L'IMPRIMEUR AU LECTEUR
'ai eu plaisir de voir couronner le livre ^de cette pièce rare, et n'ai peu souffrir ^que tu ne saches que cet éloge, eschan- ''^'^ tillon du style de l'autheur en tous ses escrits, fut incontinent contrefait et tout à la fois par des personnes fort estimées , qui n'eurent point honte d'en prendre les lignes entières. Un advocat de la Cour (qui mérite bien d'estre juge, comme amateur de rendre le droit à chacun) fit imprimer la pièce originaire et les imitations , rendant à l'autheur l'honneur qui lui appartenoit, bien qu'il n'en eust point de connoissance ('). De plus, la traduction en estant venue d'Italie, Père Cotton , qui la voyoit à regret bien venue à la Cour, porta l'italien au roy pour taxer l'inventeur de n'estre que traducteur. Ce que sachant bien , Lecteur, j'ai voulu que tu le sceusses. A Dieu , jusqu'au premier de mes labeurs.
I . D'Aubigné veut sans doute parler du petit recueil intitulé : Florilegium rerum ab Henrico IIII immortaliter gestarum, Paris, Saugrain, 1609, 84 p. in-8. La pièce précédente s'y trouve en tête et est suivie d'une traduction latine {ex gallico Aubigntrii) signée R. B. A la suite on a placé le texte françois et latin d'une autre pièce composée par le sieur du Luat Ange Capel et qui n'est qu'une copie presque littérale des pages de notre auteur.