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cesst in baccho et tabacco », toutes trois sclérosantes au premier chef, ontété notées par Torrnar», T'erssier, Vierorpr, Minor, Privar, chez des tabétiques non syphilitiques. Fuzek a publié des cas de tabes dus à l’ergot de seigle et à la pellagre, atteignant des sujets non syphilitiques. Morrox Prince, des cas de tabes avec malaria chronique. Ces faits ne doivent point diminuer la valeur de la syphilis en tant que facteur étiologique chez les tabétiques ; ils prouvent seulement qu’il existe des cas de tabes non syphilitiques.
Sclérose multiple disséminée, Îe tabes peut reconnaitre comme facteur étiologique toute espèce de cause sclérosante; nous venons d'indiquer les principales. En pratique, ces causes se rencontrent fréquemment, associées ou non à la syphilis; leur rôle propre est assez difficile à établir dans le développement des lésions. Nous savons que leur action est sclérosante et c'en est assez pour en faire proscrire absolument l'emploi à tout tabétique. Ces préceptes sont la base du régime que doit suivre le tabétique, auquel les boissons alcooliques, le tabac devront être interdits.
La suppression des causes sclérosantes a une influence sur l’évolution du tabes; cela est rationnellement et pratiquement vrai. Tous les auteurs le reconnaissent et le professeur Raywonp disait (1) : « Jai lieu de'croire que la suppression des diverses causes surajoutées, telles que l’alcoolisme, le surmenage, a une certaine influence sur la production des temps d'arrêt, dans le tabes. »
À côté de ces facteurs étiologiques, pouvant, dans certains cas, créer le tabes de Loutes pièces ou entrer à titre de cause occasionnelle pour une part plus ou moins grande dans son développement, se placent différents états nerveux dont l’influence est manifeste.
Tout d'abord, l'hérédité nerveuse, qui, pour CHarcor, cons-
(1) Ravmonn, Maladies du système nerveux, 1897,
tituait la cause principale « fondamentale, prédominante » du tabes. On sait la lutte que soutint Fournier contre cette manière de voir :
« Si l’hérédité nerveuse était la cause prépondérante, essentielle, du tabes, elle devrait, de par elle seule et sans le secours de la syphilis, réaliser le tabes dans la grande majorité des cas. En d’autres termes, les tabétiques devraient être, dans la grande majorité des cas, des sujets à hérédité nerveuse plutôt que des syphilitiques.
« Or c’est précisément l'inverse qui a lieu, c’est précisément l’inverse qui se produit en pratique (4). »
Nous admettons le dire de Fournier, mais cependant avec une légère restriction, et nous dirons que si Les cas sontrares où l’hérédité nerveuse seule a pu engendrer le tabes, il est bien plus fréquent de la voir associée soit à la syphilis, soit à une autre cause extra-syphilitique. Son influence est manifeste dans nombre de cas et il suffit de parcourir les antécédents héréditaires des tabétiques pour y trouver relevés, l’hémorragie cérébrale, le suicide, la folie, l'hystérie, etc.
Cependant, ces faits sont bien loin d’être absolus et quelques tabètiques n’ont aucune tare originelle appréciable et pourtant tous ou presque tous présentent un état nerveux particulier : hystérie, neurasthénie, mélancolie, névropathie souvent mal définie, en relation directe avec la sclérose médullaire, marchant de pair avec elle, s’aggravant quand les symptômes progressent, diminuant au contraire quand ceux-ci s’atténuent.
Beaucoup de labétiques sont franchement hystériques, et la marche du tabes est tellement influencée pe cet état que l’évolution en est anormale.
On trouvera dans nos observations le cas d’une malade que
(1) Fournier, Les affections parasyphilitiques, 1894, p. 129.
nous rappelons en quelques mots, tant il nous paraît lypique.
Il s’agit d’une sage-femme hystérique et absinthique. Cette malade était la maîtresse d’un étudiant en médecine. Un jour, son amant lui déclara qu’elle était tabétique (nous n'avons pas pu savoir sur quel symptôme ce diagnostic avait été porté). La curiosité de la malade fut éveillée et comme elle ignorait ce qu'était le tabes, elle lut l’article dans le livre de Diculafoy. En quelques jours, tous les symptômes avaient fait leur apparition, l’ataxie était telle qu’au bout de huit * jours la marche était impossible etla malade était contrainte de garder le lit.
Nous avons dit que beaucoup de tabétiques étaient neurasthéniques;les causes de cette neurasthénie sont multiples suivant nous et peuvent être rattachées à deux ordres de faits.
Beaucoup de tabétiques étant syphilitiques, il est logique de penser que la neurasthénie de certains d’entre eux est sous la dépendance de leur syphilis à la manière de leur tabes, en tant qu'affection parasyphilitique par /conséquent, Rien d'étonnant à ce qu’une même cause produise deux effets différents chez un même sujet.
D’autres tabétiques, au contraire, non syphilitiques, sont également neurasthéniques; chez ceux-là, c’est ailleurs qu’il faut chercher la cause de leur neurasthénie. Nous croyons que le tabes seul est capable de provoquer et de créer ces neurasthénies. Le pronostic sombre qui est porté sur le tabes, la manière d’être si souvent douloureuse de l’affection, la crainte pour un homme encore jeune de devenir un infirme nous semblent être des raisons suffisantes pour expliquer l’apparition de ces neurasthénies pour lesquelles nous proposons le nom de neurasthénies paratabétiques, par analogie et en opposition aux neurasthénies parasyphilitiques.
Les labétiques ont un état psychique particulier sur lequel ont insisté de Rey (1878), Rauzier (1882), Nreere (1885) et