Ratures, de litura
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au commencement , et puis j'ay estimé qu'elles contraindront un jour un bon père de ne laisser pas ses enfans ainsi estroppiez. Je croy mesme que nous amènerons l'Autheur à favoriser une édition seconde, où non seulement les deffautsT') seront remplis, mais quelques annotations esclairciront les lieux plus difficiles. Vous trouverez en ce livre un style souvent trop concis , moins poli que les œuvres du siècle , quelques rythmes à la règle de son siècle, ce qui ne paroist pas aujourd'huy aux pièces qui sortent de mesmes mains , et notamment en quelques unes faictes exprès à l'envi de la mignardise qui court. C'est ce que j'espère vous présenter pour la seconde partie de mon larcin. Ce qui reschaufFa mon désir et m'osta la crainte de l'offence , ce fut de voir les impudens larcins des chouettes de ce temps qui glanoyent desjà sur le champ fertile avant la moisson. Je vi dans les quatrains de Mathieu jusques à trois vers de suitte desrobez dans le Traictc des douceurs de l'affliction, qui estoit une lettre escripte promptement à Madame ^-}, de laquelle je vous promets la responce au recueil que j'espère faire. Ainsi l'amour de l'Eglise , qui a besoin de fomentations ; l'honneur de celui que
1. Les lacunes. — Cette promesse n'a été remplie qu'à moitié , car la seconde et dernière édition offre , il est vrai , d'assez nombreuses additions, mais ne contient pas le moindre commentaire.
2. De la douceur des afflictions. A Madame (Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV, duchesse de Bar). Ce petit opuscule, publié vers 1600, étoit resté jusqu'en 18(6 inconnu de tous ceux qui se sont occupés de d'Aubigné. M. Cha vannes, qui l'a découvert, l'a réimprimé dans le Bulletin de l'Histoire du protestantisme français (mai 1856J, et en a fait faire un ti-
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j'offence , auquel je veux osier la négligence de ses enfans et à ces larrons leur proye , et puis l'obligation que je veux gagner sur les meilleurs de ce siècle , sont les trois excuses que je mets avant pour mon péché.
Il vient maintenant à propos que je die quelque chose sur le travail de mon Maistre et sur ce qu'il a de particulier. Je l'ay servy vingt et huict ans presque tousjours dans les armées , où il exerçoit l'office de mareschal de camp avec un soin et labeur indicible, comme estimant la principalle partie du capitaine d'estre présent à tout. Les plus gentilles de ses pièces sortoient de sa main, ou à cheval , ou dans les trenchées , se délectant non seulement de la diversion , mais encore de repaistre son esprit de viandes(')hors detempset saison. Nous luy reprochions familièrement cet Empereur(2) qui ne vouloit le poisson de mer que porté de cent lieues. Ce qui nous faschoit le plus, c'estoit la difficulté de lui faire relire. Quelqu'un dira : « Uy paroist en plusieurs endroits »; mais
rage à part à i jo exemplaires. Paris, Aubry. — On y retrouve quelques vers reproduits avec des variantes dans les Tragiques. De ces vers, deux fet non trois) ont été , en effet , copiés textuellement par P. Mathieu (les Tablettes de la vie et de la mort, édit. de 1616) dans le quatrain 4 :
Cette royne , qui n'eut qu'un chasteau pour retraitte, Prisonnière çà-bas et princesse là-haut , Sentit un vent d'acier qui luy trancha la teste. Changeant son royal throsne en sanglant eschaffaut.
Seulement, Mathieu, écrivain catholique, a appliqué à Marie Stuart ce que d'Aubigné avoit écrit de Jane Grey.