Jourdain. — 2. Var. ■ Abiran
Vengeances. 275
Bruslante en soif de sang , encor qu'elle en fust yvre ; Jezabel , vif miroir des âmes de nos grands, Portrait des coups du ciel, salaire des tyrans.]
Donne gloire au grand Dieu et te monstre à ton rang, Jesabel altérée et puis yvre de sang.
Flambeau de ton pays, piège de la noblesse, Peste des braves cœurs, que servit ta finesse, Tes ruses , tes conseils et tes tours florentins ? Les chiens se sont soullez des superbes tetins Que tu enflois d'orgueil , et cette gorge unie, Et cette tendre peau fut des mastins la vie (')• De ton sein sans pitié ce chaud cœur fut ravy, Luy qui n'avoit esté de meurtres assouvy. Ha ! les chiens assouvis, de ton fiel le carnage Aux chiens osta la faim et leur donna la rage; Vivante, tu n'avois aymé que le combat; Morte , tu attisois encore du débat Entre les chiens grondans qui donnoyent des batailles Au butin dissipé de tes vives entrailles; Le dernier appareil de ta feinte beauté Ne te servit de rien, et fut précipité. Aussi bien que ton corps, de ton fier édifice, Ton ame et ton estât d'un mesme précipice.
Quand le baston qui sert pour attiser le feu Travaille à son mestier, il brusie peu à peu ; Il vient si noir, si court , qu'il n'y a plus de prise, On le jette en la braize et un autre l'attise. Athalia suivit le train de cette-cy, Elle attisa le feu et fut brusiée aussi.
Après, de ce troupeau je sacre à la mémoire L'effroyable discours, la véritable histoire'^). De cet arbre eslevé, refoulé par les cieux. De qui les rameaux longs s'estendoient ombrageux D'orient au couchant, du midy à la bise: