‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 54 sur 313 · I. Hécube. — 2. Paris. — 3. C'est-à-dire quoique sa chant · texte numérisé non relu

I. Hécube. — 2. Paris. — 3. C'est-à-dire quoique sa chant

Nos cicatrices sont ton plaisir et ton jeu :

Mais tu iras en fin comme la verge au feu,

[Quand au lict de la mort ton fils et tes plus proches

Consoleront tes plaints (1) de ris et de reproches,

Quand l'édifice haut des superbes Lorreins ,

Maugré tes estançons, t'accablera les reins,

Et, par toy eslevé, t'accrasera la teste] {2),

Quand le courroux de Dieu prendra fin sur ta teste :

Encor ris-tu, sauvage et carnacière beste,

Aux œuvres de tes mains, et n'as qu'un desplaisir,

Q ue le grand feu n'est pas si grand que ton désir!

Ne plaignant que le peu, tu t'esgaie ainsi comme

Néron, l'impitoiable, en voyant brusler Romme.

Néron laissoit en paix quelque petite part; Quelque coin d'Italie, esgaré à l'escart, Eschappoit ses fureurs; quelqu'un fuyoit de Sylle(3) Le glaive et le courroux en la guerre civile : Quelqu'un de Phalaris evitoit le taureau, La rage de Cinna, de César le couteau; Et (ce qu'on feint encor' estrange entre les fables) Quel-qu'un de Diomède eschappoit les estables : Le lion, le sanglier qu'Hercules mit à mort. Plus loing que leur buisson ne faisoient point de tort : L'hidre assiegeoit Lerna, du taureau la furie Couroit Candie; Anthée affligeoit la Lybie.

Mais toy, qui, au matin, de tes cheveux espars Fais voile à ton faux chef branslant de touttes parts, Et desploiant en l'air ta perruque grisonne. Les pais tous esmeus de pestes empoisonne : Tes crins esparpillez, par charmes hérissez,

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