CHAPITRE XVI. — De ce que le Prophète a dit pour encourager les
FIDÈLES A ACCEPTER l’âCCORD 6) DES GENS DE SCIENCE ET LES DÉCISIONS CONCORDANTES PRISES PARLES GENS DE LA MECQUE ET DE MÉDINE. DES
réunions du Prophète, des Mohadjirs et des Ansars dans cette
DERNIÈRE VILLE ; DE L ORATOIRE DU PROPHÈTE, DE LA CHAIRE ET DU TOMREAU.
1 . Djabïr-ben- Abdallah-Es-Salarni rapporte qu’un Rédouin, après avoir prêté serment de fidélité à l’Envoyé de Dieu, lut atteint de la fièvre à Médine. Le Bédouin vint alors trouver le Prophète et lui dit : « 0 Envoyé de Dieu, libère-moi de mon serment de fidélité. » L’Envoyé de Dieu refusa : mais le Bédouin revint plus tard à la charge, une deuxième et une troisième fois, répétant les mêmes paroles et éprouvant le meme refus. Le Bédouin quitta alors la ville
(i) Il s’agit de ce qu’on appelle Vidjnuï, c’est-à-dire les solutions juridiques résultant de l’accord unanime des personnalités d’une instruction supérieure com¬
prenant la connaissance du Coran et celle des hadits. Par gens de la Mecque et de Médine il faut entendre les Mohadjirs et les Ansars.
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et l’Envoyé de Dieu dit : « Médine est comme un soufflet de forge qui expulse les scories et fait apparaître ce qu’il y a de bon. »
2. Ibn- Abbâs a dit : « Je faisais étudier le Coran à 'Abderrahmanben-'Auf. Lors du dernier pèlerinage que fit 'Omar, 'Abderrahman, qui était à Mina, me dit : « Si tu avais vu le prince des Croyants « lorsqu’un homme est venu lui dire : Un tel prétend que si le « prince des Croyants venait à mourir, nous prêterions serment de « fidélité à un tel. — Le soir n’arrivera pas, s’écria 'Omar, sans que « je mette en garde les fidèles contre ce groupe de gens qui veulent « leur imposer leur volonté. — Ne le fais pas, lui dis-je ; car cette « cérémonie rassemble un ramassis de gens qui viendront encom- « brer ta demeure, et je crains que ces gens-là ne dénaturent tes « propos pour les colporter ensuite de tous côtés. Prends donc « patience, jusqu’à ce que tu sois rentré à Médine, le foyer de « l’émigration et le foyer de la tradition. Là, tu retrouveras les com- « pagnons de l’Envoyé de Dieu, Mohàdjirs et Ansârs, qui retiendront « tes paroles et leur conserveront leur valeur. — Par Dieu, sécria- « t-il, je m’occuperai de cette affaire dès mon premier séjour à « Médine. » « Quand, ajoute Ibn-'Abbâs, nous arrivâmes à Médine, 'Omar prononça ces paroles : « Certes, Dieu a envoyé Mohammed « avec la vérité, il lui a révélé le Livre, et c’est dans cette révéla- « tion que se trouve le verset de la lapidation. »
3. Mohammed-ben-Sîrîn a dit : « Nous étions chez Abou-Horeïra qui portait deux tuniques de lin teintes d’ocre rouge ; il se mit à se moucher et dit : Parfait! Parfait! Abou-Horeïra se mouche aujourd’hui dans du lin ; or, je me suis vu étendu, évanoui, entre la chaire de l’Envoyé de Dieu et l’appartement de Aïcha et les passants posaient leur pied sur mon cou comme si j’avais été possédé du démon (1) et pourtant ce n'était pas cela qui me terrassait mais bien la faim. »
4. A bderrahman-ben- A bis rapporte que Ibn-'Abbâs à qui on posa
(O 11 faut sans doute entendre par là d’épilepsie ou sous le coup d’une crise qu’on le croyait atteint d’une attaque d’aliénation mentale.
la question suivante : « As-tu assisté à la prière de la tète avec le Prophète ? » répondit : « Oui, mais, n’eût été l’affection qu’il avait pour moi, je n’y aurais pas assisté à cause de mon extrême jeunesse. Le Prophète se rendit au signal qui se trouvait auprès de la maison de Katsîr-ben-Es-Salt, fit la prière et ensuite un sermon. Il ne fut question ni de premier, ni de second appel à la prière. Le Prophète ordonna ensuite de faire faumône et les femmes ayant montré par gestes les bijoux qui ornaient leurs oreilles et leur gorge, il donna l’ordre à Bilâl d’aller les trouver. Bilàl s’y rendit et revint vers le Prophète. »
5. Ibn-Omar rapporte que le Prophète se rendait à Qohâ, tantôt à pied, tantôt sur une monture.
6. ' Orona rapporte que 'Aïcha dit à 'Ahdallah-hen-Ez-Zoheïr : « Je désire que tu me fasses enterrer avec mes compagnes et non avec le Prophète dans ma chambre, car il me répugnerait d’être (seule) habilitée. »
Suivant 'Oroua également, Omar avait envoyé demander à Aïcha s’il l'autorisait à la faire enterrer avec ses deux compagnons (1)? celleci répondit : « Certes oui, par Dieu. » Oroua ajoute : « Lorsqu’un homme des compagnons du Prophète envoyait demander à Aïcha (d’être enterré avec le Prophète), elle répondait : « Non, par Dieu, « je ne veux les déranger pour personne. »
7. Anas-ben-Mâlik rapporte que le Prophète, pour faire la prière de l”asr, se rendait à El-'Aouâli au moment où le soleil était élevé sur l’horizon.
El-Leïts ajoute, d’après Younos, que El-Aouàli est distant de Médine de trois ou quatre milles.
8. El-Djo laïd rapporte qu’il a entendu Es-Sâïb-ben-Yézîd dire : « Du temps du Prophète le sâ' valait un modd et un tiers du modd d’aujourd’hui. »
Indication d’un autre isndd.
(O Son mari Mahomet et son père Ahou-Bekr.
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9. Anas-ben-Mâlik rapporte que l Envoyé de Dieu a dit : « Grand Dieu, I )énis-les dans leurs mesures : bénis-les dans leurs sa' et leurs
modd. » Il voulait parler des gens de Médine.
10. Ibn- Omar rapporte que les Juifs vinrent trouver le Prophète et lui amenèrent un homme et une femme coupables d’adultère. Il ordonna de les lapider et le supplice eut lieu aussitôt à Yendroit où Ton dépose les morts pour la prière, près de la mosquée.
11. Anas-ben-Mâlik rapporte que l’Envoyé de Dieu, en apercevant Ohod, s’écria : « Cette montagne nous aime et nous l’aimons. Grand Dieu ! Abraham a déclaré sacré le territoire de la Mecque, et moi, je déclare sacré le territoire compris entre ces deux labas. »
Confirmation du hadits par un autre isnâd.
12. Abou-Hâzim rapporte, d’après Sahl, que, entre le mur de la mosquée contigu à la qibla et la chaire, il y avait un passage pour les moutons.
13. Abou-Horëira rapporte que le Prophète a dit : « L’espace qui se trouve entre ma demeure (dernière) et ma chaire est un des parterres du paradis, et ma chaire sera installée auprès de mon bassin. »
14. Abdallah-ben- Omar a dit : « Le Prophète avait organisé une course de chevaux; les chevaux qui avaient été entraînés (1) avaient à parcourir la distance qui sépare El-Hafyâ(2) du col de l’Adieu, tandis que ceux qui n’avaient pas été entraînés avaient à parcourir la distance qui sépare le col de l’Adieu de la mosquée des Benou- Zoraïq. » Abdallah fit partie des coureurs.
15. Ibn- Omar rapporte qu’il a entendu Omar parler sur la chaire du Prophète.
16. Es-Sâib-ben-Yezîd rapporte qu’il a entendu Otsmàn-hen- Affân prononcer un sermon dans la chaire du Prophète.
(Ô Cet entraînement consistait à nour- tion ordinaire. Gela durait quarante jours, rir les chevaux de façon à les faire en- (2) Localité distante de 5 ou 6 milles graisser, puis à leur donner ensuite lara- de Médine,
17. O loua rapporte que Aïcha a dit : « On avait disposé pour moi et pour l’Envoyé de Dieu ce baquet dans lequel nous nous lavions tous les deux. »
LS. Anas a dit : « Le Prophète fit prononcer le serment d’alliance entre les Ansârs et les Qoraïchites dans la maison que j’avais à Médine. Le Prophète resta pendant un mois à prolonger sa prière (1) pour maudire les tribus des Benou-Solaïm. »
19. Abou-Borda a dit : « Je m’étais rendu à Médine où je rencontrai 'Abdallah-ben-Selàm qui me dit : « Viens à la maison, je « vais te faire boire dans un bol qui a servi à PEnvoyé de Dieu et tu « prieras dans l’oratoire où le Prophète a fait la prière. » Je le suivis : il me fit boire du saouiq et me fit manger des dattes ; puis je fis la prière dans son oratoire. »
20. Ibn-Abbâs rapporte que Omar lui a fait le récit suivant : « Le Prophète m’a dit : « Cette nuit quoiqu’un est venu de la part « du Seigneur pendant que j’étais à El-'Aqîq et m’a dit : Fais la « prière dans cette vallée bénie, et annonce que tu fais une omra « et un pèlerinage. »
Indication d’une légère variante.
21. lbn-Omar rapporte que le Prophète a fixé Qarn comme lieu de prise d’ihrâm pour les gens du Nedjd, El-Djohfa pour les habitants de la Syrie et Dzou- l-Holaïfa pour les habitants de Médine. Ibn-'Omar ajoute : « J’ai entendu dire ceci par le Prophète luimême : mais on m’a assuré qu’il avait dit encore, que pour les gens du Yémen ce serait Yalamlam. » Et comme on parlait de l'Iraq, Ibn- 'Omar répondit qu’il ne pouvait être question de l’Iraq à ce moment.
22. ‘ Abdallah-ben- Omar rapporte que le Prophète se vit en songe à Dzou-’l-l.Iolaïfa à son campement du soir et qu’on lui dit : « Tu es dans un vallon béni. »
(O Après l’inflexion.
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