Charles-Quint
Tragiques. — I. lo
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Que de leur main sacrée ils n'ont pris que des gants. On en donne un plein d'or (') sur fa bonne espérance, Et l'autre suit après, loyer de la sentence.]
Ce venin espagnol aux autres nations Communique en courant telles inventions: L'Europe se monstra : Dieu vid sa contenance, P'umeuse par les feux esmeus sur l'innocence; Vid les publiques lieux, les palais les plus beaux Pleins de peuples bruyans, qui, pour les jeux nouveaux, Estaloyent à la mort les plus entières vies En spectacles plaisans et feintes tragédies. Là, le peuple amassé n'amolissoit son cœur; L'esprit préoccupé de faux zèle, d'erreur, D'injures et de cris estouffoit la prière Et les plaints des mourants : là , de mesme manière Qu'aux théâtres on vid s'eschaulTer les Romains, Ce peuple desbauché applaudissoit des mains; Mesme , au lieu de vouloir la sentence plus douce , En Romains ils tournoyent vers la terre le pouce (2) Ces barbares, esmeus des tisons de l'enfer Et de Rome, ont crié : « Qu'il reçoive le fer! » Les corps à demi-morts sont traînez par les fanges, Les enfans ont pour jeu ces passe-temps estranges ; Les satellites fiers tout autour arrangez Etouffoient de leurs cris les cris des affligez. Puis les empoisonneurs des esprits et des âmes, Ignorans, endurcis, conduisent jusqu'aux fiâmes Ceux qui portent de Christ en leurs membres la croix. Ils la souftrent en chair, on leur présente en bois. De ces bouches d'erreur les orgueilleux blasphèmes Blessent l'agneau lié, plus fort que la mort mesme. Or, de peur qu'à ce poinct les esprits délivrez, Qui ne sont plus de crainte ou d'espoir enyvrez,