‹ Les traditions relatives au fils de la ViergeChapitre 20 sur 20 · Exode, chap. xiv · texte numérisé non relu

Exode, chap. xiv

2. J.-G. Kohi. Kitchi-gami : Wanderings on the Lake Superior, p. 386-390. — Le déluge d'après les traditions indiennes de l'Amérique du Nord, p. 90 et suiv. de ]a.Revue américaine ; 2« série. n« 2.

3. LeR. P. Petitot, Dictionnaire de la langue, Dénê-Dindjié ; p. xu. Paria, 1876.

à. Etb,nogr, çles peuples étrangers à la Chine, t. I®' p. 141 et siuv.

38 THAOITTONS REIATIVKS ATT FILS DS LA TIKBOB

twmf.e dans son pillais. Les myons du soleil lourmenaient I& 1 recluse, laquelle fuyait puur les éviter.

Atleinla par la réverbéra tioo, elle couçoit, accoucbe d'un œuf gros comme un demi-boisseau. Le roi fait jeter l'œuf à ses porcs et a ses chiens qui n'y veulent point toucher. Sur ses ordres, on le porteau milieu du chemin, mais chevaux et bœufs se di^lourneiit de peur de l'écraser. On l'expose, ensuite, dans un désert, et les oiseaux se réunissent en Iroupe et le couvrent de leurs ailes. Le roi, alor^, veut briser l'œur, mais ne saurait en venir à bout. Il est enfin rendu à la captive qulTeuveloppe et le met diins un lieu chaud. Il se rompt aubnut de quelque temps el l'on en voit sortir un garçon. Quand il fut adolesceiit, on l'appela Tcloi-Mong, littéralement « habile h lancer les flèches. '•.

ï^ peuple de Fou-yu pressait le roi de le nommer son successeur. It refuse, mais le crée intendant de ses haras. Par une ruse renouvelée de celle de Jacob, Tchu-Mong engraisse les mauvais clievaux et laisse dépérir les bons que le roi lui abandonne. Dans une grande partie de chaï'se, Tchu-Mong ayant, avec une seule flèche, abaitu beaucoup de gibier, les minlsirea du souverain en conçoivent de l'inquiétude et veulent le faire périr. Un conseil est tenu <t cette fin, m^iîs le jeune homme, averti par sa mère, s'enfuit vers le sud-est, accompagné de Jf«-(a et de quelques serviteurs,

Arrivé au bord du fleuve, Tchn-Mong prononce ces paroles : H Je suis fils du soleil et petit-Qls du fleuve Ho. Des hommes <i armés sont sur le point de m'atleindre. Serai-je arrêté par ce << courant, sans pouvoir le franchir? » Poissons et tortues du fleuve s'assemblent pour lui faire un pont de leur dos, puis lisse dispersen t. Porce est bien aux cavaliers envoyés contre lui de s'arrêter. Le fugitif continue sa course jusqu'aux bords dufleuvs Pou-chou près duquel il rencontre trois hommes habillés, l'un de toile de chanvre, l'autre d'un vêtement piqué, le dernier enlln d'une robo d'herbes aquatiques.

Ils se joignent à lui, et la troupe arrive de concert à la ville de Kê-chirtg-ko. Tchu-Mong s'y fixe, lui donne le nom de Kaù~ kiu H et prend lui mSme pour nom de famille, celui de Kaa. Faisons observer que le royaume de Kao-kiu-li florissait ÏOOan» environ avant l'ère chrétienne.

Les Japonais afflrmenl que leur empire fut à l'origine, et pendant un nombre incalculable de siècles, gouverné par les

TRADITIONS RELATIVES kXt FILS DE LA TIKBGE

Ten-sin-daî Tnn{i) ou « septRrnnds esprits célestes ». A ceux-ci succédèrent les héros ou demi-dkus, puis enD nia race actuelle qui n'a rien des perfections de ses aïgui. Les trois premiers de ces esprits célestes n'avaient point de femmes, mats les quatre suivants étaient mariés. Il est vrai que les trois premiers esprits de cette nouvelle série rendaient leurs épouses fécondes Tien que par leur seul regard.

Le dernier des esprits célestes, Imnaghi-no-mikollo ou Isanagki, litt. B celui qui accorde trop , » ay;int connu sa compagne Uanami-no-mikollo ou simplement Isanami « celle qui excite trop » devint ainsi père do l'île d'Awatsi, de dif- Krentes îles et terres , fleuves , montugnea, d'une aorte de brujère dont sont issues toutes les autres plantes, du soleil, dont les Japimais font une déesse, sous le nom de Ten syau dai tim oko kami, a la grande déesse qui brille au firmament n, et enfin de la race des demi-dieux. A cause de sa bt-auté, la déessi! du soleil fut envoyée au ciel ou elle brille en compagnie de sa sœur Tsouki ou nia lune u.

Ces déesses, qui conçoivent rien que pour avoir élé contempL'es par leurs maris, méritent d'être considérées moins comme des viergi B-mères dans le sens propre du mot que comme des personnages cosmogooiques, analogues à la vierge de l'air de l'épopée finnoise et dont nous avons déjà parlé dans un précédent Iraviiil (2).

Y aurait-il une relation à établir entre la donnée japonaise et celte croyance populaire jadis envl};ueur dans certaines parlles de la Perse que le paon féconde sa femelle, simplement en laissant tomber une lurme dans l'œil de cette dernière ? Ajoutons que l'histoire de ce génie qui se transporle au ciel pour y devenir le soleil ou la lune ou, du moins, pour n^slder dans ces astres semble connue de di verses populaiious américaines, ainsi que nous aurons soin de le faire ressortir à la fin du présent travail. L'on remarquera qu'un certain nombre de K'gendes du Japon ofl'rent un mélange confus d'éléments pris, sans doute,

1. Ksempler, Histoire nalnrelle, pivile, etc., du Japùtt, trad, française, t. I, liv. i.cliap. vu, p. 103 et suiv. Amslerdam, 1732. — M. Textor de Bavisi, Les femmes célèbres du Japon, p. 117 et suiv. du Congrès des Orienlalisles. Paris, 1875. — Klaprotb, Annales du lapon; trad. deTitsingb ; p. xni.

S. Le Kalivala, trad. sur le texte original pnr M. Ch. de Ujfslvy, p, 13 et auîv. (Actes complimenlaires de la Société philologiqitej.

TRiDITIOKS BELA.TITZS AU VILS DE LA VIERGE

diverses e

à des époques différentes égale-

& des Eourcea fort méat.

Nous avons assez Innguemun t parli^ dans un autre travail des tradlUor.a chinnises relallves au llls de la vierge, (I) pour n'avoir point à y revenir ici. Noua nous borueroiis à signaler celle des Laniijans du Lao méridional, (2) Inqudle rHppelIe queliftie peu la légende Japonaiâe. Comme tous les peuples bouddhique^, ils admettent des deslruciious et restaurations Buccea^ives de noire monda, qu'ils déclarent d'ailleurs éternel es duri'e. A lasuUe du dernier cataclysme qui l'ut un Ut'luge et précéda de IS mille ans la venue de Ciaha ou Bouddlia, un dieu ou génie appelé Poutabo Bamisovan desrendit du plus h^iut des Beize mondes tu; érieurs pour rélahlir la terre en son premier étui.

Ayant aperçu uneflr'.ur qulQoitall sur l'eau, le génie la coupa en deuï à l'aide d'un cimeterre dont il était armé. Aussitôt, de la tige sortit une belle âlie dont il devint amoureux. Il eût bien voulu l'épouser, mais l innocenta beduté refusa, par pudeur, d'écoulerses propositions. Jugeant que recourir à la violence était tbose indigne d'un tiabi ant des deux, Poutabo s'y prit de la façon suivante; il se plaça à une ceriaine distance de maniè.-e à la contempler à son aise. Plus habile que Royomir qui se bornait à Taire mûrir les raisins en les regjirdant, piir le seul éclat de ses yeux, il rendit la Jeune fUle mère sans qu'elle cessât d'êire vierge.

Beaupaup d'enfants leur naquirent de la aorte, et c'est pour subvenir aux besoins de sa nombreuse ramillo que le dieu se d^'cida k orner la terre de montagnes d'uii découleut les eaux, de vallées Tirtiles, d arbres à fruits, d'animaux destinés au service de l'homme et, enlin, de mines de métaux et de pierres précieuses.

Un niot avant de finir, au sujet de la légende des Manacicas (3) de l'Amérique du Sud, dont nous avons parlé dans nplre précédent tr.ivail.

11 y est question, comme l'on sait, de l'enfant d'une vierge

1. iK. P. Prémare, TraditioTis primiUoes, {Vesligcs choisis, etc., extraits des anciens livres chinois, g 4. p. 488 et suiv., dans Jç cahier de décembre 1873 des Atmales de philosophie chrétienne.

2 Le P. Giovanni l'hilipp. Hutiai, Relation du Tonquinet AuIit^Çf^ p. 580. Paris, leiiS.

3. A. P. .Petitot^ Diationnaire de la langue Déné-DindjU , g 2, p. 32 et Vocabulaire ftançais-esquimau, §ti, f. 31. Phôf, Ift^Q.

•^BAblTIONS AELAUVÈS AtJ FiLft DE LA ViÊRÔK ^

qxiU Après avoir accompli de grands miracles, se serait envolé au ciel où il fut transformé en l'astre du jour. Elle pourrait bien résulter de la fusion de plusieurs récits originairement distincts, d'abord de celui qui se rapporte au Ûls de la vierge proprement dit; en second lieu de la légende concernant l'habitant de l'astre, du jour ou celui des nuits; et enfin peut-être y découvririons-nous une vague réminiscence de l'enseignement 6vaugéilque, en ce qui concerne les miracles du Christ et son ascension. Quoi qu'il en soit, beaucoup de tribus indiennes du nord nous représentent spécialement la lune, comme servant de demeure à un génie. Les LoucAet/o? appellent ce derni^T Etsiegè, lltt. « firotté de bouse de vache ». Les Peaux-de-Lièvre le qualifient de Kotsi-daté « taboue par la bouse ». Il est invoqué par les Dennès à l'équinoxedu printemps (en mars-avril). Les Crées des prairies placent dans cet astre un génie mâle du nom de Mustaté-Av^asis (l'enfant-bison). Il reparaît chez les Pieds-Noirs sous Tapp llation de Kokoyé-natus, Les Dennès le désignent par différentes épithètes, Sta-kké'déné, Ébœ-ékon, Su-yé-wétay, ou enfin Sié'ZJit dhidié ii le bienfaisant ». D'après ces mêmes indiens, c'est lui qui envoie sur terre, la neige et les troupeaux de rennes. Si la neige est trop abondante, on élève vers la lune un tison enflammé en forme de torche. Chez les Esklmaux-tchiglits, le môme personnage est appelé « fils de la lune ». D'après les Loucheux et les Peaux-de-Lièvre, Etslegé ou Kotsi-daté s'était rendu d'abord dans le soleil qu'il trouva trop chaud et cette circonstance le décida à se transporter dans la lune (i). Ajoutons que chez les Sa^s des États-Unis (2), tout comme chez les Quichuas du Pérou (3), la lune passait pour unedéité femelle et le soleil comme son époux. Les Péruviens adoraient spécialement l'astre du jour comme leur protecteur, tandis que leurs compagnes réservaient leurs hommages pour le luminaire des nuits.

Les épithètes de taboue par la bouse, d'enfant-bison données à l'habitant de la lune prouvent que chez les indigènes de l'Amérique tout comme chez les Chaldéens^ le bœuf passait pour un

1 . Le R. P. Petitot, Vocabulaire français-esquimau (Monographie), p. 31. Paria, 1876. -.

2. Major Pike, Voyage au Nouveau Mexique^ trad. de Breton, 1. 1, p. 210 et 226. Paris, 1812.

3. Très relaciones de antiguedades peruanas ; Belac. por Fernando de Santillan, p. 3^. Madrid 1879.

TRADITIONS REIATIVES AU PILB DE LA TIKRaK

emblëmederélément femelleet humide dont la lune coni

poiirainsi dire, la principale personni&cation . Cela se consf cliei les peuples de l'Asie occidentale, lesquels voyHienl dans Ig lioa, le représeataat obligé du principe solairu et masculin. La rho^ s'explique moins fadiement de la part des Américains, ijul ne connaissaient point les redoutables carnassiers de Vaaciea monde et aux yeux desquels le bison devait passer pour le roi des animaus. Faudrait-il voir dans cette circonstance, uoe preuve d'emprunt Tait aux races de l'ancien monde? C'est ce que nous n'oserions affirmer. La chaleur dévorante du soleil a toujours ét5 raieui symbolisée par des carnivores, l'éclat tempéré de la lune par des animaux vivant i'herbes. Du restflt cette croyance que la iune n'est point inoccup>ïe, a pu résulter des taches que nous apercevons àsa surrace. Nos campagnards ne veulent-ils pas voir, dans ces dern.ères, l'Image d'un voleur de bois iriinsporié là-haut en punition de ses méfaits, chargé pour l'éternité des l'agols dérobés? Suivant d'autres, c'est Judas en personne que nous y apercevons.

Avant de terminer, rappelons que l'histoire de la vierge mëre parait n'êlre point inconnue des Quichnas du Pérou. Cependant, ces peuples n'appartenaient point au ramoiiu di^signé par M. Angrand, du nom de ToUëque-occidental (1) ; mais il ne faut point oublier que leur pays avait certainement, en partie du moins, étéjadis occupé par des races de provenance occidentale.

Celles-ci, semblent même y avoir laissé certaines autres traditions, notamment celle des cinq âges cosmiques (2) mais c'est un sujet sur lequel nous aurons à revenir dans un prochain; travail.

H. DE CHAREKCBÏ.

tiguilés de Tiaguanacof générale de l'archUen^

i . M. Angrand. Lettre à M. Daly sur les > p. 44 et 4a. (Exlrail do 34° vol. Ue la Uevi lure el des travaux publics.)

2. Bla» Valera, apud Garci-lasso, Commentarios reaies, liv. ii, chup. VI, l. I, p. 42. Madrid, 1723.

P«ri». - Iiap. P. MOUILLOT, IS-IS, quai Voll

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