‹ Les traditions relatives au fils de la ViergeChapitre 5 sur 20 · Il lui ouvrit soD cœur sous toutes les formes · texte numérisé non relu

Il lui ouvrit soD cœur sous toutes les formes

38. " Et beaucoup de jours apris eda, Bitaou étant allé à la i< chaise, selon son habitude de chaque jour, comme la jeune " femme était sortie pour se promener sous le cèdre qui élait « auprès de sa maison, voici : elle aperçut le fleuve qui tirait " vers elle , elle se prit à courir devant lui, elle entra dans sa Cl maison.

39. « Le fleuve appela le cèdre disant : " Que je m'empare s d'elle ,' " Le cèdre livra une boucle de ses cheveux.

4(1. " Le fleuve la porta en Egypte ; il la déposa au logis du « blanchisseur de Pharaon (vie, santé, force).

41. " L'odeur de la boucle de cheveux se mit dans les vête- " ments de Pharaon (vie, santé, force), l'on batailla avec les « blanchisseurs de Pharaon (vie, santé, force), disant : « Odeur <• de parl'um il y a dans les vêtements de Pharaon (vie, santé li force). On se mit donc à batailler avec eux, chaque jour, et >i ils ne savaient plus ce qu'ils faisaient, et le chef des blan- « chisseurs de Pharaon {vie, sauté, force), vint au çuai, car « son cœur était dégoûté beaucoup, beaucoup, des querelles « qu'on lui faisait chaque jour.

42. » n s'arrÉta, il se tint sur la berge, juste en face la bou- II cle de cheveux qui était dans l'eau ; il fit descendre quel- « qu'un; on la lui apporta, trouvant qu'elle sentait bon beau- " coup, beaucoup, et lui, la porta à Pharaon (vie, santé, force).

43. M On emmena les niagiciens de Pharaon [vie. santé, force],

44. « Ils dirent à Pharaon: « Cette boucle de cheveux appartient B aune flile de Phrà-Harmakhouti qui a en elle l'essence de « tous les dieu!. O toi à qui la terre étrangère rend hommage. Il que des messagers aillent vers toute terre étrangère pour « chercher cette QUe, et le messager qui ira au val du cèdre, Il que beaucoup d'hommes aillent avec lui pour la ramener. » H Voici que Sa Majesté dit : " C'est parlait, parfait, ce que nous II avons dit. » On fit partir Its messagers.

45. " Et beaucoup de jours après cela, les hommes qui Étaient » allés vers la terre étrangère, vinrent faire rapport à Sa Majesté

t. Bilaou a'éuit œulîli lui-mËiBe.

« Mais ceux qui étaient allés vers le val du cèdre ne revinrent «pas : Bitaou les avait tués, ne laissant qu'un seul d'entre eux « pour faire son rapport à Sa Majesté.

46. « Sa Majesté fit partir beaucoup d'archers, avec des « hommes de char, pour ramener la fille des dieux; une femme « était avec eux, et il lui donna tous les beaux afflquets « d'une femme.

47. « Cette femme vint en Egypte avec la fille des dieux et w on se rojouit d'elle dans la terre entière.

48. « Sa Majesté l'aima beaucoup, beaucoup, et on la salua n grande favorite (i),

49. « On lui parla pour lui faire dire la condition de son « mari, et elle dit à Sa Majesté : « Qu'on coupe le cèdre et qu'on « le détruise! « On fit aller les archers avec leurs outils pour « couper le cèdre; ils arrivèrent au cèdre, ils coupèrent la « fleur sur laquelle était le cœur de Bitaou, et il tomba mort « en cette maie heure. »

BO. « Et quand la terre s'éclaira et qu'un second jour fut^ « après que le cèdre eût été coupé, comme Anoupou, le grand « frère de Bitaou, entrait dans sa maison et s'asseyait, ayant « lavé ses mains, on lui donna une cruche de bière et elle fit « des bouillons ; on lui en donna une autre de vin et elle se « troubla.

51. « Il prit son bâton avec ses sandales, il se mit à marcher « vers le val du cèdre, entra dans la villa de son petit frère et «trouva son petit frère étendu sur sa natte, mort. Il pleura « quand il aperçut son petit frère étendu mort ; il s'en alla pour « chercher le cœur de son petit frère sous le cèdre à l'abri du- •« quel son petit frère couchait le soir. Il fit trois années de re- •« cherches sans rien trouver. Et il entamait la quatrième année,

quand le cœur de son petit frère désira venir en Egypte, et « dit : « J'irai demain. » Ainsi dit-il en son cœur.

52. « Et quand la terre s'éclaira et qu'un second jour fut, Anoupou alla sous le cèdre, passer son temps à chercher de nouveau; il trouva une baie, la retourna sens dessus dessous, et, voici, c'était le cœur deson petit frère. Il apporta une tasse d'eau fraîche, l'y jeta et s'assit selon son habitude de chaque jour.

53. « Et lorsque la nuit fut, le cœur ayant bu l'eau, Bitaou tressaillit de tous ses membres, se mit à regarder fixement

1. On est ici une formule de respect pour désigner le Pharaon.

« son frère aîné, puis défaillit. Anoupou, le grand frère, saisit « la tasse d'eau fraîche où était le cœur de son petit frère ; celui- « ci but, son cœur fut en sa place, et lui, devint comme il était c< autrefois.

54. « Chacun d'eux embrassa Tautre, chacun parla avec son « compagnon.

55. « Bitaou dit à son grand frère : « Voici, je vais devenir « un grand taureau qui sera de tous les bons poils, et dont on « ne connaîtra pas la nature. Toi, assieds-toi sur mon dos, u quand le soleil se lèvera, et lorsque nous serons au lieu où « est ma femme, je révélerai tout le mal qui m'a été fait : toi, « conduis-moi au lieu où Von (1) est, et on te fera toute bonne « chose, on te chargera d'argent et d'or pour m'avoir amené « à Pharaon, car je serai un grand miracle et on se réjouira « de moi dans la terre entière, puis tu t'en iras dans ton « bourg. »

56. « Et quand la terre s'éclaira et qu'un second jour fut, « Bitaou se changea en la forme qu'il avait dite à son grand « frère. Anoupou, le grand frère, s'assit sur son dos, à l'aube, « et arriva à l'endroit où l'on était. On le fit remarquer à Sa « Majesté. Elle le regarda, elle entra en liesse beaucoup, beau- « coup; elle lui fit grand'fête, beaucoup, beaucoup, disant : « C'est un grand miracle qui se produit » et on se réjouit béante coup dans la terre entière.

57. « On chargea d'argent et d'or le grandir ère, qui s'établit « dans son bourg; on lui donna des gens nombreux, des biens « nombreux, et Pharaon l'aima beaucoup, beaucoup, plus que « tout autre homme en la lerre entière.

58. « Et beaucoup de jours après cela, le taureau entra dans le « harem, se tint à l'endroit où était la favorite, se mit à lui « parler, disant : « Vois, je viens à présent, » Elle lui dit : « Toi, qui es-tu donc? » Il lui dit : « Moi, je suis Bitaou. Tu « savais que si tu laissais abattre le cèdre par Pharaon, c'en « serait fait de moi, si bien queje ne pusse plus vivre, et vois, je « vis à présent, je suis taureau. »

59. « La favorite eut peur beaucoup, beaucoup, du propos « que lui aVait tenu son mari.

60. « Il sortit du harem, et Sa Majesté vint passer un jour a heureux avec elle. Elle fut à la table de Sa Majesté et on fut « bon pour elle, beaucoup, beaucoup.

Page 1