‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 30 sur 313 · Au Dognon. Voy. Fceneste , 1. I , ch · texte numérisé non relu

Au Dognon. Voy. Fceneste , 1. I , ch

2. f.a vallée d'Angrongne, en Piémont. Elle fut, avec les vallées de Luserne , de Pérouse et de Saint-Martin , le théâtre d'affreuses persécutions exercées , en 1 560, par le duc de Savoie contre les Vaudois qui s'y étoient réfugiés. Voy. à ce sujet de Thou, 1. XXVII ; La Popeliniére, 1. V; les Commentaires de P. de La Place , 1. V ; d'Aubigné , Hist. univ., 1. II , ch. 9 (édit. de 1626, t. 1 , p. 9 et suiv. • ; et Crespin , Histoire des martyrs, i $97, in fol., p. 532 et suiv., etc.

}. Fronde.

22 Préface.

Du logis de soi ténébreux, Logis esleu pour ma demeure, Où la Vérité sert de jour, Où mon âme veut que je meure, Furieuse de sainct amour.

Je cerchois de mes tristes yeux La Vérité aux aspres lieux, Quand de cett' obscure tasnière Je vis resplandir la clarté Sans qu'il y eust autre lumière :

\ Sa lumière estoit sa beauté.

J'attache le cours de mes ans Pour vivre à jamais au dedans :

Mes yeux de la première veùe, Bien que transis et esplorez. L'eurent à l'instant recognuë A ses habits tout déchirez.

C'est toi , di-je, qui sceus ravir Mon ferme cœur à te servir; A jamais tu seras servie De lui , tant qu'il sera vivant ; Peut-on mieux conserver sa vie Que de la perdre en te servant !*

De celui qui aura porté La rigoureuse Vérité Le salair' est la mort certaine :

C'est un loyer bien à propos :

Le repos est fin de la peine, Et la mort est le vrai repos.

Je commençois à arracher Des cailloux polis d'un rocher, Et elle tordoit une fonde :

Puis nous jettions par l'univers, En forme d'une pierre ronde.

Ses belles plaintes et mes vers.

Quelquesfois en me pourmenant La Vérité m'alloit menant Aux lieux où celle qui enfante,

Préface. 2^

De peur de se perdre se perd , Et où l'Eglize qu'on tourmente S'enferma d'eau dans le désert.

O désert , promesse des cieux , Infertile, mais bien-heureux!

Tu as une seule abondance, Tu produis, tu nourris les bons, Et la fertilité de France Ne gist qu'en espineux chardons.

Tu es circui(i), non surpris, Et menacé sans estre pris : Le dragon ne peut et s'essaie :

Il ne peut nuire que des yeux; Assez de cris et nulle playe Ne force le destin des cieux.

Quel chasteau peut si bien loger?

Quefroi si heureux qu'un berger .?

Quel sceptre vaut une houlette ?

Tyrans, vous craindrez mes propos, J'aurai la paix en malogette; Vos palais seront sans repos.

Je sens ravir dedans les cieux Mon ame aussi bien que mes yeux.

Quand en ces montagnes j'advise Ces grands coups de la Vérité , Et les beaux combats de l'Eglise Signalez à la pauvreté.

Je voi les places et les champs, Là où l'effroi des braves camps, Qui de tant de rudes batailles Rapportoient les ferstriomphans, Furent les chiens de leurs entrailles, Defïaicts de la main des enfans.

Ceux qui, par tant et tant de fois Avoient veu le dos des François, Eurent bras et cœur inutiles :

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