‹ Les tragiques. Livre premier. MisèresChapitre 51 sur 74 · A (OX A · texte numérisé non relu

A (OX A

Faisoyent par les Citez de superbes entrees.

Chacun s’esjouïssoit, on sçavoit bien pourquoy;

, Les enfans de quatre ans crioyent : vive le Roy !

555-558. Ces quatre vers manquent dans la première édition. || 556. Vif pourtraict T. || 860. DonneT.

encore IV, 158, Jeux (Agnez, agneaux) ; 180, Feux (vie, envie) ; IIX, 27, Print. (l'ame, lame.)

556. Miroir de son miroir. Mère et enfant se ressemblant, on peut dire que l'enfant est miroir de sa mèro, en laquelle il se mirait lui-même : d'où la bizarre expression de d’Aubigné. — Reprochant. Ce visage, qui lui rappelle le sien, est pour la mère un muet reproche.

/ 667. L'image de l'enfant, en se réfléchissant dans ce miroir que sont les yeux de sa mère, image dont la ressemblance fait l'horreur du crime (coul-

- pable semblance), ne frappe pas seulement les yeux de la mère, mais va

éveiller dans sa conscience le remords qui la poursuit déjà. — Semblance, ressemblance. Sembler signifiait très souvent ressembler. Cf. I, 544, Lettres :

« Certes la leur [leur religion] est trop paree, et semble ces vieilles

courtisanes... »

559-560. Ces vers offrent un exemple d'une construction fréquente chez d'Aubigné et qui est un jeu poétique familier à tous les poètes du scizième siècle (Voir en particulier, Du Bellay, éd. Marty-L., IT, 300 : sonret à Cerès, à Bacchus et à Palès). Ici la phrase se résout ainsi : la faim donne pâture au corps, la raison donne à l'âme poison. Cf. v. 597, 714, 1285 : on trouvera IV, 214, Fers, un exemple singulier de ces vers rapportés :

On pipa de la paix el d'amour de son Rov,

Comme un pescheur, chasseur ou oiscleur appelle

Par l’apas, le gaignage ou anour de femelle,

Soubs l'herbe, dans la nasse, aux cordes, aux gluaux, Le poisson abusé, les bestes, les oiseaux.

Voir encore III, 153, Print, Ode XVII, et surtout IV, 336, Sonn. épigr., XV.

562. Thimante. Cf. Pline, XX XV, 36, et Cicéron, Orator, XXII,

os — Le

Les villes employoyent mille et mille artifices È s10 Pour faire comme font les meilleures nourrices, | ww: Art De qui le sein fecond se prodigue à l’ouvrir, [a nô Veut monstrer qu'il en a pour perdre et pour nourrir. 1 Il semble que le pis, quant il est esmeu, voye : Il se jette en la maïn, dont ces meres, de joye, 5% Font rejaillir aux yeux de leurs mignons enfans Du laict qui leur regorge ; à leurs Rois triomphans, Triomphans par la paix, ces villes nourricieres Prodiguoyent leur substance, et en toutes manieres Monstroyent au Ciel serein leurs thresors enfermez, 580 Et leur laict et leur joye à leurs Rois bien-aimez. - r: és 2 | 7 Nos‘ Tyrans aujourd'hui entrent d'une autre sorte, 7 La ville qui les void a visage de morte.

Quand son Prince la foulle, il la void de tels yeux Que Neron voyoit Romm'’ en l'esclat de ses feux. 585 Quand le Tyran s’esgaye en la ville où il entre, | La ville est un corps mort, il passe sur son ventre; pl 517 Et ce n’est plus du laict qu'elle prodigue en l'air, ve C'est du sang, pour parler comme peuvent parler & U’” Les corps qu'on trouve morts : portez à la justice,

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