Var
Arborent ces couleurs comme des paysages.
io8 Les Tragiqjjes.
Les maquereaux enflez y vantent leurs beaux tours, Le vice, possédant pour eschaffaut leur table, Y déchire à plaisir la vertu désirable.
Si depuis quelque temps les plus subtils esprits A desguiser le mal , ont finement apris A nos princes fardez la trompeuse manière De revestir le Diable en Ange de lumière; Encor qu'à leurs repas ils facent disputer De la vertu, que nul n'oseroit imiter, Qu'ils recerchent le los des atTetez poètes , Quelques Sedecias, agréables prophètes, Le boute-feu de Rome(i) en a bien fait ainsi , Car il paioit mieux qu'eux, mieux qu'eux avoit souci D'assembler, de cercher les esprits plus habiles, Louer, recompenser leurs rencontres gentilles, Et les graves discours des sages amassez, Louez et contrefaicts il a recompensez.
L'arsenic ensucré de leurs belles paroles , Leurs seins meurtris du poing aux pieds de leurs idoles , Les ordres inventez, les chants, les hurlemens Des fols capuchonnez, les nouveaux régiments Qui , en procession, sottement desguisées, Aux villes et aux champs vont semer des risées (ly, L'austérité des vœux, et des fraternitez. Tout cela n'a caché nos rudes veritez.
[Tous ces desguisemens sont vaines mascarades Qui aux portes d'enfer présentent leurs aubades, lîTbaus de la paillarde ou affaités (5) valets Qui de processions lui donnent des balets : Les uns, mignons muguets, se parent et font braves De clincant et d'or trait (4); les autres, vils esclaves, Fagottés d'une corde et pasles, marmiteuxfÇy, Vont, pieds nuds, par la rue abuser les piteux. Ont pour masque le froc, pour vestemens des poches(6),
I. Néron. — 2. Cf., sur le;; processions de Henri 111, L'Estoile, p. 75, IJ4, 142, 170, 228.