Voy. Rabelais, Pantagruel, Vw. i, cli
2. Les mêmes idées , pour le fond du moins, se retrouvent dans les deux dernières pages de la préface de la Franciade (Œuvres de Ronsard, édit. de 1623, t. i, p. 588-589). On y lit, entre autres, ce passage :
« Outre, je t'adverti de ne faire conscience de remettre en usage les antiques vocables, et principalement ceux du langage wallon et picard , lequel nous reste , par tant de siècles, l'exemple naïf de la langue françoise , j'enten de celle qui
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nous luy (■) remonstrions quelques rythmes qu nous sembloient maigres, il nous disoit que Ronsard, Bèze, duBellai et Jodelle, ne les avoient pas voulu plus fécondes; qu'il n'estoit pas raisonnable que les rythmeurs imposassent des loix sur les poëmes. Sur quelques autres difficultez , comme sur les prétérits féminins après les accusatifs et telles observations , il donnoit cela à la licence et quant à la richesse delà langue. Toutesfois, toutes ses œuvres de ce temps ont pris les loix du temps; et, pour les rythmes des simples aux composez ou des composez aux autres, il n'y en a que trois ou quatre en tout l'œuvre. Il approuve cette rigueur, et l'a suivie au temps qu'elle a esté establie , sans toutesfois vouloir soutTrir que les premiers poètes de la France en soient mésestimez. Voilà pour les estofes des parties. Voici pour la matière générale, et puis je dirai un mot de la disposition :
La matière de l'œuvre a pour sept livres sept tiltres séparez , qui toutesfois ont quelque convenance, comme des effects aux causes. Le premier livre s'appelle Misères, qui est un tableau piteux du Royaume en gênerai , d'un style bas et tragicque, n'excédant que fort peu les loix de la narration; les Princes viennent après, d'un style moyen, mais satyrique en quelque façon. En cestuy-là , il a esgallé la liberté de ses escripts à
eut cours après que la latine n'eut plus d'usage en nostre Gaule, et choisir les mots les plus pregnants et significatifs, non seulement du dit langage , mais de toutes les provinces de France, pour servir à la poésie, lorsque tu en auras besoin. » Voy. encore la préface de son Art poétique. I . A d'Aubigné.
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celle des vies de son temps, dénotant le subject de ce second pour instrument du premier. Et puis il fait contribuer aux causes des Misères l'injustice , soubs le titre de la Chambre dorée , mais ce troisiesme de mesme style que le second. Le quart('^, qu'il appelle les Feux, est tout entier au sentiment de la religion de l'Autheur et d'un style tragicque moyen. Le cinquiesme, sous le nom des Fers, du style tragicque eslevé, plus poëtic et plus hardy que les autres , sur lequel je veux conter une notable dispute entre les doctes amis del'autheur. Rapin(-), undesplusexcellens esprits de son siècle , blasma l'invention des tableaux célestes , disant que nul n'avoit jamais entrepris de peindre les affaires de la terre au ciel, bien (0 les célestes en terre. L'autheur se deffendoit par les inventions d'Homère, de Virgile, et de nouveau du Tasse, qui ont feinct les conseilz tenus au ciel , les brigues et partialitez des célestes sur les affaires des Grecs, des Romains, et, depuis, des chrestiens. Ce débat les poussa à en croire de très doctes personnages, lesquels , ayant demandé de voir la tissure de l'œuvre pour en juger, approuvèrent l'invention: si bien que je garde curieusement des lettres sur ce subject desrobées à mon Maistre incurieux (4), surtout celles de mon-