‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 183 sur 313 · La Loire, que l'on ne connoissoit pas si farouche · texte numérisé non relu

La Loire, que l'on ne connoissoit pas si farouche

L'ordure des boyaux se creva dans ton sang (')•

Voilà Tournon, Viviers et Vienne et Valence Poussans avec terreur de Lyon l'insolence, Troublez de mille corps qu'ils esloignent ; et puis Arles, qui n'a chez soy ne fontaines ne puits. Souffrit mourir de soif, quand du sang le passage Dix jours leur deffendit du Rosne le breuvage (2). [Ici, l'ange troisiesme estandit à son rang Au Rosne sa fiole, et ce fleuve fut sang. Ici , l'ange des eaux cria : « Dieu qu'on adore, Qui es, qui as esté et qui seras encore. Ici tu as le droit pour tes saincts exercé. Versant le sang à boire à ceux qui l'ont versé (5). »]

Seine le renchérit; ses deux cornes distantes Ne souffrirent leurs gens demeurer innocentes; Troye d'un bout, Rouan de l'autre, se font voir Qui ouvrent leurs prisons pour un funeste espoir. Et puis, par divers jours et par le rolle, ils nomment "Huict cens testes qu'en ordre et desordre ils assoni-

Thoulouze y adjousta la foy du Parlement, [ment. Fit crier la seurté, pour plus desloyaument Conserver le renom de Royne des cruelles.

Mais tant d'autres citez jusques alors pucelles, De qui l'air ou les arts amolissent les cœurs, De qui la mort bannie haïssoit les douceurs, N'ont en fin résisté aux dures influences Qui leur donnent le bransie aux communes cadences.

Angers, tu l'as senti; mère des escoliers, Tu l'as senti , courtois et délicat Poictiers, Favorable Bordeaux , le nom de favorable

1. Le bourreau et la garnison de Lyon refusèrent de massacrer les réformés. Ce furent les arquebusiers de la ville quj s'en chaigèrent. (Hist. univ.,l. 2,1. i, ch. 5, p. jjy.)

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