Djarir a fait le môme récit
CHAPITRE VI. — Du souhait répréhensible. — De ces mots du Coran: « Ne convoitez pas les biens par lesquels Dieu vous a élevés les uns audessus des autres... il a la connaissance de toutes choses » (sourate iv, verset 36).
1 • D’après En-Nadr-bm-A nas , Anas a dit : « Si je n'avais entendu
(O Plantes très abondantes aux environs de la Mecque.
DU SOUHAIT
le Prophète dire : « Ne souhaitez point la mort », je l’aurais sûrement souhaitée. »
2. Qaïs a dit : « Nous étions allés, pour lui rendre visite, chez Khabbâb-ben-El-Aratt, à qui on venait de faire sept cautérisations. « Si, nous dit-il, l’Envoyé de Dieu ne nous avait pas interdit de
« souhaiter la mort, je la souhaiterais maintenant. »
3. Sa d-ben- Obaïd, affranchi de ' Ab d cr rahman-b on-Az bar, rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Ne souhaitez jamais la mort, soit que vous fassiez le bien, car vous pourrez en faire davantage,
soit que vous fassiez le mal, car alors vous encoureriez un nouveau
blâme. »
CHAPITRE VII. — De ces mots prononcés par un homme : « N’était Dieu nous n’aurions pas été dirigés dans la ronne voie. »
1 . El-Barâ-ben- Azib a dit : « Le jour des Confédérés, le Prophète transportait avec nous de la terre et je vis la terre qui recouvrait le blanc de ses aisselles ; il disait :
« N’était toi nous ne serions pas bien dirigés, — nous ne ferions « ni l’aumône ni la prière ; — fais descendre le calme parmi nous, — « car ces gens-là (ou, suivant une variante, la foule) nous sont hos- « tiles ; — s’ils veulent semer la discorde parmi nous, nous refusons, « nous refusons. » En disant ces mots le Prophète élevait la voix. »
CHAPITRE VIII. — Il est répréhensible de souhaiter la rencontre de l’ennemi. — Cette tradition a été rapportée du Prophète par Abou- Horeïra.
1 . Sâlim-A boa-En-Nadr, affranchi de 'Omar-ben-' Obaïd-' Allah, dont il était le secrétaire, a dit : « 'Abdallah-ben-Abou-Aufa avait écrit à mon maître. Je lui lus cette lettre dans laquelle se trouvaient ces mots : « Ne souhaitez pas la rencontre de F ennemi et demandez « à Dieu la paix. »
CHAPITRE IX. — Est-il permis de dire : « Ah ! si !... » — De ces mots du
TITRE XGI V
Coran « Ah ! si j’avais assez de force pour vous résister... » (sourate xi,
verset 82).
1. Ibn-Abbâs ayant parlé des conjoints (1) séparés par l’anathème, 'Abdallah-ben-Cheddàd lui demanda s’il s’agissait de la femme à propos de laquelle l’Envoyé de Dieu aurait dit : « Ah! si j’étais homme à lapider une femme sans preuve. » — « Non, répondit-il, car cette femme avait avoué. »
2. Atâ adit : « Le Prophète ayant tardé à venir pour la prière de F icha, Omar sortit pour aller lui dire : « 0 Envoyé de Dieu, « c’est le moment de la prière, les femmes et les enfants sont déjà « couchés. » Le Prophète sortit de son appartement, la tète dégouttant encore d’eau, et dit : « Ah! si je n’avais craint d’imposer une « fatigue à mon peuple — ou, suivant une variante, aux gens — je « leur aurais imposé l’obligation de faire la prière à cette heure- « ci. »
Ibn-Djoraïdj rapporte, d’après 'A't'â, que, suivant Ibn-'Abbâs, le Prophète ayant retardé cette prière, Omar vint le trouver et lui dit : « 0 Envoyé de Dieu, les femmes et les enfants sont déjà « couchés. )> Le Prophète sortit en essuyant l’eau qui dégouttait d’un côté de sa figure et dit : « C’est le moment de faire cette prière; ah! si je n’avais craint d’imposer une fatigue à mon peuple... »
Indication de diverses variantes, suivant des isndds différents.
3. Abou-Horeïra rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Ah! si je n’avais craint d’imposer une fatigue à mon peuple, je leur aurais enjoint l’usage du siouâk (3). »
Confirmation du hadits avec un autre isnâd.
4. Anus a dit : « Le Prophète ne rompit pas le jeûne le dernier
0) Allusion à un serment d’anathème (2) La prière de P'ichâ n’est pas obligaprononcé devant le Prophète par un mari toire.
qui accusait sa femme d’adultère. (3) Racine qui fait office de brosse à dents.
D LJ SOUHAIT
jour du ramadan. Certains fidèles ayant suivi son exemple, le Prophète dit : « Si j’avais prolongé le mois du jeûne pour moi, j’aurais « continué le jeûne de telle façon que ceux qui auraient voulu le « prolonger auraient été obligés d’y renoncer. Moi, je ne suis pas « comme vous ; durant le jour le Seigneur me fait manger et me fait « boire. »
Confirmation du hadits avec un autre isnâd.
5. Aboti-Horeïra a dit : « L’Envoyé de Dieu a interdit de prolonger le jeûne du ramadan. Et, comme on lui disait qu’il le prolongeait lui-même, il répondit : « Qui d’entre vous peut se comparer à moi ? « Chaque nuit le Seigneur me fait manger et me fait boire. » Puis, les fidèles ayant refusé de cesser le jeûne, il continua de le prolonger comme eux, deux jours. A ce moment on vit le croissant de la lune (1). « Ah! s’écria-t-il, si la lune avait tardé (a se montrer), je « vous aurais fait, continuer la prolongation du jeûne. » Ces mots constituaient une sorte de blâme à leur égard. »
6. El-Asouad-ben-Yézîd rapporte que Aïcha a dit : « J’interrogeai le Prophète au sujet du muU2) et lui demandai s’il faisait partie du Temple. — Oui, répondit-il. — Pourquoi, lui dis-je alors, ne T a-t-on pas fait pénétrer â l’intérieur du temple? — Tes concitoyens, repritil, ne Font pas fait par économie. — Pourquoi, repris-je, a-t-on fait la porte aussi élevée? — Tes concitoyens ont agi ainsi de façon à laisser entrer qui leur plaît et à empêcher d’entrer qui ils veulent. Si tes concitoyens n’avaient abandonné depuis si peu de temps le paganisme, je craindrais que leur conscience fût troublée si l’on faisait pénétrer ce mur dans le Temple et si l’on mettait la porte du Temple au ras du sol. »
7. D’après Abou-Horeïra, l’Envoyé de Dieu a dit : « N’eût été l'émigration, j’aurais voulu être un homme des Ansârs et, si les gens
(i) La brume avait sans doute empêché (2) Qui entourait seulement une partie de voir le croissant qui annonçait le com- du temple de la Ka'ba à la Mecque et dont mencement du mois. l’utilité n’était pas évidente.
TITRE XCIV
s'étaient rendus dans une vallée et que les Ansârs fussent allés dans une autre vallée ou un autre ravin, c'est dans ce ravin ou dans cette vallée que j’aurais suivi les Ansârs. »
8. * Abdallah-ben-Zéïd rapporte que le Prophète a dit : « N’eût été l'émigration, j'aurais voulu être un homme des Ansârs et, si les gens s’étaient rendus dans une vallée ou dans un ravin, je serais allé dans la vallée ou le ravin où se seraient rendus les Ansârs. »
Confirmation du hadits avec indication d’une légère variante.
AU NOM DU DIEU CLÉMENT ET MISÉRICORDIEUX
TITRE XCY