I . C'est-à-dire à cheval sur un singe
1. L'Estoile, à la date du 21 janvier 1582, raconte que Henri 111, « après avoir fait pasques au couvent des Bons- « hommes, à Nigeon (près Chaillot), s'en revint au Louvre, « où , arrivé, il fist tuer à coups d'arquebuze les lions, ours, « taureaux et autres semblables bestes qu'il souloit nourrir
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Un bon Joseph eût pris autrement un tel songe, Et eust dit : « Les lions superbes, indomptez. Que tu dois redouter, sont princes irritez , Qui briseront tes reins et tes foibles barrières. Pour n'estre pas tournez aux proies estrangères. Appren, Roi, qu'on nourrit de bien divers moiens. Les lions de l'Afrique ou de Lion les chiens. De ces chiens de Lion tu ne crains le courage. Quand tu changes des rois et l'habit et l'usage, Quand tu blesses des tiens les cœurs à millions; Mais tu tournes ta robbe aux yeux de tes lions, Quand le royal manteau se change en une aumusse. Et la couronne au froc d'un vilain picque-puce(i) «
« pour combattre contre les dogues ; et ce , à l'occasion d'un <( songe qui lui estoit advenu , par lequel lui sembla que les « lions , ours et dogues le mangeoient et devoroient : songe « qui sembloit présager 'ce que depuis on a veu advenir), « lorsque ces bestes furieuses de la Ligue, se ruans sur ce « pauvre prince, l'ont déchiré et mangé avec soa peuple. « Quelques-uns de ses serviteurs lui dirent sur ce sujet que « ce n'etoient pas ces lions ou ces animau.x-là qui lui en « vouloient, mais les grands seigneurs du temps qui estoient « contre son Etat et son service. » (P. 1 56, col. 2.)
On voit que d'Aubigné n'a fait que mettre en vers le mot des courtisans.
I. On trouve dans Sauvai (t. 3, Preuves, p. 220), un acte daté du 29 août 1 588, par lequel le vicaire général de l'évêque de Paris permet à Robert Reche, prêtre ermite religieux de l'ordre de Saint-François, de se retirer au lieu de Picquepuce , avec son frère, en leur interdisant toutefois de s'associer aucun autre religieu.x. Or il n'y avoit point à cette époque d'autres religieux dans cette localité, et Henri III ayant été chassé de Paris le 1 4 mai 1 5 88, c'est-à-dire plusieurs mois avant l'acte cité plus haut , je crois que d'Aubigné a commis un anachronisme en mentionnant ici les Picpus , qui ne furent connus sous ce nom qu'en 1601. Il a voulu sans doute parlerde la confrérie des pénitents blancs del'Annonciation de Notre-Dame ) , instituée solennellement au mois de maxs i $83 par Henri III, qui, le 25 du même mois , leurfitfaire une procession , où il assista, malgré une pluie battante, confondu
Les rois aux chiens flatteurs donnent le premier lieu, Et, de cette canaille endormis au milieu. Chassent les chiens de garde; en nourrissant le vice, S'assiègent de trompeurs ; l'estrangère malice Jette par quelque trou sa richesse et ses os, Pour nourrir aux muets le dangereux repos. On void sous tels vallets, ou plutostsous telsmaistres, Du corps traistre les yeux et les oreilles traistres: Car les plus grands, qui sont des princes le conseil, Sont des princes le cœur, le sens, l'oreille et l'œil. Si ton cœur est nieschant, ta cervelle insensée, Si l'ouïr et le voir trahissent ta pensée. Qu'un précipice bas paroisse un lien bien seur, Qu'une amère poison te soit une douceur. Le scorpion un œuf, où auras-tu puissance De fuir les dangers et guarder l'asseurance ?
Si quelque prince un jour, justement curieux D'ouïr de son oreille et de voir de ses yeux Ses péchez sans nul fard (déguisant son visage Et son habit), voulbit faire quelque voyage ; Sçavoir du laboureur, du rançonné marchant, Si son prince n'est pas exacteur et meschant; Sçavoir de quel renom s'eslève sa prouesse , S'il est le roi des cœurs comme de la noblesse.
Qvec les autres religieux, et portant leur costume. L'Estoile raconte fp. 1591 et suiv.) qu'un homme de qualité qui « re- « gardoit pas.ser la dite procession fist sur le sac mouillé du « Roi le suivant quatrain , lequel aiant esté fait sur le champ i< et rencontré fort à propos , fut incontinent semé et divul- « gué partout )> :
Après avoir pille la France, Et tout son peuple despouillé, Est-ce pas belle pénitence De se couvrir d"un sac mouillé ?
Les statuts de la congrégation ont été imprimés à Paris, 1 585, in-4. — Voy. encore dans le tome 844 des mss. de Dupuy fp. 477) une note autographe de Henri 111 relative à l'habillement des hiéronymites (1587).
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Qu'il passe plus avant , et , pour se descharger Du vouloir de connoistre, aille voir Testranger, Où, ainsi qu 'autres-fois ce très-grand Alexandre, Ce sage Germanie ('), prindrent plaisir d'entendre. Espions de leurs camps , soubs habits empruntez , Dans l'obscur de la nuict, leurs claires veritez ; Desguisez , ils rouoyent (2) les tentes des armées Pour, sans deguizemens, gouster leurs renommées. Le prince, defardé du lustre de son vert. Trouvera tant de honte et d'ire en se trouvant Tyran, lasche, ignorant, indigne de louange Du tiers Estât , du noble et en pais estrange , Que , s'il veut estre heureux, à son heur advisé , A jamais il voudra demeurer desguizé.
Mais, estant en sa cour, des maquereaux la troupe Luy faict humer le vice en l'obscur d'une coupe.
Les monts les plus hautains, qui de rochers hideux Fendent l'air et la nue et voisinent les cieux , Sont tous couverts de neige , et leurs cimes cornues Des malices de l'air, des excremens des nues. Portent le froid chappeau ; leurs chefs tous fiers et hauts Sont braves et fascheux , et stériles et beaux ; Leur cœur et leur milieu (?}, on oit bruire des rages Des tigres , des lions et des bestes sauvages, Et , de leurs pieds hideux aux rochers crevassez , Sifflent les tortillons des aspics enlassez. Ainsi les chefs des grands sont faicts par les malices Stériles, sans raison, couverts d'ire et de vices. Superbes, sans esprit, et leurs seins et leur cœurs Sont titres impuissants, rugissans de fureurs (4;; En leurs faux estomacs sont les noires tasnières , Dans ce creux les désirs , comme des bestes fières ; Désirs, dis-je, sanglants, grondent en de^rant