CHAPITRE VII. - De CE que l’on raconte au sujet DU BLAME des opi
nions personnelles ET DES DÉDUCTIONS PAR ANALOGIE. Ne PARLEZ PAS DES CHOSES QUE VOUS IGNOREZ.
1. O roua a dit : « ' Abdallah-ben-' Amr passant auprès de nous pour se rendre au pèlerinage, je l’entendis prononcer ces mots : « J’ai « entendu le Prophète dire : « Dieu ne vous retirera pas directement « la science qu’il vous a donnée, mais il vous en privera en rappe- « lant à lui les savants avec leur science, si bien qu’il ne restera plus « que des gens ignorants qui, lorsqu’on les consultera, répondront « par leur opinion personnelle et s’égareront en même temps qu’ils « égareront les autres. »
Je racontai ce liadits à Aïcha, la femme du Prophète. Or 'Abdallahben-'Amr ayant fait de nouveau le pèlerinage, Aïcha me dit: « O fils de ma sœur, va trouver 'Abdallah et demande-lui de me confirmer le liadits que tu m’as transmis comme venant de lui. »
Je me rendis auprès d’ Abdallah, je l’interrogeai et il me confirma le liadits, à peu près dans les mêmes termes. J allai trouver Aïcha et lui rapportai la chose. Elle était tout étonnée et s’écria: « Par Dieu, ' Abdallah-ben-' Amr a bonne mémoire. »
2 . El-A'mach a dit : « J’interrogeai Abou-Ouâïl et lui demandai s’il avait assisté à la bataille de Siffîn. — Oui, me répondit-il, et j’ai entendu Sahl-ben-Ilonaïf dire : « 0 fidèles, défiez-vous de vos opinions « personnelles quand il s’agit de votre religion, car moi-meme, « d’après mon opinion personnelle, le jour d’Abou-Djandal j’aurais,
U) Il y a dans le texte deux verbes, le pas pris avec son sens ordinaire. Cela ne
second expliquant le premier qui n’est modifie pas le sens.
« si je Pavais pu, repousse l'ordre donné par l'Envoyé de Dieu. Or, « nous ir avions déposé les armes que nous portions pour faire une « chose qui nous humiliait, que parce que cela devait nous en faci- « liter une autre que nous savions être différente. » Abou-Ouâïl a dit : « J'ai assisté à Siffin. Quelle funeste bataille! »