‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 71 sur 313 · Germanicus. Voy. Tacite, Annales , 1. 2, ch · texte numérisé non relu

Germanicus. Voy. Tacite, Annales , 1. 2, ch

2. Parcouroient. — 3. Dans leur cœur et leur milieu. 4. Var. :

Sont tigres impuissans et lyons dévoreurs.

88 Les Tragiqjjes.

Ce que l'esprit volage a ravi en courant.

Leurs pas sont venimeux, et leur puissance impure

N'a soustien que le fer, que poison et qu'injure.

De ce superbe mont les serpents sont au bas,

La ruse du serpent conserve leurs Estats,

Et le poison secret va destruisanl la vie

Qui, brave, s'opposoit contre la tyrannie.

Dieu veut punir les siens quand il lève sur eux , Comme sur des meschans, les princes vicieux. Chefs de ses membres chers ; par remède on a.sseure Ce qui vient de dehors, la plaie extérieure ; Mais, si la noble part loge un pus enfermé, C'est ce qui rend le cœur et mort et consumé; Mesme si le mal est en haut, car la cervelle A sa condition tous les membres appelle.

Princes, que Dieu choisit pour, au milieu des feuA, Du service d'Egypte et du joug odieux Retirer ses troupeaux, beaux pilliers de son temple, Vous êtes de ce temple et la gloire et l'exemple ! Tant d'yeux sont sur vos pieds, et les âmes de tous Tirent tant de plaisirs ou de plainctes de vous ! Vos péchez (i) sont doublez et vos mal-heurs s'accrois- D'un lieu plus eslevé plus haut ains ils paroissent. [sent; Ha! que de sang se perd pour piteux payement De ce que vous péchez! Qu'il voile de tourment Du haut de voscouppeaux(2)! Que de vos cimes hautes I>essus le peuple bas roullent d'amères fautes ! C'est pourquoy les sueurs et les labeurs en vain Sans force et sans conseil délaissent vostre main ; Vous estes courageux , que sert vostre courage ^ Car Dieu ne bénit point en vos mains son ouvrage; En vain , tout contristez, vous levez vers les cieux Vos yeux , car ce ne sont que d'impudiques yeux! Cette langue qui prie a parlé des ordures()), [res Les mains que vous joignez , ce sont des mains impu-

I . Var. : vos crimes. — 2. Coupeau, somme l. î- Var.: est sallie en ordures.

Princes. 89

[Dieu tout vrai n'aime point tant de feintes douleurs,

Il veutestre fléchi par pleurs, mais autres pleurs ;

Il esprouve par feu, mais veut l'ame enflammée

D'un brasier pur et net et d'un feu sans fumée.]

Ce luth qui touche un pseaumeà(')un mestier nouveau,

Il ne plaist pas à Dieu, car il est maquereau (2);

Ces lèvres qui en vain marmottent vos requestes ,

Vous les avez ternis en baizers deshonnestes,

Et ces genous ploiez dessus des licts vilains ,

Prophanes, ont ploie parmi ceux des putains.

Si , depuis quelque temps , vos rhymeurs hypocrites ,

Desguizez , ont changé tant de phrazes escrites

Aux prophanes amours , et de mesmes couleurs

Dont ils servoient Sathan , infâmes basteleurs ,

Ils colorent encor leurs pompeuses prières

De fleurs des vieux paiens et fables mensongères,

Ces escoliers d'erreur n'ont pas le style appris

Que l'Esprit de lumière apprend à nos esprits.

De queir oreille Dieu prend les phrases flatresses (})

Desquelles ces pipeurs flechissoient leurs maistresses.

Corbeaux enfannez, les colombes font choix

De vous, non à la plume, ains au son de la voix ;

En vain vous desploiez harangue sur harangue ,

Si vous ne prononcez de Canaan la langue (4);

En vain vous commandez, et restez esbahis

Que, désobéissants, vous n'estes obéis :

I . Pour. — 2 . Dans l'édition de 1 6 1 6 on lit : Il ne plaist pas à Dieu , ce luth maquereau.

Vers auquel il manque un pied.

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