‹ Les traditions islamiquesChapitre 564 sur 690 · CHAPITRE XLI. — D U RÈGLEMENT DE COMPTES DE l’iMAM AVEC SES AGENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI. — D U RÈGLEMENT DE COMPTES DE l’iMAM AVEC SES AGENTS

1 . Aboii-Homaïd-Es-Sâïdi rapporte que l’Envoyé de Dieu employa lbn-El-Otabiyya pour recueillir la dîme chez les Benou-Solaïm. Quand cet agent revint auprès de l’Envoyé de Dieu pour régler ses comptes, il dit : « Ceci est à vous et ceci est un cadeau qui m’a été fait. — Pourquoi, lui répondit l’Envoyé de Dieu, n'es-tu pas resté dans la maison de ton père et de ta mère pour y attendre ces cadeaux si ce que tu dis est vrai. » L’Envoyé de Dieu se leva ensuite

O) Euphémisme pour dire qu'il l'avait une Nubienne ignorant la langue arabe, rendue enceinte. La femme interrogée était (2) Mahomet.

TITRE XCIII

pour faire un sermon aux fidèles. 11 loua Dieu, lui rendit grâces et dit ensuite : « «Remploie certains d’entre vous pour s’occuper des affaires dont Dieu m'a chargé. Or, Tun de vous vient me dire : Ceci est à vous et ceci est un cadeau qui m'a été fait. Pourquoi n’est-il pas resté dans la maison de son père et de sa mère pour y attendre ces cadeaux, si ce qu’il dit est vrai. Par Dieu, aucun de vous ne prendra rien de cet argent, — en ajoutant, d'après Hichâm, — sans y avoir droit, sinon Dieu le lui fera porter au jour de la Résurrection. Eli bien, je sais que l'homme viendra alors à Dieu, portant un chameau qui mugira, une vache qui beuglera, ou bien un mouton qui bêlera. » Alors, l'Envoyé de Dieu leva les mains au point que je vis le blanc de scs aisselles, et il ajouta : « Ai-je rempli ma mission ? »

CHAPITRE XLII. — Des confidents b) de l’imam et de ses conseillers. — Le mot < IlLi équivaut à

1 . A bou-Saîd-El-Khodri rapporte que le Prophète a dit : « Dieu n'a envoyé aucun prophète, ni institué aucun calife sans leur donner deux sortes de confidents : les uns qui Rengagent à faire le bien et l'excitent à le faire, les autres qui l’engagent à faire le mal et l’excitent à le faire. 11 n’y a de préservé que celui que Dieu préserve. »

Indication de divers isnâds.

CHAPITRE XLIII. — Comment le peuple doit prêter serment de fidélité A L’iMAM.

1. Obâda-ben-Es-Sdmit a dit : « Nous prêtâmes serment de fidélité h l’Envoyé de Dieu en déclarant que nous lui obéirions aussi bien pour tout ce qui nous plairait que pour ce qui nous déplairait, que nous ne disputerions pas le pouvoir à ceux qui le détiendraient, que nous observerions — ou, suivant une variante, nous dirions — ce

0) Ou : ceux qui vivent dans l’intimité du prince.

DES SENTENCES

qui est juste partout où nous serions et que, lorsqu’il s’agirait de Dieu, nous ne redouterions le blâme de personne. »

2. Anas a dit : « Le Prophète sortit par une froide matinée et vint trouver les Moliâdjirs et les Ansârs qui creusaient le fossé. Il dit alors :

Grand Dieu ! le A*rai bien est le bien de l’autre monde; pardonne aux Ansârs et aux Mohâdjirs.

On lui répondit :

Nous sommes ceux qui avons prêté à Mohammed serment de fidélité pour la guerre sainte aussi longtemps que nous vivrions.

3. ' Abdallah-ben- Omar a dit : « Comme nous avions prêté serment de fidélité à T Envoyé de Dieu en déclarant que nous lui obéirions, il nous dit : « Dans la mesure où vous le pourrez. »

4. * Abdallah-ben-Dînâr a dit : « J’ai vu Ibn-'Omar au moment où les fidèles se groupaient autour de 'Abd-El-Malik qui me dit avoir écrit à ce dernier ce qui suit : « Je déclare obéir au serviteur de « Dieu, Abd-El-Malik, prince des Croyants, pour tout ce qui touche « à la loi de Dieu et à la tradition de son Envoyé et cela dans la « mesure où je le pourrai. » Et il ajouta que ses fils avaient fait la même déclaration. »

5. * Abdallah-ben-Dînâr a dit : « Lorsque les fidèles prêtèrent serment de fidélité à Abd-El-Malik, 'Abdallah-ben-'Omar adressa au prince la lettre suivante : « A l’adorateur de Dieu, 'Abd-El-Malik, « prince des Croyants. Je déclare que j’obéirai au serviteur de Dieu, « Abd-El-Malik, prince des Croyants, pour tout ce qui touche à la « loi de Dieu et à la tradition de son Envoyé et cela dans la mesure « où je le pourrai. Mes fils font la même déclaration. »

6. Comme, dit Yezîd, je demandais à Salama sur quoi avait porté leur serment de fidélité au Prophète, le jour de El-Hodaïbiya, il me répondit : « Nous jurâmes de lui sacrifier notre vie (1). »

(O Mot à mot : nous lui fîmes serment pour la mort.

TITRE XCIII

7. El-Misouar-ben-Makhrama raconte que le groupe (1) désigné par 'Omar s'étant réuni pour tenir conseil, 'Abderrahman leur dit : « Je ne suis pas de ceux qui recherchent ce pouvoir, mais si vous le voulez, je choisirai quelqu’un pour vous parmi vous. » La proposition de 'Abderrahman fut acceptée, et, dès que celui-ci eut été chargé de cette mission, les fidèles furent disposés à accepter sa décision; personne ne parut plus vouloir s’en remettre à la décision du groupe, ni marcher sur ses traces. Les fidèles ne cessèrent d’être disposés à demander conseil, toutes ces nuits-là, à 'Abderrahman jusqu’au jour où nous nous décidâmes à prêter serment de fidélité à 'Otsmân. El-Misouar ajoute : « J’avais dormi quelques instants, lorsque Abderrahman vint pendant la nuit frapper à ma porte et me réveiller. « Je vois, me dit-il, que vous étiez en train de dormir; « mais moi, par Dieu, je n’ai pas goûté grand sommeil toute cette « nuit. Convoque Ez-Zobaïr et Sa'd. » Je les mandai et il les consulta tous les deux. Puis, m’appelant une seconde fois, il me dit : « Convoque Ali. » Je le mandai et quand il fut là, il eut avec lui un long entretien qui dura jusqu’à ce que l’aube blanchît. A ce moment. Ali le quitta plein d’espoir, car Abderrahman redoutait quelque chose de la part d’ Ali. « Convoque maintenant Otsmân », reprit-il. Je le mandai et tous deux eurent un entretien qui dura jusqu’au moment où l’appel du muezzin à la prière du matin vint les séparer.

Quand les fidèles eurent achevé la prière du matin, tout le groupe s’assembla auprès de la chaire ; Abderrahman convoqua tous ceux qui étaient présents des Mohâdjirs et des Ansârs, ainsi que tous les chefs de l’armée qui avaient accompli ce pèlerinage avec Omar. Quand tout le monde fut réuni, Abderrahman, après avoir prononcé la profession de foi musulmane, dit : « O Ali, je viens d’examiner la situation des fidèles et j ai vu qu’ils n’abandonneraient pas 'Otsmân; ne conserve donc pas de rancune contre moi. » Puis, s’adressant à 'Otsmân, il lui dit : « Je vais te prêter serment de fidélité

(0 11 s’agissait des délégués chargés de celui qui serait le successeur d’'Omar choisir parmi les candidats au khalifat comme chef de l’Islamisme.

DES SENTENCES

pour la loi de Dieu ainsi que pour la tradition de son Envoyé et des deux califes qui lui ont succédé. » Aussitôt 'Abderrahman prêta serment do fidélité à 'Otsmân et son exemple fut suivi par les fidèles, Mohâdjirs, Ansârs, les chefs de Tannée et tous les autres musulmans.

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