‹ Les traditions islamiquesChapitre 563 sur 690 · SOIT LOYAL ET INTELLIGENT · texte numérisé non relu

SOIT LOYAL ET INTELLIGENT

1. Zëid-ben-Tsâbit a dit : « Abou-Bekr m'avait envoyé chercher à propos du meurtre des gens du Yémâma et quand j'arrivai Omar était auprès de lui. « Omar, me dit Abou-Bekr, vient de me dire que « le jour de Yémâma J a mort avait fauché un grand nombre de « porteurs ^ du Coran et je crains que la mort, décimant les por- « teurs du Coran dans les divers pays, une grande partie du Coran « ne soit perdue; aussi j'estime que tu devrais ordonner de recueil- « lit* le Coran. — Comment, lui répondis-je, pourrais-je entreprendre « une chose que l’Envoyé de Dieu n'a pas faite lui-même. —* « Par Dieu, dit 'Omar, ce serait une excellente chose. » Omar ne cessa d'insister auprès de moi à ce sujet jusqu'à ce que Dieu m avant inspiré les mômes idées qu’à Omar, je finis par partager son opinion. »

« Abou-Bekr, ajoute Zeïd, me dit alors : « Tu es un homme jeune,

(U C’est-à-dire de continuer à diriger (2) On appelait ainsi ceux qui savaient la prière qu’il présidait. tout ou partie du Coran par cœur.

DES SENTENCES

« intelligent et à l’abri do tout soupçon, car c’est toi qui écrivais la « révélation pour l’Envoyé de Dieu ; puisque tu as suivi pas à pas « la révélation du Coran, fais-en le recueil. » — Par Dieu, dit Zeïd, on m'aurait chargé de transporter une montagne que la tâche ne m’aurait pas semblé plus lourde que colle do faire le recueil du Coran. « Comment, leur dis-je alors, voulez-vous faire une chose « que l’Envoyé de Dieu lui-môme ira pas faite. — Par Dieu, s’écria « Abou-Bekr, ce sera une excellente chose. » Et il ne cessa d’insister auprès de moi à ce sujet jusqu’à ce que Dieu m’ayant inspiré les memes idées qu’à Abou-Bekr et Omar je finis par partager leur opinion. Je me mis aussitôt à rassembler les fragments du Coran tracés sur des feuilles de palmier, sur des morceaux de peaux et sur des tessons de poteries ainsi que ceux qui se trouvaient dans la mémoire des hommes. Je trouvai la fin de la Sourate du Repentir : Un Prophète est venu vers vous, etc. » (sourate ix, versets 129, 1 30), chez Khozaïma — ou chez Abou-Khozaïma, suivant une variante — et je l’ajoutai à cette sourate. Cet exemplaire du Coran resta chez Abou-Bekr jusqu’à sa mort, puis il passa aux mains de 'Omar qui le garda également toute sa vie; ensuite il resta entre les mains de

Hafsa-bent-'Omar. »

Mohammed-ben-'Obaïd-Allah dit que le mot a le sens de y>- « poterie a.

CHAPITRE XXXVIII. — De l’écrit adressé par le chef a ses subordonnés ET PAR LE CADI A SES DÉLÉGUÉS.

1 . Sahl-ben-Abou-Hatsma ainsi que certains grands personnages de sa tribu ont raconté que 'Abdallah-ben-Sahl et Mohayyisa s’étaien t rendus à Khaïbar à la suite de la misère qui les avait frappés. Mohayyisa apprit que Abdallah avait été tué et son corps jeté dans un fossé ou dans une source. Il alla trouver les Juifs et leur dit : <( Par Dieu, c’est vous qui l avez tué. — Par Dieu, répondirent-ils, nous ne l’avons pas tué. » Mohayyisa partit alors, se rendit vers les siens et leur raconta la chose; puis, avec Iïowayyisa, l’aîné de ses

TITRE XCIII

frères, et 'Abderraliman-ben-Sahl il se rendit auprès du Prophète qui dit : « Au plus grand ! au plus grand ! » (il voulait parler du plus âgé). ITowayyisa parla le premier et Mohayyisa prit la parole ensuite. L'Envoyé de Dieu dit alors : « Ou bien les Juifs verseront le prix du sang de votre compagnon, ou bien on leur déclarera la guerre. » L'Envoyé de Dieu leur ayant adressé cette décision par écrit, les Juifs répondirent également par écrit : « Nous ne Lavons pas tué. » S'adressant alors à Howayyisa, à Mohayyisa et à Abderrahman, l'Envoyé de Dieu leur dit : « Voulez-vous prêter serment et alors vous aurez droit au prix du sang de votre compagnon ? — Non, répondirent-ils. — Voulez-vous que les Juifs prêtent serment? — Ils ne sont pas musulmans », répondirent-ils. L'Envoyé de Dieu paya de ses biens le prix du sang en donnant cent chamelles. « Au moment où ces chamelles entraient chez nous, dit Sahl, l'une d'elles me donna un coup de pied. »

CHAPITRE XXXIN. — Le magistrat peut-il envoyer une seule personne pour s’occuper d’une affaire.

1 . Zëid-ben-Khâ lid-E l-Dj ohani a dit : « Un Bédouin vint et dit : « O « Envoyé de Dieu, décide entre nous d’après le Livre de Dieu. — Il « a raison, s’écria son adversaire, décide entre nous d’après le Livre « de Dieu. » Le Bédouin alors s’exprima en ces termes : « Mon fils, « qui était employé chez cet homme, ayant forniqué avec sa femme, « on m’a dit que mon fils devait être lapidé. Alors j’ai racheté la vie « de mon fils moyennant cent moutons et une femme esclave. En- « suite, des gens de science (1) que je consultai me dirent que mon « fils n’avait mérité que cent coups de fouet et un exil d’un an. — « Eh bien, dit le Prophète, je vais décider entre vous d’après le « Livre de Dieu. La femme esclave et les moutons te seront rendus, « puis ton fils recevra cent coups de fouet et sera exilé pendant un «an. Maintenant, ô Onaïs, dit-il en s’adressant à un homme, va

(U Ou: jurisconsultes.

DES SENTENCES

<( trouver cette femme et lapidc-la. » Onaïsse rendit auprès de cette femme et la lapida. »

CHAPITRE XL. — Dk l’emploi d’un interprète par le magistrat; un seul interprète peut-il suffire ? — Khâridja-ben- Zeïcl-ben-Tsâbit rapporte, d’après Zeid-ben-Tsâbit , que le Prophète enjoignit à ce dernier d'apprendre à écrire en hébreu afin d’écrire en hébreu les lettres qu’il adressait aux Juifs et de lui lire les lettres qu’il en recevait. — 'Omar, ayant auprès de lui Ali, ' Abderrahman et ' Otsmân , dit : « Que dit cette femme ? — Elle te raconte, répondit * Abderrahman-ben-Hâtib , quel est l’homme qui a agi ainsi W envers elle. » — Abou-Djamra a dit : « Je servais d'interprète à Ibn- Abbâs. » — Certain personnages dit : « Le magistrat doit avoir deux interprètes. »

1. ' Abdallah-ben- Abbâs rapporte que Abou-Sofyân-ben-Harb lui a raconté que Héraclius lui avait envoyé un messager pendant qu'il était avec une troupe de Qoraïchites. L’empereur chargea ses interprètes de leur dire qu'il allait les questionner sur ce personnage (2), et si on leur répondait par un mensonge de leur démontrer l'imposture. Quand ils eurent fait leur récit, il chargea l’interprète de dire à Abou-Sofyân : « Si ce que tu dis est exact, il régnera sur l’endroit où reposent maintenant mes deux pieds. »

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