‹ Les traditions islamiquesChapitre 579 sur 690 · CHAPITRE PREMIER . — Au sujet de la validité de l’information · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER . — Au sujet de la validité de l’information

FOURNIE PAR UNE SEULE PERSONNE DIGNE DE FOI EN MATIERE D’APPEL A LA PRIÈRE, DE PRIÈRE, DE JEUNE, DE PARTAGE SUCCESSORAL ET DE JUGEMENTS. — De ces mots du Coran: «... Il vaut mieux qu'un certain nombre seulement de chaque tribu parte, et qu'ils s'instruisent dans la religion et enseignent leurs concitoyens à leur retour, afin que ceux-ci se tiennent sur leurs gardes » (sourate ix, verset 123). — Le mot un certain nombre, s’ap¬

plique à un seul homme dans ce passage du Coran : « Lorsque deux nations (2) de croyants se font la guerre... » (sourate xlix, verset 9). — De ces mots du Coran : « Si quelque homme pervers vous apporte quelque nouvelle, cherchez d’abord à y voir clair... » (sourate xlix, verso 6). — Comment le Prophète envoyait ses délégués un à un, et lorsque l'un d'eux négligeait quelque chose, on s'en rapportait à la tradition.

1 . Mâlîk-ben-El-Hoimrits a dit : « Nous vînmes trouver le Prophète: nous étions alors des jeunes gens tous à peu près du meme âge et FEnvoyé de Dieu était un homme bienveillant. Quand il pensa que nous désirions retourner dans nos (3) familles, il nous interrogea sur ceux que nous avions laissés après notre départ. Quand nous l’en eûmes informé, il nous dit: « Retournez dans vos familles; « restez parmi les vôtres ; enseignez-leur (les règles de la religion) et

(i) En principe deux éléments sont né- (2) Ou plus exactement : deux personcessaires pour établir la validité d’une nages, chacun à la tête d’un parti, déclaration. Dans ce chapitre on indique (3) Ou : dans nos tribus pour y enseiles cas où un seul élément suffit. gner les règles de la religion.

TITRE XCY

« enjoignez-leur de s’y conformer. » — Mâlik a dit d'autres choses dont j’ai retenu une partie et oublié le reste. — « Priez comme vous « m’avez vu prier moi-même et, quand l’heure de la prière viendra, « que l’un de vous en fasse T appel, et que le plus âgé d’entre vous la « dirige. »

2. D’après Ibn-Mas'oud , l'Envoyé de Dieu a dit: « Que l’appel à la prière de Bilâl ne vous empêche pas de faire le dernier repas de lanuit(1), car il fait l’appel — ou, suivant une variante, il vous appelle pendant la nuit — afin de prévenir celui qui est éveillé et d’éveiller celui qui dort. Ce n’est pas l'aurore parce qu'il a dit ceci. » En disant ces derniers mots Yahya rassemblait les deux paumes de ses mains, puis étendait ses deux index.

3. ' Abdallah-ben- Omar rapporte que le Prophète a dit: « Bilâl fait l'appel pendant la nuit ; mais mangez et buvez jusqu'à ce que Ibn- Omm-Maktoum fasse l'appel à son tour. »

4. 1 Abdallah-ben-Mas' oud a dit: « Nous fîmes sous la direction du Prophète la prière dudohor avec cinq reka'a. Comme on luidemandait s’il avait augmenté cette prière, il répondit : « Et comment cela ? — « Tu as fait une prière de cinq reka'a », lui objecta-t-on. Après avoir fait la salutation finale, le Prophète fit deux prosternations.

5. Abou-Horeïra rapporte que le Prophète ayant supprimé deux reka'a, Dzou-El-Yadaïn lui dit : « As-tu raccourci la prière, 6 « Envoyé de Dieu, ou bien est-ce une omission ? — Dzou-El-Yadaïn « dit-il vrai? demanda le Prophète — Oui, répondirent les fidèles. » L'Envoyé de Dieu se leva aussitôt, fit une prière de deux reka'a et ensuite la salutation finale. Après cela il fit le tekbîr, se prosterna comme la première fois ou plus longtemps encore, se redressa, fit de nouveau le tekbîr, se prosterna comme il l’avait déjà fait et enfin se redressa.

b. ' Abdallah-ben-Omar a dit: « Pendant que les fidèles faisaient la prière du matin à Qobâ, quelqu'un vint de la part du Prophète et

(i) Pendant le jeûne du ramadan.

dit : « Cette nuit l’Envoyé de Dieu a reçu une révélation du Coran « enjoignant de prendre la Ka'ba comme qibla ; tournez-vous donc de « ce côté. » A ce moment ils avaient le visage tourné du côté de la Syrie, ils le tournèrent aussitôt du côté de la Ka'ba. »

7. El-Barâ a dit: « Quand l’Envoyé de Dieu arriva à Médine il fit la prière en se tournant du côté du temple de Jérusalem pendant seize ou dix-sept mois ; mais il désirait vivement se tourner du côté de la Ka'ba. C’est alors que Dieu révéla ce verset : « Nous t’avons vu « tourner ton visage de tous les côtés du ciel ; nous voulons que tu « le tournes dorénavant vers une région dans laquelle tu te complai- « ras... » (sourate h, verset 139). Alors on se tourna du côté de la Ka'ba. Un homme, qui venait de faire avec le Propète la prière de F'asr, passant en sortant auprès d’un groupe d’Ansârs leur déclara qu’il venait de faire la prière avec le Prophète et que celui-ci leur avait fait tourner la face du côté de la Ka'ba. Aussitôt ces Ansârs, qui en étaient à l’inflexion de la prière de F'asr, changèrent la direction de leur visage. »

8. Anas-ben-Mâlik a dit : « Pendant que je servais à hoire du façlikh, qui est du vin de dattes, à Abou-Talha-El-Ansâri, à Ahou- Obaïda-ben-El-Djarrâh et à Obayy-ben-Ka'b, quelqu'un vint qui dit: « Les liqueurs fermentées viennent d’être interdites. — OAnas, « s’écria Abou-Talha, va vers ces jarres et brise-les. » Je me levai, dit Anas, et, prenant un mortier, je frappai les jarres par-dessous et les brisai. »

9. Hodzaifa rapporte que le Prophète ayant dit aux gens de Nédjrân qu’il leur enverrait un homme loyal d’une loyauté à toute épreuve, les compagnons du Prophète ambitionnèrent cette mission qui fut confiée à Abou-'Obaïda.

10. Anas rapporte que le Prophète a dit: « Chaque nation a un homme loyal et l’homme loyal de cette nation c’est Abou-'Obaïda. »

1 1. Anas rapporte que Omar a dit: « Il y avait un homme des Ansârs qui ne pouvait pas toujours se trouver auprès de l’Envoyé de Dieu. Lorsqu’il était absent je restais auprès du Prophète et allais

TITRE XCV

ensuite lui raconter ce que j’avais vu. De son côté, lorsque je ne pouvais pas être auprès du Prophète et qu’il s’y trouvait, il venait me raconter ce qui s’était passé. »

12. Ali rapporte que le Prophète avait envoyé une expédition dont il avait confié le commandement à un homme et cet homme, ayant allumé un feu, ordonna à ses gens d’y entrer. Mais, comme ils allaient y entrer, certains d’entre eux dirent : « Mais, nous voulions seulement fuir le feu (quand nous nous sommes faits musulmans). » On rapporta le fait au Prophète qui, s’adressant à ceux qui avaient voulu entrer dans le feu, leur dit : «Si vous y étiez entrés, vous y seriez restés jusqu’au jour de la Résurrection. » Puis, s’adressant aux autres, il leur dit: «On ne doit pas obéir quand il s’agit de faire le mal ; on ne doit l’obéissance que quand il s’agit de faire le bien. »

13. Abou-Horeira et Zeïd-ben-Khâlid racontent que deux hommes eurent un procès devant le Prophète.

14. Abou-Horeira a dit : « Pendant que nous étions auprès de l’Envoyé de Dieu, un Bédouin se leva et dit : « Rends pour moi une décision « d’après le Livre de Dieu. » Son adversaire, s’étant levé alors, dit : « 11 a raison, ô Envoyé de Dieu, rends pour lui une décision d’après « le Livre de Dieu et donne-moi (d’abord) la parole. » Le Prophète lui ayant accordé la parole, l’adversaire s’exprima en ces termes : « Mon « fils, qui était employé chez cet homme, a forniqué avec sa femme. « On m’avait dit que mon fils devait pour cela être lapidé et j’ai « racheté sa vie moyennant cent moutons et une femme esclave. Des « hommes de science (1) que j’interrogeai à ce sujet me déclarèrent « que c’était la femme qui devait être lapidée et que mon fils « n’avait encouru que la peine de cent coups de fouet et un exil « d’un an. — Par celui qui tient mon âme en sa main, dit alors le « Prophète, je vais rendre pour vous deux une décision d’après le « Livre de Dieu. L’esclave et les moutons te seront rendus; ton fils « recevra cent coups de fouet et sera exilé pendant un an. » Puis,

(U Ou : docteurs de la loi.

s’adressant à un homme des Aslam, il ajouta: « 0 Onaïs, va trouver « cette femme et, si elle avoue, lapide-la. » Onaïs se rendit auprès de la femme et, comme elle avoua, il la lapida. »

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