A ces trois maux
}. Var. : Moins furent apprentifs...
4. Catherine de Médicis et Charles de Guise, cardinal de Lorraine, né en 1525, mort en 1 5 74.
(. La loi salique.
54 Les Tragiqjjes.
Depuis les Rois haaitains eschauffez à la guerre , •Jusqu'au ver innocent qui se traine sur terre. Mais, pieust à Dieu aussi qu'elle eust peu surmonter Sa rage de régner, qu'ell' eust peu s'exempter Du venin(i) florentin, dont la playe éternelle. Pestiféré, a frapé et sur elle et par elle.
Pleustà Dieu, Jesabel(-), que, comm' au temps passé, Tes ducs prédécesseurs (3) ont tous-jours abaissé Les grands, en eslevant les petits cà rencontre. Puis encor rabatus par un' autre rencontre Ceux qu'ils avoient haussez, si tost que leur grandeur Pouvoit donner soupçon ou meffiance au cœur : Ainsi comm' eux tu sçais te rendre redoutable, Faisant le grand, coquin, haussant le misérable; Ainsi comm' eux tu sçais par tes subtilitez. En maintenant les deux, perdre les deux costez. Pour abreuver de sang la soif de ta puissance. Pleustà Dieu, Jesabe!, que tu euss' à Florence Laissé tes trahisons en laissant ton pais ; Que tu n'eusse les grands des deux costez trahis Peur régner au milieu, et que ton entreprise N'eust ruiné le noble, et le peuple et l'église : Cinq cens mille soldats n'eussent crevé, pouldreux, Sur le champ maternel, et ne fust avec eux La noblesse faillie et la force faillie De France, que tu as faict gibier d' Italie] Ton fils(4) eust eschappé ta secrette poison,
1. Var. : Du vice. Il y a ici, comme en d'autres pas.sages, un blanc, dans les deux éditions. Nous avons pu remplir ces lacunes au moyen de notes écrites à la main sur di\'ers exemplaires. Nous avons mis en italique les mots ainsi ajoutés.
2. C'étoit le nom queles Huguenots donnoient à Catherine. Voy. dans l'F.stoile, t. i, p. 28 et passim, diverses pièces de vers à ce sujet. Les catholiques, de leur côté, appeloient ainsi Elisabeth d'Angleterre, et Jeanne d'Albret.
}. Les Médicis, ducs de Florence.
4. Charles IX. Les mots ton fils sont restés en blanc dans l'édition de 161 6.
Misères. 55
Si ton sang t'eust esté plus que ta trahison. En fin, pour assouvir ton esprit et ta veuë , Tu vois le feu qui brusle et le couteau qui tue : Tu as veu à ton gré deux camps de deux costez, Tous deux pour toi, tous deux à ton gré tourmentez, Tous deux François , tous deux ennemis de la France , Tous deux exécuteurs de ton impatience , Tous deux la pasle horreur du peuple ruiné , Et un peuple par toi contre soi mutiné; Par eux tu vois des-jà la terre yvre, inhumaine. Du sang noble François, e-t de l'estranger pleine. Accablez par le fer que tu as esmoulu ; Mais c'est beaucoup plus tard que tu n'eusses voulu : Tu n'as ta soif de sang qu'à demi arrosée, Ainsi que d'un peu d'eau la flamme est embrasée. C'estoit un beau miroir de ton esprit mouvant. Quand parmi les nonnains au florentin convent. N'ayant pouvoir encor de tourmenter la terre. Tu dressois tous les jours quelque petite guerre : Tes compagnes pour toi se tiroient aux cheveux , Ton esprit , dès lors plein de sanguinaires vœux , Par ceux qui prevoioient les eiïects de ton ame Ne peut estre enfermé, subtil comme la flamme : Un mal-heur nécessaire et le vouloir de Dieu Ne doit perdre son temps ni l'assiette du lieu : Comme celle (1) qui vid en songe que de Troye Elle enfantoit les feux , vid aussi mettre en proye Son pais par son fils (2), et, pour sçavoir son mal (5), Ne peut brider le cours de son mal-heur fatal : Or, ne vueille le Ciel avoir jugé la France A servir septante ans de gibier à Florence, Ne vueille Dieu tenir pour plus long-temps assis Sur nos lis tant foulez le joug de Medicis! Quoi que i'arrest du Ciel dessus nos chefs <lestine , Toi, verge de courroux, impure Florentine,