SAN PATES
Westphal 14 0/0 avant 1885 | Rosenthal 18 o/o
#=i RAY LE Fischer 1D — avant 1885 Storbeck (Leyden) 20,4.41,7 1896 | Topinard 13 — Neumann 30,5 — après 1885 | Cassé 10 — Oppenheim 30 — 1891 | Gedenius 10 — Lagoudaki SU 1894 | Meyer 7-11 — après 1885 Ballet(Landouzy) 26 — 1890 | Tiberghien 1-5 — Westenhofer (Leyden) 24,6.46 © 1896 | Mayer One Gesenius 20 — avant 1885
Une chose frappe tout d’abord dans ce tableau : c’est l’évidente exagération des chiffres extrêmes. La comparaison des chiffres indiqués fait encore ressortir un fait remarquable : l’évolution qui s’est opérée dans l’esprit de ces mêmes auteurs, qui, en 1885, indiquaient une proportion de 30 p. 100 par exemple, et qui, en 1890, leur attention plus spécialement éveillée sur ce point étiologique, des enquêtes plus nombreuses étant faites, indiquent une proportion de 70 ou 80 p. 100.
En résumé, on peut dire que la question si importante de l’origine syphilitique du tabes n’est pas chose jugée. Deux écoles se trouvent en présence : l’une, avec Er8, Fournier, Raymonp, admet la proportion moyenne de 90 0/0 et met la. syphilis au premier rang des causes du tabes. L'autre, avec Leyven, admet le chiffre moyen de 30 0/0, chiffre à peine supérieur à la proportion générale de la syphilis et nie par conséquent le rapport de cause à effet admis par la première école. À cette opinion, se rattache celle de Vincnow (Société de médecine interne de Berlin, 6 juillet 1898).
La formule de Fournier : « /e tabes est une manifestation d'origine syphilitique, mais non de nature syphilitique» suffirait, admise dans son absolutisme, pour condamner l'essai d’un traitement iodo-mercuriel dans le tabes ; mais les recherches ultérieures, les résultats thérapeutiques obtenus, ont prouvé que, dans certains cas du moins, le traitement possède une action manifestement curative.
EN
À cela on a objecté que les cas guéris n'étaient pas des tabes, mais des syphilis cérébro-spinales, ou bien qu'ils’agissait de lésions superposées, tabétiques et syphilitiques, ces dernières seules étant susceptibles de guérison.
L’objection a certainement une grande valeur, mais la preuve reste à faire, et ne pourrait être faite que par des examens nécroscopiques. Cliniquement les deux affections se présentent identiquement semblables et s’il est des cas où le diagnostic peut être fait, entre la syphilis cérébro-spinale et Je tabes, il en existe d’autres où cette distinction ne saurait être faite.
Dire que dans les cas où le traitement agit on se trouve en présence d’une syphilis spinale, qu’au contraire, en cas d'échec, c'est d'un tabes qu’il s’agit, nous paraît exagéré et non prouvé. Nous admelions que cliniquement la distinction ne peut toujours être faite ; à l'appui de notre dire, nous ce1terons deux observations, l’une de Grasser, l’autre du Dr Jaco; ces deux observations sont empruntées à l’excellent article de Craus : le traitement du tabes (1).
Voici la première observation, celle de Grasser : Syphilis en 1881, — manifestations bénignes, — traitement insuffisant. — Mariage en 1888; aucune fàcheuse conséquence pour la femme et les enfants. En janvier 1894, après un surmenage intellectuel et un mal de gorge de vingt jours, le malade est pris brusquement de troubles surtout moteurs. En février, il a des efflondrements, de l’incoordination, ne peut marcher qu'avec une canne et un bras, — Abolition des réflexes rotuliens ; — anesthésie plantaire et des jambes.
Traitement spécifique mixte et pointes de feu vers le 15 février, — saison à La Malou en avril-août.
L'amélioration commence dès la fin de mars; d’abord lente, puis plus rapide.
(1) Craus, Le traitement du tabes, in Belgique médicale, 9 sept. 1897.
En 1894, le malade paraît guéri, chasse des journées entières, fait 18 à 20 kilomètres dans sa journée.
Grasser le revoit le 24 décembre 1896. Le malade se considère comme complètement guéri depuis trois ans; — il conserve l'abolition des réflexes rotuliens et de loin en loin quelques douleurs fulgurantes qui n’ont apparu qu’en 1893.
Voici la deuxième observation résumée.