Cf. Funeste, I. 4 , ch. 19, édit. Mérimée, p
La Chambre dorée. 141
Son nom seroit Hebé si nous estions paiens : C'est cet esprit qui meut par chauds et prompts moiens Nos jeunes Roboans à une injuste guerre . C'est l'eschanson de sang pour les dieux de la terre. Là, sous un sein d'acier, tient son cœur en prison La taciturne, froide et lasche Trahison , De qui l'œil esgaré à l'autre ne s'afronte : Sa peau de sept couleurs faict des taches sans compte ; De voix sonore et douce et d'un ton féminin La magique en l'oreille attache son venin, Prodigue avec serment, chère et fausse monnoie, Et des ris de despit et des larmes de joie.
Sans desir, sans espoir, a volé dans ce train, De la plus vile boue au throsne souverain, Qui mesme en s'y voyant encor ne s'y peut croire, L'lnsolence(') camuse et honteuse de gloire. Tout vice fasche autrui , chascun le veut oster; Mais l'insolent ne peut soi-mesme se porter.
Quel monstre voi-je encor ? une dame bigotte, ■^- '' Maouerelle du gain, malicieuse et sotte : Nulle peste n'offusque et ne trouble si fort Pour subvertir le droit, pour establir le tort, Pour jetter dans les yeux des juges la poussière Que cette enchanteresse, autresfois estrangere. Son habit de couleurs et chiffre bigarré, Sous un vieil chapperon un gros bonnet carré : Ses faux poids , sa fausse aulne et sa règle tortue Deschiffrent son énigme et la rendent connue Pour présent que d'enfer la Discorde a porté Et qui difforme tout : c'est la Formalité. Erreur d'authorité, qui par normes (2) énormes Oste l'estre à la chose, au contraire des formes. Qui la hait, qui la fuit, n'entend pas le palais. (Honorable reproche à ces doctes Harlais, De Thou, Gillot, Thurin (5), et autres que je laisse,