‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 162 sur 313 · Tourner, rotare. — 2. Ces. — 3. Par la force de l'erreui · texte numérisé non relu

Tourner, rotare. — 2. Ces. — 3. Par la force de l'erreui

Les Fers. 217

Des purs et des impurs les assidus combats. Chacun des esprits saincts ayant fourni sa tasche, Et retourné au ciel comme à prendre relasche, Representoit au vif, d'un compas mesuré, Dans le large parvis du haut ciel azuré, Aux yeux de l'Eternel, d'une science exquise, Les hontes de Satan, les combats de l'Eglise. Le paradis, plus beau de spectacles si beaux, Aima le parement de tels sacrez tableaux. Si que , du vif esclat de couleurs immortelles , Les voûtes du beau ciel reluisirent plus belles. Tels serviteurs de Dieu , peintres ingénieux. Par ouvrage divin representoient aux yeux Des martyrs bien-heureux une autre saison pire Que la saison des feux n'avoit fait le martyre. En cela fut permis aux esprits triomphans De voir Testât piteux ou l'heur de leurs enfans; Les pères contemploient l'admirable constance De leur postérité, qui, en tendrette enfance, Pressoient les mesmes pas qu'ils leur avoient tracez. Autres voyoient du ciel leurs portraits effacez Sur leur race doubteuse('), en qui l'ame déteste Les dégénérez cœurs, jaçoit(2) qu'il ne leur reste De passion charnelle , et qu'en ce sacré lieu Il n'y ait zèle aucun que la gloire de Dieu. Encor pour cette gloire à leurs fils ils prononcent Le redoutable arrest de celuy qu'ils renoncent, Comme les dons du ciel ne vont de rang en rang S'attachans â la race, à la chair et au sang. Tantost ils remarquoient le bras pesant de Moyse, Et d'Israël fuyant l'enseigne en terre mise : Puis Dieu lève ses bras et cette enseigne, alors Qu'afoiblis aux moyens, par foy nous sommes forts : Puis elle dépérit quand, orgueilleux, nous sommes,

1 . Allusion au fils de Coligny, dont il a été parlé plus haut , p. 124, note 6.

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