Var. : Qiie leur feinct Jupiter
La Chambre dorée. 135
Qui de son vif gibier le sang tout chaud avalle,
Qui au commencement, par un trou en la peau,
Succe, sans escorcher, le sang de son troupeau , ? .0
Puis achève le reste, et de leurs mains fumantes
Portent à leurs palais bras et mains innocentes.
Font leur chair de la chair des orphelins occis;/
Mais par desguisemens comme par un hachis,
Ostans l'horreur du nom , cette brute canaille
Fait tomber sans effroi entrailles dans entraille.
Si que dès l'œuf rompu , Thiestes en repas,
Tel s'abeche(>) d'humain qui ne le pense pas.
Des tais (2) des condamnez et coulpables sans coulpes —
Ils parent leurs buffets et font tourner leurs coupes (5);.^ \'0
Des os plus blancs et nets leurs meubles marquetez
Resjouissent leurs yeux de fines cruautez;
Ils hument à longs traits dans leurs couppes dorées —
Suc , laict , sang et sueurs des vefves esplorées ;
Leur barbe s'en parfume, et aux fins du repas,
Yvres, vont dégouttant cette horreur contre bas. j-'''^ '*
De si aspres forfaicts l'odeur n'est point si forte
Qu'ils ne facent dormir leur conscience morte
Sur des matras (4) enflez du poil des orphelins;
De ce piteux duvet leurs oreillers sont plains.
Puis de sa tendre peau faut que l'enfant vestisse
Le meurtrier de son père en tiltre de justice;
Celle qu'ils ont fait vefve arrache ses cheveux
Pour en faire un tissu horrible et précieux :
C'est le dernier butin que le volleur desrobe
A faire paremens de si funeste robe.
Voilà en quel estât vivoyent les justiciers, Aux meurtriers si bénins, des bénins les meurtriers, Tesmoins du fauxtesmoin, les pleiges (s) des faussaires, ; ->) Receleurs des larrons, maquereaux d'adultères, Mercenaires, vendans la langue, la faveur,