‹ Les tragiques. Livre premier. MisèresChapitre 52 sur 74 · Qu'il entre AT. || 586. Sur le ventre T · texte numérisé non relu

Qu'il entre AT. || 586. Sur le ventre T

571. A l'ouvrir. Cf. IV, 246, Veng. : « Le sein onflé d'orgueil souspire au submerger. » Sur cette construction de à suivi d'un infinitif pris substantivement pour indiquer le moment, la circonstance où l'action se produit, cf. Toblor, Verm. Beiträge sur fs. Gramm., p. 75.

572. En. D'Aubigné a dans la pensée le mot ait qui ne sera exprimé qu'au v. 576.

576. Dont signifie ici d'où et se rapporte à pis. Sur cet emploi archaïque de dont, censuré à plusieurs reprises par Malherbe, cf. la discussion de M. Brunot, La doctr. de Malh., p. 397-8.

580. Et leur laiot et leur joie. Mélange intime des termes de la compa-

* raison. Cf. note sur le v. 144.

584. Cette image de Néron contemplant Rome incendiée par son ordre chsède d’'Aubigné. Elle reparaît souvent dans les Tragiques. Cf. v. 814, 851 ; et IV, 99, Princes ; 220, F'ers; 254, Veng., etc.

588. Nous ponctuons ici autrement que les éditeurs précédents, qui mettent un point après sang et une virgule après jus{ice du vers suivant, Nous pensons qu'il fant rattacher pour parler comme... à la phrase précédente.

50 On les met en la place, afin que ce corps puisse Rencontrer son meurtrier ; le meurtrier inconu Contre qui le corps saigne est coulpable tenu.

Henri, qui tous les jours vas prodiguant ta vie Pour remettre le regne, oster la tyrannie,

55 Ennemi des Tyrans, ressource des vrais Rois, Quand le sceptre des lis joindra le Navarrois, Souvien-toi de quel œil, de quelle vigilance

(a 592. Le corps saigne. Allusion à une vieille croyance : les plaies du mort

se rouvrent et le sang coule lorsque le cadavre est mis en présence du .meurtrier. Voir le Chevalier au Lion de Chrestien de Troyes, éd. W. Foerster, v. 1179. Yvain est dans la salle du château d'un seigneur qu'il vient de tuer, couché sur un lit ; on le cherche on vain, car un anneau merveilleux le rend invisible. Passe le cortège funèbre :

Et la processions passa ;

Mes anmi la sale amassa

Antor la biere uns granz toauz :

Que li sans chauz, clers ct verman Rissi au mort parmi la plaie,

Et ce fu provance veraie

Qu'aucor estoit leanz sanz faille

Cil qui feite avait la bataille

Et qui l'avoit mort et conquis.

Lors ont par tot cerchie et quis

Et reverchié ct remüc

Tant que tuit furent tressüé

Et de l'angoisse ct del tooil

Qu'il orent por le sanc vermoil

Qui devant aus fu degotez….

Et les janz plus et plus desvoient Por les plaies qui escrevoient :

Si se mervoillent por quoi saingnent, Ne ne sevent a quoi s’en praingnent.

Et dist chascuns et cist et vixt :

« Antre nos est cil qui l'ocist,

Ne nos ne le veomes mie;

Ce est mervoille et deablie. »

596. Le sceptre des lis. Comme Henri de Navarre n’est devenu l'héritier désigné du trône de France qu'à partir de la mort de Monsieur (10 juin 1584), il est certain que ce passage n'a été composé que postérieurement à cette date. Il faut vraisemblablement voir là une de ces apopheties ou prophéties après coup dont d'Aubigné parle dans son Avis aur lecteurs, IV,8:« Il y a peu d'artifice en la disposition : il y paroist seulement quelques episodies comme predictions de choses avenuës avant l'œuvre clos, que l'autheur appeloit en riant ses apopheties. »

597. Souvien-toi, sur l'absence de l'e à l'impératif, cf. Darm. et Hatzf., p. 238. Voir v. 957.

To mamdW > pare UT V ÿ

Tu vois et remedie aux mal-heurs de la France;

{Souvien-1oy quelque jour combien sont ignorans 600 |\Ceux qui pour estre Rois veulent estre Tyrans.

Ces Tyrans sont des loups, car le loup, quand il entre

| Dans le parc des brebis, ne succe de leur ventre

Que le sang par un trou, et quitte tout le corps, Laissant bien le troupeau, mais un troupeau de morts. Nos villes sont charongne, et nos plus cheres vies, - Et le suc et la forceçon'ont esté ravies.

Les païs ruinez sont membres retranchez Dont le corps sechera, puis qu'ils sont assechez. France, puis que tu perds tes membres en la sorte, Appreste le suaire et Le conte pour morte :

Ton poulx foible, inegal, le trouble de ton œil Ne demande plus rien qu'un funeste cercueil.

Que si tu vis encor, c'est la mourante vie Que le malade vit en extreme agonie, Lors que les sens sont morts, quand il est au rumeau,

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