CHAPITRE III. — De ce qu’il y a de répréhensible a multiplier les
TITRE XGVI
QUESTIONS ET A S’OCCUPER DE CE QUI NE VOUS REGARDE PAS. - De C6S
mots du Coran : « Ne nous interrogez point au sujet des choses qui , si elles vous étaient dévoilées, pourraient vous nuire... » (sourate v, verset 101).
J . Sa d-ben-Abou-Oouaqqâs rapporte que le Prophète a dit : « Le musulman qui commet la plus grande faute est celui qui, adressant une question au sujet d’une chose qui n'est pas prohibée, la fait prohiber par suite de sa question. »
2. Zéid-ben-Tsâbit rapporte que l’Envoyé de Dieu s’était fait un enclos réservé à l’aide d’une natte dans la mosquée. L'Envoyé de Dieu faisait en cet enclos des prières pendant la nuit et bientôt les fidèles se réunirent auprès de lui. Une nuit, comme on n’entendait pas sa voix, on crut qu’il s’était endormi : certain fidèle se mit à tousser fortement pour qu’il sortît de sa retraite. « Vous ne cesserez, leur dit-il, de faire ce que je vous vois faire au point que je crains que cela ne vous soit imposé ; or si cela vous était imposé vous ne le feriez plus. O fidèles, priez donc dans vos demeures, car la meilleure prière que fait l’homme est celle qu’il fait dans sa maison, il n’y a d’exception que pour les prières que la loi prescrit de faire à la mosquée. »
3. Abou-Mousa-El-Acli an a dit : « On avait interrogé l’Envoyé de Dieu sur des choses qui lui déplaisaient. Comme les questions se multipliaient il se mit en colère et dit : « Eh bien, interrogez-moi. » Un homme se leva alors et dit : « O Envoyé de Dieu, qui est mon « père? — Ton père, répondit-il, c’est Hodzâfa. » Un autre se leva et dit également : « O Envoyé de Dieu, qui est mon père ? — Ton « père, répondit-il, c’est Sali in, l’affranchi de Chaïba. » A ce moment, 'Omar voyant l’impression de colère qui se manifestait sur la figure de l’Envoyé de Dieu, s'écria : « Nous nous repentons vers Dieu. »
4. Ouarrâd , secrétaire d'El-Moghira, a dit : « Mo'âouïa écrivit à El-Moghîra : « Envoie-moi par écrit ce que tu as entendu de l’Envoyé « de Dieu. » El-Moghîra écrivit : « A la fin de chaque prière, le « Prophète disait : « Il n'y a pas d'autre divinité que Dieu seul ; il n'a
« pas d’associé; il a le pouvoir suprême; à lui la louange; il est « puissant en toutes choses ; grand Dieu, nul ne pourrait refuser ce « que tu donnes, ni donner ce que tu refuses; la chance ne saurait « profiter à personne auprès de toi. » Il écrivit encore que le Prophète avait interdit les commérages; la multiplicité des questions, le gaspillage des biens comme il avait interdit également l’ingratitude des enfants à l’égard de leur mère, l’ensevelissement des filles vivantes, le refus de donner (ce qui est imposé par la loi) et les demandes répétées. »
5. Anus a dit : « Comme nous étions chez Omar, celui-ci nous dit : « On nous a interdit de nous imposer une tache au-dessus de « nos forces. »
6. Anas-ben-Mâlik rapporte que le Prophète sortit au moment où le soleil disparaissait (1) ; il fit la prière du dohor et, quand il l’eut terminée, il monta en chaire et parla de l’Heure dernière et des événements considérables qui la précéderaient, puis il dit : « Que celui d’entre vous qui veut me poser une question sur quelque chose, le fasse; par Dieu, vous ne m’interrogerez sur rien, tant que je resterai à cette place, sans que je ne vous renseigne aussitôt. » En entendant cela, dit Anas, tes fidèles se mirent à sangloter. L’Envoyé de Dieu répéta à plusieurs reprises ces mots : « Interrogez-moi. » Alors « un homme se leva et dit : « O Envoyé de Dieu, où irai-je? — « En enfer », lui répondit-il. 1 Ab d al lah-b en-IIo d z âf a se leva ensuite et dit : « O Envoyé de Dieu, qui est mon père? — Ton père, lui <( répondit-il, c’est Hodzafa. » Puis, comme le Prophète répétait toujours : « Interrogez-moi », 'Omar se jeta à genoux et s’écria : « Nous acceptons Dieu comme notre Seigneur, l’Islamisme comme « religion et Mohammed comme Envoyé. » En entendant cette affirmation d 'Omar, l'Envoyé de Dieu se tut, puis, reprenant la parole, il ajouta : « J’en jure par celui qui tient mon âme en sa main, on « m’a montré le paradis et l’enfer précédemment sur la face de ce
(U Par suite d’une éclipse.
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« mur pendant que je faisais la prière ; mais je n'avais pas vu « comme aujourd’hui le bien que contient l'un et le mal que ren- « ferme T autre. »
7 . Anas-ben-Mâlik rapporte qu'un homme ayant dit : « 0 Prophète de Dieu, qui est mon père?» et celui-ci lui ayant répondu : «Ton père, « c’est un tel », le verset suivant fut révélé : « O vous qui croyez, ne « nous interrogez point au sujet des choses. . . » (sourate v, verset 101).
8. Anas-ben-Mâlik rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit : « Les hommes ne cesseront de se questionner réciproquement au point qu’ils en arriveront à dire : « C’est Dieu qui a créé toutes choses, mais qui donc a créé Dieu ? »
9. Ibn-Mas' oud a dit : « J’étais dans un champ auprès de Médine avec le Prophète qui se tenait appuyé sur une branche de palmier. Comme il passait auprès d’un groupe de Juifs, l’un d’eux dit : « Intcrrogeons-le sur l’âme. — Ne le faites pas, dit un autre, parce « qu’il vous ferait entendre quelque chose qui vous déplairait. » Cependant ils s'avancèrent vers le Prophète et dirent : « O Abou-'l- Qàsim, parle-nous de l’âme. » Le Prophète resta un instant le regard vague et je compris qu’il allait recevoir la révélation. Je me tins un instant à l’écart jusqu'au moment où la révélation se produisit et alors il dit : « Ils t'interrogeront au sujet de l'âme : « Réponds-leur : L’âme a été créée par ordre du Seigneur... » (sourate xvii, verset 87).