Var. : les rois espouvantez. — 3. Var
Que l'abysme profond en ses cavernes tremble.
152 Les Tragiqjjes.
En tout ce que la terre en son orgueil avoit,
Rien si prés de son œil que la brave rencontre
D'un gros amas de tours qui eslevé se monstre ' ^ ^. 1»
Dedans l'air plus hautain.. Cet orgueil tout nouveau -^^
De pavillons dorez faisoit un beau chasteauf"),
Plein de lustre et d'esclat, dont les cimes poinctues ,
Braves, contre le ciel mipartissoient (2) les nues.
Sur ce premier object Dieu tint longuement l'œil,
Pour de l'homme orgueilleux voir l'ouvrage et l'orgueil.
Il void les vents esmeus, postes du grand Eole,
Faire en virant gronder la girouette folle.
Il descend, il s'approche, et, pour voir de plus près.
Il met le doigt qui juge et qui punit après,
L'ongle dans la paroi, qui de loin reluisante
Eut la face et le front de brique rougissante.
Mais Dieu trouva l'estoffe et les durs fondemensW )
Et la pierre commune à ces fiers bastimens
D'os, de testes de morts; au mortier exécrable
Les cendres des bruslez avoyent servi de sable.
L'eau qui les destrempoit estoit du sang versé;
La chaux vive dont fut l'édifice enlacé,
Qui blanchit ces tombeaux et les salles si belles.
C'est le meslange cher de nos tristes moelles.
Les poètes ont feint que leur dieu (5) Jupiter Estant venu du ciel les hommes visiter, Punit un Lycaon mangeur d'homme, exécrable, En le changeant en loup à sa tragique table. Dieu voulut visiter cette roche aux lions, Flntra dans la tanière et vit ces Lycaons, Qui lors au premier mets de leurs tables exquises Estoient servis en or, avoient pour friandises Des enfans desguiscz; il trouva là dedans Des loups cachez aians la chair entre les dents. > Nous avons parmi nous cette gent canibale ,