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Dans un mémoire publié, il y a dix-huit mois environ par VAcadémie havraise, nous nous sommes efforcé de réunir les principales traditions concernant le héros suiveur, le libérateur que bon nombre de peuples, tant de l'ancien que du nouveau monde, se figuraient comme né ou devant naître d'une vierge.
Sans doute, nous n'avons pas été complet et plus d'une lacune importante pourra être constatée dans notre travail. Le lecteur voudra bien excuser par cette raison que, pour être certain de ne commettre aucune omission, il aurait fallu compulser à peu près toutes les littératures de l'univers. Aujourd'hui, sans prétendre avoir épuisé notre sujet, nous venons le traiter à nouveau, ou plutôt lui donner une suite. Si nous ne pouvons, cette fois-ci encore, nous flatter d'avoir rocueilii toutes les traditions populaires, toutes les légendes relatives au fils de la Vierge, aucune de celles qui se signalent par un degré particulier d'importance ne nous aura, espérons-le, échappé. Le lecteur, connaissance une fois prise de notre travail, aura droit de se considérer comme suffisamment au courant de la question.
C'est vers l'Egypte qu'il faut tourner nos regards pour rencontrer la plus ancienne forme connue de ces traditions relatives, sinon au fils d'une vierge, du nioins à une conception miraculeuse et opérée sans le concours des dey^i sexes. Le manuscrit qui la relate est connu généralemejilr ^ous le nom de manuscrit d'Orbiney, du nom de son pos^es^eiir. Le récit, ou plutôt le conte merveilleux que l'on y trouve contenu, a acquis, auprès du public savant et même des simples amateurs, une véritable célébrité sous le nom de Roman ou Conte des deux frères. Déchiffré et analysé une première fois par M, de Bougé (1), il fut depuis traduit en allemand par Bruezsch, puis en anglais par M. Lepage-Renouf (2).
1. Revue archéologique, 1" série, t. VIII ; p. 385 et suiv., i852.