CONSEIL AVANT D’ENTREPRENDRE UNE CHOSE ET AVANT DE LA COMBINER
Car il est dit dans le Coran : « Lorsque tu entreprends quelque chose , mets ta confiance en Dieu... » (sourate ni, verset 153). — Quand l’Envoyé de Dieu décidait quelque chose , nul être ne pouvait s'opposer à ce dessein auprès de Dieu ou auprès de son Envoyé. Le Prophète , le jour de la bataille de Ohod, consulta ses compagnons pour savoir s'il devait rester en place ou attaquer. Ils furent d'avis d'attaquer. Puis, quand le Prophète
eut endossé sa cotte de mailles et qu'il fut sur le point de sortir, ils lui di¬
rent de rester en place. Mais, son dessein étant formé , il ne céda pas a leur conseil en disant: « Il ne convient pas à un Prophète qui a endossé sa cotte de mailles de l'enlever avant que Dieu ne se soit prononcé. » Le Prophète consulta Ali et Osâma à propos des gens qui avaient calomnié Aïcha. Il écouta leurs avis jusqu'au moment où il reçut la révélation du Coran ; alors il fit flageller les coupables sans tenir compte de la divergence des opinions émises et rendit sa sentence d'après ce que Dieu lui avait ordonné. — Après le Prophète, les imams consultaient les plus loyaux des
gens de science sur les points vagues (*) afin de choisir ce qui était le plus facile ; mais lorsque le Coran était explicite sur un point, ils s’y conformaient toujours, suivant en cela l'exemple du Prophète. — Abou-Bekr estimant qu’il fallait combattre ceux qui refusaient de payer la dîme, ' Omar lui dit : « Comment ! tu combats ces gens alors que l'Envoyé de Dieu a dit: « J'ai reçu l’ordre de combattre les gens tant qu'ils ne diraient pas : « Il n’y a d’autre divinité que Dieu » , mais lorsqu'ils avaient prononcé ces « mots leurs vies et leurs biens étaient inviolables pour moi à moins d’une « causei 2) légale ». — Par Dieu, répliqua Abou-Bekr, je ne cesserai de combattre tous ceux qui veulent disjoindre ce que l'Envoyé de Dieu a assemblé ! » ‘ Omar insista malgré cela, mais Abou-Bekr ne tint aucun compte de son conseil, car il avait, pour justifier son opinion, la décision de l’Envoyé de Dieu à l’égard de ceux qui distinguaient entre la prière et la dîme et qui voulaient ainsi modifier la religion et ses règles. Or, le Prophète a dit : « Tuez celui qui modifie la religion. » — Les conseillers d’Dmar étaient les lecteurs du Coran, qu'ils fussent jeunes ou vieux, et il s’en tenait toujours à la lettre du Livre de Dieu.
1. ' Oroua , Ihn-El-Mosayyab, ' A Iqama-ben- Ouaqqâs et 'Obaïd-Allah rapportent, d’après Aïcha, qu’à la suite des propos calomniateurs
(!) Sur lesquels le Coran ne s’était pas (2) C’est-à-dire s’ils commettaient un prononcé du tout ou n’avait rien dit d’ex- crime ou quelque faute qui entraînât un plicite. châtiment corporel ou une amende.
EX.-BOKHA.KI.
TITRE XCV1
tenus sur le compte de celle-ci, l’Envoyé de Dieu manda Ali-ben- Abou-Tâlib et Üsâma-ben-Zéïd parce que, la révélation se faisant attendre, il voulait les interroger et leur demander conseil sur le point de savoir s’il devait se séparer de sa femme. Osâma donna un avis fondé sur l’innocence de la femme du Prophète ; mais Ali dit : « Dieu n’a pas voulu te faire de la peine, et il ne manque pas de femmes autres qu elle. Interroge sa suivante, elle te dira la vérité. — As-tu vu, dit le Prophète à la suivante, que ta maîtresse ait fait quelque chose de suspect ? — Je ne lui ai rien vu faire, répondit-elle, de chose plus grave que celle que commet une jeune femme d’âge tendre qui s’endort sans s’occuper de la pâtée de son mari et la laisse manger par le mouton familier (lj. »
Le Prophète monta en chaire et dit : « 0 troupe de Musulmans, qui de vous prendra ma défense contre un homme qui a dit du mal de ma femme ; par Dieu, je n’ai jamais rien su que du bien sur son compte. » Il déclara ainsi l’innocence de Aïcha.
Oroua rapporte, au sujet de Aïcha, que l’Envoyé de Dieu lit un sermon aux fidèles et, après avoir loué Dieu et lui avoir rendu grâces, il leur parla en ces termes : « Que conseillez-vous de faire à l’égard de gens qui insultent ma famille, alors que je sais qu elle n’a jamais rien fait de mal 1 »
Lorsque Aïcha, dit 'Oroua, fut informée de ce qui avait été raconté sur son compte, elle dit : « O Envoyé de Dieu, veux-tu me permettre de me retirer chez mes parents? » Le Prophète l’y autorisa et la lit accompagner par un domestique. Un homme des Ansârs s’écria alors : « Louange au ciel, ce n’est pas nous qui aurions dit pareille chose ; louange au ciel, c'est une grave calomnie. »
(O Beaucoup d’Arabes élèvent un mou- l’animal, bientôt devenu familier, jouit
ton dans la maison ou dans’Ja tente et d’une très grande liberté.
AU NOM DU DIEU CLÉMENT ET MISÉRICOKDIEUX
TITRE XCYII
DE L’UNITÉ DE DIEU (O