‹ Les tragiques. Livre premier. MisèresChapitre 41 sur 74 · Tenailler. Cf. IV, 158, Feux · texte numérisé non relu

Tenailler. Cf. IV, 158, Feux

Passeray-je la mer, de tant de longs propos,

Pour enrooller icy ceux-là qui en repos

Sont morts sur les tourments de gehennes desbrizantcs, Par la faim sans pitié, par les prisons puantes,

Les tenailles en feu, les enflambez couteaux ?

354. Pondus par les pieds. Cf. ist. Univ., IV, 153, les supplices infligés —par les Espagnols aux habitants de Naarden : « Les femmes violées en présence de leurs maris, les mariz tuez en présence des femmes, elles et leurs enfants pendus par les pieds jusques à la mort par la faim. » |

Du sein qu'ils empoignoyent, des tetins assechez.

Ou bien, quand du soldat la diette alouvie

Tiroit au lieu de pain de son hoste la vie,

Vengé, mais non saoulé, pere et mere meurtris Laissoyent dans les berceaux des enfans si petis Qu'’enserrez de cimois, prisonniers dans leur couche, Ils mouroyent par la faim ; de l’innocente bouche L'ame plaintive alloit en un plus heureux lieu

! Esclatter sa clameur au grand throne de Dieu;

Cependant que les Rois parez de leur substance . En pompes et festins trompoyent leur conscience, Estoffoyent leur grandeur des ruines d'autrui, Gras du suc innocent, s’egayants de l’ennuy, Stupides, sans gouster ni pitiez ni merveilles,

354. Au lieu du pain T. || 362. Leurs consciences AB. Pour cette faute typographique, cf. la notice sur le texte. || 363-366. Ces quatre vers manquent dans la première édition.

357. Cimois, lisières pour attacher les enfants dans leurs berceaux. Cf. v. 513 et ÆHist. univ., I, 15 (écrit simois). Lacurne de Sainte Palaye cite un exemple de Marguerite de Navarre, Marg. de la Marg. : « Dans leurs langeons et drappeaux et simois. » C'est la forme cimois qui est la bonne. On peut en effet retrouver l’étymologie du mot: c’est le latin cimussa, lanière (cf. le lexique de Chatelain). Pour expliquer li de la forme cimois, il suffit de supposer une forme adjectivée, cimusseus, qui phonétiquement convient. On sait que souvent des adjectifs analogues ont donné des substantifs français. Cf. lange = lanea.

860. Esclatter, pris activement. Emploi fréquent au seizième siècle. Cf. III, 61, Print. :

Je confesse, j'eu tort, quand d’un accent amer, Sans feindre, j'esclatay mes passions sans feinte.

Cf. v. 451, un exemple de ce mot pris dans le même sens, mais intransitivement.

363. Estoftfoyent, donnaient comme matière à, fondaient sur. Estoffe signifie en effet très souvent matière, par opposition à forme. Cf. II, 208, Médit.: « Et nous mesmes ne nous promettons rien, pour l’ estoffe, qui est on nous; mais beaucoup pour les formes qu'y a employé celui seul qui de rien fait tout. »

364. S'egayants. Sur l'accord du participe présent avec le mot auquel il se rapporte, cf. Darm. ot Hatzf. p. 270. Voir v. 120, 159, 224, 294, 308, 366, etc.

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