‹ Les tragiques (volume 4)Chapitre 9 sur 313 · Voy., plus loin, la note 2 de la page · texte numérisé non relu

Voy., plus loin, la note 2 de la page

Notice. xiij

roître les Tragiques, sans y mettre son nom, et en plaçant en tête (subterfuge assez puéril) une Epistre où il fait parler un sien serviteur, « le larron Prométhée », qui déclare en avoir dérobé le manuscrit à son maître et le publier à son insu '. Le titre consacre cette petite supercherie; il porte : Les Tragiques, donnez au public par le larcin de Promethee. Au Dézert. Par L. B. D. D. MDCXVI,in-42. C'est bien là la première édition, ' quoique plusieurs bibliographes, comme Prosper Marchand et Sennebier, trompés par une phrase équivoque de V Histoire universelle ? , aient prétendu qu'il en avoit paru une autre antérieurement. Ils n'auroient point émis cette opinion s'ils avoient lu plus attentivement VEpistre, où d'Aubigné met cette phrase dans la bouche du « larron Prométhée » : « Il y a trente-six ans et plus, as-

1. On rencontre chez d'Aubigné un singulier mélange de timidité et de désir de ne pas se laisser oublier. Ainsi, dans la préface de la première édition de son Histoire universelle, quand il rend compte d'un fait qui lui est personnel, il a le plus souvent caché sous des désignations fort vagues (un capitaine, un violent partisan, etc.) son nom, qui est pourtant très exactement mentionné à la table des matières, et que dans la 2e édition il a remplacé par un ûleph.

2. Il y a dans cette édition une faute typographique que jusqu'ici personne n'a relevée. La pagination saute de 244 à 343, et l'erreur se continue jusqu'à la fin du volume, qui contient ainsi, non pas 396 pages, comme on l'a dit, mais seulement 298, sans compter les 26 pages de VEpistre aux lecteurs et de la Préface en vers.

3. D'Aubigné, parlant, à la date de 1 593, des écrits qui contribuèrent à ruiner la Ligue, cite dans ce nombre « les Tragiques et /e Passe-partout des jésuites, et autres tels livres d'auteurs inconnus. » {Hist. univ., 1. 3, ch. 402.) Mais on ne doit conclure de cette phrase rien autre chose sinon que les Tragiques couroient alors en manuscrit.

viv Notice.

savoir aux guerres de septante et sept , que cet œuvre est faict... Je crois que nous amènerons l'auteur à favoriser une édition seconde où les deffauts seront remplis, etc., etc'. » On voit que l'expression fort vague de trente-six ans et plus nous amène à peu près à l'année 1 6 1 6 ^.

Quelques années plus tard parut cette édition seconde, sous le titre de : Les Tragiques, ci-devant donnez au public par le larcin de Proniéthée, et depuis avouez et enrichis par le Sr d'Aulngné ; sans date ni lieu d'impression , in-8 de 564 pages, en comptant le titre et la préface'. Cette édition , infiniment plus rare que la précédente , est aussi en caractères italiques; elle contient de plus que la première deux sonnets de Daniel Chamier et un de la princesse Anne de Rohan, et environ quatre cents vers intercalés çà et là dans les sept livres; ce qui, en y comprenant la préface , donne un total d'environ neuf mille vers.

Outre ces deux éditions, il y en auroit une troisième, s'il falloit s'en rapporter à la Bibliothcca exoticaàe Georges Draud-*, oii elle est mentionnée ainsi : les Tragiques donnés au puhliq par le larcin de Proniéthée, seconde édition , avec augmentation d'une quarte part, remplacement des lacunes

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