Qui preveutf B
42. Preveus. Sur cette forme, cf. Vaugelas, 11, 74: « On demande s’il faut dire il previt ou tl preveut. 11 faut dire previt, quoy qu'il y en ayt quel- .ques-uns qui disent preveut. » Th. Corneille et l’Académie condamnent la forme preveut. — Le naistre des choses. Cet emploi de l'infinitif pris
: substantivement, recommandé par Du Bellay, Def. et Zil., I1,9, est fréquent
chez d’Aubigné. Voir les exemples recueillis par Schüth, p. 51.
&é. Le secret plus obscur. Le sens est : toi qui graves, quand il te plait,
- les vérités les plus mystérieuses dans les esprits obscurcis (par le vice naturel et la passion) ; de sorte qu'il est nécessaire que {urepurges les esprits / de tes feux pour que la vérité, que tu as inscrite en eux en traits lumineux ” (d'un style vif), leur apparaisse. — En l'obscur des esprits. Emploi de l'adjectif substantivé recommandé par Du Bellay, Def. et Il., II, 9. Fré-
quent chez d’Aubigné. Voir v. 209, 302, 456, 303, 1099.
65-49. Distinction fréquemment faite par d'Aubigné entre l'âme, siège de la foi, et le cœur, siège des passions. Cf. v. 1064.
46. Jalouze de ton nom. Cf. Kzéchiel, XX XIX,25 : « J'aurai pitié de toute la maison d'Israël et je serai jaloux de mon saint nom. »
&7. Repurge. Il est piquant de retrouver dans le Printemps, III, 189, un passage analogue pour l'idée et l'expression, maiss'appliquant à un amour tout profane :
/ J'ay bruslé au feu de vos yeux Ce que l'homme et le vicieux Se rescrvoient en moy de reste.
Adonc je volle de mon cucur Porté d'une sainte fureur...
Mon esprit comme enscvely S'’emancipe et enorgucilly Contre le Ciel brise la creste, Et repurgé de vos beaux yeux, Vole aussi haut que les haultz Cicux.. n
60. Consommé. On ne faisait alors aucune distinction entre consommer et consumer. D'Aubigné dit, III, 95, Print.: « le feu qui me va consommant,» et 1, 319, Lettres : « Prelat consumé en toutes sortes de sciences. » CF. Vaugelas, I, 408 ; Brunot, La doctrine de Malherbe, p. 311.
60-53. Nous modifions ici la ponctuation des éditions précédentes, qui mettent une virgule seulement après devore et ire, et nous entendons : serviteur de la colère divine, je suis moi-même exempt de toute colère ‘purement terrestre, de toute passion purement humaine, qui me porterait
tt? La plume que je tiens, puis que tu l’as donnee. :
N'estant, serf de ton ire, en ire transporté, Sans passion) je sois propre à ta verité.
/ Ailleurs qu à te louër ne soit abandonnee °
n n re
55 Je n’escris plus les feux d'un amour(inconu)/ Mais par l’affliction plus sage devenu, .
d'entreprens bien plus haut, car j'apprens à ma plume Un autre feu, auquel la France se consume.
.… Ces ruisselets d'argent que les Grecs nous feignoyent, eut 60 Où leurs Poëtes vains beuvoyent et se baignoyent, Ne courent plus ici : mais les ondes si claires Qui eurent les sapphirs et les perles contraires > * Sont rouges.de nos morts; le doux bruit de leurs flots, Leur murmure plaisantheurte contre des 08. +. 6 Telle est en escrivant ma non-commune image : -