITRE XCII
« était un acte de sédition. Il n’en est plus de même quand vous « combattez pour le choix d’un souverain. »
CHAPITRE XVII. — De la sédition qui soulèvera des flots pareils aux flots de la mer. — Ibn-Oyayna rapporte , d'après Khalaf-ben-Hauchab, que les anciens Arabes aimaient , lors des séditions, à citer ces vers qu'a dit Imrou-l-Qais:
La guerre, à son début, est comme une gracieuse jeune fille dont la beauté attire tous les ignorants.
Mais, quand la guerre s’allume et brûle de ses feux, la jeune fille se transforme en une duègne qu’on ne voudrait épouser, car elle est grisonnante ; son teint méconnaissable est altéré, et elle est repoussante à l’odorat ainsi qu’au baiser.
1 . Chaqîq rapporte qu’il a entendu Hodzaïfa dire : « Nous étions , assis auprès de Omar lorsqu’il dit : « Quel est celui d’entre vous « qui a conservé le souvenir de paroles dites par le Prophète au « sujet de la sédition (1)? » Hodzaïfa répondit: « La sédition chez « l’homme provient de sa famille, de ses biens, de ses enfants et de « son voisin. Elle peut être expiée par la prière, l’aumône, l'ordre « de faire le bien, et la défense de faire le mal. — Ce n’est pas de « cette sédition que je veux parler, reprit Omar, mais de celle « qui soulèvera des flots pareils aux Ilots de la mer. — Tu n’as pas,
« ô prince des Croyants, à t’inquiéter de cette sédition, car il y a « entre toi et elle une porte bien fermée. — Cette porte sera-t-elle « brisée ou sera-t-elle ouverte? demanda Omar. — Elle sera <( brisée. — Alors, elle ne sera donc pas toujours fermée, reprit « Omar. — Non. » Comme nous demandions à Hodzaïfa si Omar connaissait cette porte, il nous répondit qu’il savait quelle elle était aussi bien qu’il savait qu* aujourd'hui était la veille de demain et il ajouta : « Je lui avais raconté un hadits qui n’avait rien d’erroné. » N’osant pas demander nous-mêmes à Hodzaïfa quelle était cette porte, nous priâmes Masrouq de le faire. « Quelle est cette porte? demanda celui-ci. — C’esl Omar, répondit Hodzaifa. »
O) L’équivoque provient des différents sens du mot Os.
2. Abou-Mousa-El-Acli ari a dit: «Le Prophète s'était rendu dans un des jardins de la ville de Médine pour y satisfaire ses besoins. Je sortis sur scs traces et, lorsqu'il fut entré dans le jardin, je m'assis auprès delà porte et dis : « Aujourd'hui je serai le portier du « Prophète bien qu'il ne m'en ait pas donné l'ordre. » Le Prophète entra dans le jardin, y satisfit ses besoins, puis s'assit sur la margelle du puits et découvrant ses jambes il les laissa pendre dans le puits.
« Abou-Bekr arriva et demanda l'autorisation d'entrer. « Ne bouge « pas d'ici, lui dis-je, juscju'à ce que j'aie demandé l'autorisation. » Il resta en place; j'allai vers le Prophète et lui dis: « 0 Prophète, « Abou-Bekr demande à être reçu par toi. — Fais-le entrer, ré- « pondit-il, et annonce-lui qu'il ira au paradis. » Abou-Bekr entra, alla se placer à la droite du Prophète, découvrit ses jambes et les laissa pendre dans le puits.
« 'Omar arriva ensuite et je lui dis : « Ne bouge pas d'ici jusqu'à « ce que j'aie demandé pour toi l'autorisation d’entrer. » Le Pro- « phète me dit : « Fais-le entrer et annonce-lui qu’il ira au paradis. » 'Omar entra, alla se placer à la gauche du Prophète, découvrit ses jambes et les laissa pendre dans le puits. La margelle était complètement garnie ; il n'y restait plus de place.
« Ensuite arriva Otsmân et je lui dis : « Ne bouge pas d’ici jusqu'à « ce que j’aie demandé pour toi l'autorisation d'entrer. » Le Prophète me dit: « Fais-le entrer, et annonce-lui qu’il ira au paradis, « mais qu'un malheur le frappera. » ’Otsmân entra et, comme il ne trouvait pas de place pour s’asseoir auprès d'eux, il tourna autour du puits, et alla s'asseoir sur l’orifice du puits en face d’eux; il découvrit scs jambes, puis les laissa pendre dans le puits. Je souhaitai alors de voir arriver un de mes frères, et je priai Dieu qu'il
vînt. »
Ibn-El-Mosayyab a dit : « L'interprétation que je donnai de cela, c'est que les tombeaux des trois personnages seraient groupés ensemble tandis que celui de Otsmân serait à part.
TITRE XCII
3. Âbou-Ouail a dit: « Comme on demandait à Osâma pourquoi il n'avait pas parlé de cela à Otsmân, il répondit: « Je lui en avais parlé, car je n'étais pas homme à craindre d'ouvrir une porte, mais au contraire disposé à l'ouvrir le premier. Je ne suis pas de ceux qui disent à un homme devenu le chef de deux autres hommes : « Tu « es le meilleur », depuis que j'ai entendu rapporter que l'Envoyé de Dieu avait dit : « On amènera un homme, on le jettera dans le « feu de l’enfer, et il y sera broyé comme dans un moulin que fait « tourner un âne. Les réprouvés se démèneront autour de lui en lui « disant : « Hé ! un tel, étais-tu de ceux qui ordonnent de faire le bien. « et qui défendent de faire le mal? » Il répondra: « J'étais de ceux « qui ordonnent le bien, mais je ne le faisais point; je défendais de « faire le mal et le pratiquais moi-même. »