Mémoires, p. 4J ; Episîre aux lecteurs, p
2. « Il y a trente-six ans et plus que cet œuvre est fait », dit-il en 1616. (Voy. Episîre, p. 3 et n.)
vj Notice.
dorée, c'est-à-dire plus de trois mille vers, aient pu être écrits en peu d'années et au milieu des camps; mais il en est tout autrement des livres suivants yles Feux, les Fers, VengeanLes\ où sont rapportées une foule de particularités historiques qui ont nécessité d'assez grandes recherches et de nombreuses lectures : ils n'ont pu être composés que dans le silence du cabinet et durant les loisirs que laissa au poète la pacification générale du royaume après le traité de Ven-ins, en 1 598.
Ce qui me confirme dans cette opinion , c'est que vers cette époque il commença VHisioire universelle, qu'il suit souvent pas à pas dans son poème, où l'on trouve du reste d'assez fréquentes allusions à des événements bien postérieurs à l'assassinat de Henri III, comme la mort du maréchal de Raiz (1601) et d'Elisabeth d'Angleterre (1603), l'escalade de Genève (1602), etc., etc. '.
Quelle que soit la date à laquelle les Tragiques aient été complètement terminés, d'Aubigné fut long-temps avant de se décider à les mettre au jour. Il sentoit la valeur et la portée de son œuvre, qu'il avoit communiquée à plusieurs de ses amis, entre autres à Rapin et à Scévole de Sainte- Marthe ^ De tous les côtés, les calvinistes, « ennuiez de livres qui enseignent », lui en demandoient un « pour émouvoir? », et pourtant il hésitoit toujours. Ses scrupules étoient faciles à comprendre. La publication de son livre étoit de
I. Il fait même allusion (p. 256) à un petit livret que l'Estoile annonce, à la date de 1608, comme une « bagatelle nouvelle ».