CHAPITRE PREMIER
Des appels adressés par le Prophète a
SON PEUPLE POUR QTj’lL PROCLAME iT UNITE DE DlEU.
1 . Ilm-Abbâs rapporte que le Prophète envoya Mo'àdz dans le Yémen. Abou-Ma Imd, affranchi de lbn-'Abbâs, rapporte qu’il a entendu celui-ci dire : « Lorsque le Prophète envoya Mo'àdz du côté du Yémen, il lui dit : « Tu vas rencontrer des gens du Livre; lapre- « mière chose à laquelle tu les inviteras ce sera de déclarer qu i 1 rfy « a qu'un seul Dieu. Lorsqu’ils auront fait cette déclaration, tu leur « annonceras que Dieu leur prescrit cinq prières par jour. Lorsqu’ils « auront prié, annonce-leur que Dieu leur a imposé la dîme sur leurs « biens; cette dîme prélevée sur le riche sera attribuée aux pauvres. « S’ils acceptent tout cela, prélève sur eux la dîme, mais évite de « prendre les choses qui leur sont précieuses (2) ».
2. Mo ' âdz-ben-Dj abal rapporte que le Prophète lui a dit : « 0 Mo'àdz, sais-tu quels soid les droits de Dieu sur les hommes ? — Dieu et son Envoyé le savent mieux que personne, répondis-je. — Eh bien, reprit-il, les hommes doivent adorer Dieu et ne rien lui associer. Sais-tu maintenant quels seront alors les droits de l 'homme visà-vis de Dieu? — Dieu et son Envoyé le savent mieux que personne, repris-je. — Eh bien, répliqua-t-il, il ne doit pas les châtier. »
(U Ou : (le la proclamation de l’unité On ne devait pas, quand il s'agissait de Dieu. d’animaux surtout, exiger l’animal au-
(2) La dîme était prélevée en nature. quel le fidèle tenait spécialement.
TITRE XCVII
3. A bou-Sa ' îd- E l-Khodri rapporte qiTuu homme ayant entendu quelqu'un répéter simplement ces mots du Coran : « Dis : Dieu est un » (sourate cxn, verset 1), alla le lendemain matin trouver le Prophète et lui rapporta la chose comme s’il trouvait que c’était bien peu. « Par celui qui tient mon âme en sa main, lui répondit l’Envoyé de Dieu, ces quelques mots équivalent au tiers du Coran. »
Indication d’un autre isndcl.
4. ‘ Amra-bent- Abderrahman, qui était sous la tutelle de Aïcha, femme du Prophète, rapporte, d’après Aïcha, que le Prophète avait envoyé un homme à la tète d’un corps de troupe, et cet homme quand il récitait la prière à la tête de ses compagnons la terminait toujours par ces mots : « Dis : Dieu est un. » Comme au retour de cette expédition on rapporta la chose au Prophète, celui-ci dit : « Demandezlui pourquoi il agissait ainsi. » On le lui demanda et il répondit : « Ces mots du Coran sont la description du Clément et uest pour cela que j’aime à les réciter. » On rapporta cette réponse au Prophète qui dit : « Annoncez-lui que Dieu l’aime. »
CHAPITRE 11. — De ces mots du Coran : « Invoquez Dieu ou invoquez le Miséricordieux, sous quelque nom que vous l’invoquiez, les plus beaux noms lui appartiennent » (sourate xvn, verset 110).
1 . Djarîr-ben- Abdallah rapporte que l’Envoyé de Dieu a dit : « Dieu ne sera pas compatissant pour celui qui ne l’aura pas été envers les hommes. »
2. Osâma-ben-Zeïd a dit : « Nous étions chez le Prophète lorsque quelqu’un vint, de la part de Tune de ses filles, le prier de se rendre auprès du lits de celle-ci, qui était mourant. S’adressant au messager, le Prophète lui dit : « Retourne vers ma fille et annonce-lui « que tout ce que Dieu prend ou donne lui appartient, qu’il a fixé « un terme pour chaque chose et invite-la à se résigner et à compter « sur Dieu. »
DE L’UNITE DE DIEU
venir. Aussitôt le Prophète se leva et se rendit chez elle accompagné de Sa'd-ben-'Obàda et de Mo'àdz-ben-Djabal. Quand il arriva on lui remit Tentant dont la respiration faisait entendre le bruit d’une outre desséchée. Comme les yeux du Prophète débordaient de larmes, Sa'd lui dit : « O Envoyé de Dieu, (pie signifie ces larmes? — C’est, répondit-il, le signe de la compassion que Dieu a placée dans le cœur de l’homme. Dieu n’est compatissant qu’envers ceux de ses adorateurs qui sont eux-mêmes compatissants. »