‹ Les traditions islamiquesChapitre 67 sur 690 · CHAPITRE XIII. — Du fait de poser la main sur le malade · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — Du fait de poser la main sur le malade

1. Aïcha-bent-Sa d rapporte que son père a dit : « J'étais tombé gravement malade à la Mecque. Le Prophète étant venu me faire visite je lui dis : « 0 Prophète de Dieu, je vais, après ma mort, lais- « ser des biens et je n'ai qu’une fille unique. Puis-je’ par testament « disposer des deux tiers de mon bien et laisser l'autre tiers à ma « fille? — Non, répondit-il. — Disposer de la moitié et lui laisser « l’autre moitié? — Non. — Disposer du tiers et lui laisser les deux « autres tiers? — Dispose par testament du tiers et le tiers c’est déjà <( beaucoup. » Alors il passa la main sur son front et m’en frotta ensuite le visage et le ventre. « O mon Dieu, s’écria-t-il, guéris Sa'd « et fais qu’il puisse accomplir son émigration. » Je n’ai pas cessé, à ce qu’il m’a semblé, de sentir le froid de sa main sur mon foie jusqu’à cette heure. »

2. ' Abdallah-ben-Mcis oud a dit : « J'entrai chez l’Envoyé de Dieu au moment où il avait la fièvre. Je le palpai avec ma main et lui dis : « O Envoyé de Dieu, tu as une fièvre violente. — Certes oui, me ré- « pondit l'Envoyé de Dieu, j’ai une fièvre égale à celle de deux hommes « d’entre vous. — Et sans doute pour cela tu auras une double récom- « pense, repris-je. — Certes oui », répliqua-t-il. Ensuite l’Envoyé de Dieu ajouta : « Aucun désagrément, maladie ou autre chose, n’attein- « dra le musulman sans que Dieu lui enlève ses péchés ; il sera tel « qu’un arbre qui est dépouillé de ses feuilles. »

TITRE LXX V

CHAPITRE XIV. — De ce qu’on doit dire au malade et de la réponse qu’il doit faire.

1. A bdallah-(bm-Mas ' oud) a dit: « J’allai chez le Prophète au cours de sa maladie et le palpai. A ce moment il avait un violent accès de lièvre. « Tu souffres d’une fièvre violente, lui dis-je, et sans doute pour « cela tu auras une double récompense. — Oui, me répondit-il; aucun (( musulman n’éprouvera un mal sans que ses péchés lui soient enle- « vés ; il sera tel qu’un arbre qui est dépouillé de ses feuilles. »

2. D’après Ibn-Abbâs, l’Envoyé de Dieu entra chez un homme pour lui faire visite. « Ce ne sera rien, dit-il, ce sera une purification si Dieu veut. — Pas du tout, s’écria l’homme, c’est une fièvre qui brûle un vieillard âgé et va le conduire au tombeau. — Eh bien, soit alors ! » déclara le Prophète.

CHAPITRE XV. — De LA VISITE AU MALADE FAITE A CHEVAL, A PIED OU EN CROUPE MONTÉ SUR UN ANE.

1. Osâma-ben-Zëid rapporte que le Prophète monta sur un âne dont le bât était recouvert d’étoffe de Fadak et prit en croupe Osâma pour aller faire visite à Sa'd-ben-'Obâda. Ceci se passait avant la bataille de Bedr. En cours de route, le Prophète passa auprès d’une réunion où se trouvait 'Abdallah-ben-Obayy-ibn-Saloul qui n’avait pas encore embrassé T islamisme. Dans cette réunion il y avait un mélange de musulmans, de polythéistes, adorateurs des idoles et des juifs, et l’on y voyait également 'Abdallah-ben-Rawâha. Comme la poussière soulevée par l’âne envahissait la réunion, 'Abdallah-ben- Obayy se couvrit le nez avec son manteau en disant : « Ne nous couvrez pas de poussière. » Le Prophète salua, s’arrêta, descendit de sa monture et invita les assistants à adorer Dieu en leur récitant des passages du Coran. « Hé M’homme, dit 'Abdallah-ben-Obayy, il n’y arien de plus beau que ce que tu dis si c’est la Vérité, mais ne nous importune pas avec cela dans notre réunion. Retourne chez toi et raconte tout cela à ceux qui viendront te voir. — Pas du tout, p Envoyé de

DES MALADES

Dieu, s'écria Ibn-Rawâha, parle-nous-en dans nos réunions, car cela nous plaît. » A ces mots, musulmans, idolâtres et juifs s’agonirent d'injures et faillirent en venir aux mains. Le Prophète ne cessa de chercher à les calmer jusqu’à ce qu’ils se tussent ; puis il enfourcha son âne et alla chez Sa'd-ben-'Obâda. « 0 Sa'd, dit le Prophète, n’as-tu pas entendu ce qu’a dit Abou-Hobâb — il désignait ainsi 'Abdallahben-Obayy. — O Envoyé de Dieu ! répondit Sa'd, sois indulgent et pardonne-lui. Dieu t'a donné ce qu'il t’a donné. Or les habitants de cette cité se sont réunis pour le couronner roi et lui assurer le pouvoir. Cette résolution se trouvant réprouvée par la Vérité qui t’a été donnée, il en a été furieux et c’est pour cela qu’il a agi comme tu l’as vu. »

2 . Djâbir a dit : « Le Prophète vint chez moi pour me faire visite ; il n’était monté ni sur une mule, ni sur un cheval (1). »

CHAPITRE XVI. — Du fait par un malade de dire: «Je souffre. Ah! ma tète ! Ma souffrance est intolérarle ! » — Des paroles de Job « Le mal ma touché , mais tu es le plus clément des cléments. »

1. Kab-bm-’Odjra a dit : « Le Prophète passa auprès de moi pendant que j’allumais le feu sous la marmite. « Les insectes qui sont sur « ta tète te font-ils mal? me demanda-t-il. — Oui, répondis-je. » Il manda alors un perruquier qui me rasa la tète et m'enjoignit de racheter cette infraction (par une pénitence). »

2. D’après E l-Qâsïm-ben-M ohammed , 'Aïcha s’étant écrié : « Ah ! ma tète ! » l’Envoyé de Dieu lui dit : « S’il t’arrivait malheur et que je fusse encore en vie je demanderais pardon à Dieu pour toi et l’invoquerais enta faveur. — Malheureuse que je suis, exclama 'Aïcha, par Dieu, je crois que tu désires ma mort ; et si cela arrivait tu passerais la fin de cette journée-là à t’amuser avec une de tes femmes (2). — Ne dis pas : Ah ! ma tète ! répliqua le Prophète, car j'avais le dessein — ou

(1) C’est une façon un peu bizarre de dans le texte, et les commentaires ne l’ex-

dire à pied. pliquent pas complètement . La traduction

(2) La fin de ce hadits est fort obscure en est par suite incertaine.

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suivant une variante : j'avais le désir — de mander Abou-Bekr et son fds et de les désigner pour le califat. Et quoi qu'on en dise et quelles que soient les espérances des ambitieux de répondre (pour tout autre candidat) : Dieu et les croyants repoussent ou Dieu repousse et les croyants refusent. »

3. Ibn-Mas oud a dit : « J'entrai chez le Prophète au moment où il avait la fièvre. Je le palpai et lui dis : « Tu as une violente fièvre. — « Certes oui, répondit-il, la fièvre de deux hommes d'entre vous. — « Et tu auras double récompense, repris-je. — Oui, répliqua-t-il; « aucun musulman ne sera atteint d’un désagrément, maladie ou autre « chose, sans que Dieu ne lui enlève ses péchés ; il est comme l'arbre « qui perd ses feuilles. »

4. Sa d-(ben-Abou-Ouaqqâs ) a dit : « L'Envoyé de Dieu vint me rendre visite lors d'une grave maladie dont je fus atteint au moment du pèlerinage d’Adieu. « Tu vois, lui dis-je, dans quel état je suis. J'aide « la fortune et pas d'autre héritier qu'une tille. Dois-je faire aumône « des deux tiers de mon bien? — Non. — De la moitié? — Non? — « Du tiers ? — Le tiers c’est beaucoup ; il vaut mieux que tu laisses tes « héritiers riches que délaisser ta famille réduite à la mendicité. Toute « dépense que tu fais en vue de la face de Dieu te vaudra une récom- « pense, même la simple bouchée que tu mets dans la bouche de ta « femme. »

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