CI..., 33 ans, marié, peintre de son état
Début par des phénomènes d’excitabilité sensitive. Formications et engourdissements dans les membres supérieurs, — puis analgésie cutanée, retard dans les perceptions douloureuses, — les phénomènes se présentent dans le même ordre, mais avec un retard de quelques jours dans les membres supérieurs.
. Démarche caractéristique, mouvements désordonnés, abolition des réflexes tendineux.
Le traitement consiste en frictions mercurielles et iodure à haute dose.
En trois mois, guérison complète. L'amélioration des symptômes progresse dans un sens inverse de leur apparition, les symptômes les plus récents disparaissant les premiers.
Citons encore comme exemples de guérison du tabes par le traitement antisyphilitique : 1 cas de GaAILLEToN, rapporté par Juuuen, 2 cas de Enr, 1 cas de Lonc-Fox, 1 cas de Des- Nos, 4 cas de Hammonp, 1 cas D’EuLensurG, 1 cas de ScHüLTzr, 4 cas de Gaucxer, 3 cas d’Apauriewicz, À cas de SPILLMANN, À cas de TriPier.
Citons enfin comme établissantles bons effets du traitement antisyphilitique dans le tabes, la statistique de DixkLER (1), qui, sur 74 observations de malades traités, relève 58 améliorations, portant surtout sur les anesthésies, les
(1) Dixxzer, Über die Behandlung und die Wirkung der Quechsilberkuren bei tabes dorsalis. (Berlin. klin Woch., 10 avril 1893, pag. 547).
CPS
analgésies, les troubles oculaires, les troubles vésicaux et génitaux, l’état général (augmentation de force et de poids), alors que l'incoordination, les crises gastriques, vésicales el rectales ne sont pas modifiées.
Le tabes peut guérir par le traitement antisyphilitique, ces faits le prouvent, et cependant, malgré cela, les idées sont encore partagées parmi les praticiens qui se sont occupés de cette question.
Les uns, rares il est vrai, prescrivent de parti pris un traitement antisyphilitique àtout tabétique. Le traitement, disentils, n’est jamais nuisible, toujours utile en quelque chose, et doit être continué malgré les aggravations apparentes que l’on observe parfois au début de son application.
Nous opposerons à ces auteurs ceux qui rejettent non moins systématiquement le traitement iodo-mercuriel. Au dernier Congrès de Moscou, Euzexeure déclare que le rôle du traitement est exagéré et peu justifié. Lacoupaki le considère comme dangereux. BeNEDiKT se rattache aux opinions précédentes. Isaac déclare à la Société de médecine de Berlin (6 juin 1893) que le-traitement spécifique aggrave le tabes. Picor, Mayer, Tessier, GaLLer n’ont jamais vu le traitement avoir une action favorable, mais au contraire souvent nuisible et conséquemment le rejettent. Jacos (de Berlin) le considère comme inutile. Morez (1) est contre le traitement antisyphilitique, qu’il n’a jamais vu avoir d’action.
Enfin nous terminerons en citant l’opinion de LeynEN qui, dans une leçon (2), disait:
«Je vais aborder le traitement dit spécifique qui, pas plus que les autres, n’esten état de faire rétrocéder, même en partie, le processus anatomique », — et qui plus loin ajoutait : « Je suis convaincu que beaucoup de cas de névrites traitées
(1) Montrez, Soc. de méd. de Nice, 4 décembre 1895. (2) LeyneN, Berlin, klin. Wochenschr. 1899, n, 17 et 18.
et guéries par le mercure, ont été apportées comme preuves en faveur de la guérison du tabes », — et Leypen conclut au rejet du traitement antisyphilitique.
Entre les partisans absolus du traitement et ceux qui le rejettent, se placent, plus nombreux, ceux qui l’admettent avec certaines réserves.
Marie (1) dit : « Partisan convaincu de la nature syphili- « tique du {abes, il nous faut reconnaître que le traitement « n’a aucune action apparente, quant à une amélioration des
« symptômes tabétiques; en revanche, s'ilne fait pas de bien, «il est juste de dire qu’il ne peut faire de mal, surtout chez « les individus cachectiques. » Et plus loin : « Je le pres- « cris (le traitement) uniquement dans l’espoir de mettre mon « malade à l’abrides autres lésions de nature syphilitique qui « sont parfois des complications si graves du tabes, telles « que l’artérite chronique, mère de l’hémorragie cérébrale, « ou la paralysie générale, fille de la syphilis encéphalo-mé- « ningée. »
Citons parmi les partisans de l'efficacité du traitement antisyphilitique : Dieuraroy, Eiconsr, Bergez, DE Beurmann, Bouper, SPILLMANN, MAGNaN, TRipier.
Carparezut (2) conseille le traitement spécifique dans les cas où le tabes est nettement d’origine syphilitique, mais, en tous cas,avec une extrême prudence.
Pour Racaune (Congrès de Moscou), il est suffisamment démontré que letraitement antisyphilitique le plus rigoureux n'est pas capable d'empêcher l'apparition du tabes chez un ancien syphilitique, pas plus que d’enrayer l’évolution du tabes une fois éclos. Ce qu’on peut lui demander, c’est d’atténuer la virulence des toxines spéciales élaborées dans l’organisme infecté préalablement par la syphilis, et qui sont la
(1) Mae, Traité des maladies de la moëlle, p. 329. ‘ (2) CarpareLu, Influenza della sifilide nell'atasesia locomotrice. (Giornale internazzionale dei scienze mediche, n° 14, 1895).
cause immédiate présumée de la dégénération tabétique du système nerveux. C’est,onle voit, l’opinion soutenue par Er8.
Le traitement est indiqué dans les premiers stades du tabes, quand l’état général n’a pas subi d'atteinte grave; il est formellement contre-indiqué dans les périodes avancées.
Geruarpr et Gurrmann ont signalé à la Société de médecine interne de Berlin les véritables succès qu’ils ont eus dans le tabes, en employant le traitement antisyphilitique.
Brower (1) s'exprime ainsi :
« Dans les cas où les symptômes sesont développés rapidemient, et où l’infection spécifique est récente, le traitement agit et consiste en prises aussiabondantes que possible d’10dure de potassium, et en injections hypodermiques de mercure. Dans les cas où le tabes est à marche lente, le traitement est nuisible. »
Le professeur Raymonp (2), appréciant la valeur du traitementantisyphilitique dans le tabes, a dit: « Ge sont les manifestations propres à la syphilis cérébro-spinale vulgaire, et au tabes dorsalis, et comme telles je signalerai : les paralysies dissociées des muscles de l'œil, les troubles de la vue en rapport avec une atrophie du nerf optique, les vertiges, les attaques épileptiformes, l’hémiparésie, l’hémiplégite, la paraplégie, [a sensation de constriction en ceinture, les troubles urinaires, le signe de Westphal, que lon voit disparaître ou s'améliorer chez les tabétiques ayant eu la syphilis et soumis au traitement.
« Les manifestations propres au tabes persistent ou s’aggravent (3).
« Le traitement n’a aucune influence sur le tabes; dans
(1) Brower, Somes observations of the treatment oftabes dorsalis — Am. med. Assoc. Chicago. 1898, XXX, 180.
(2) Ravmono, Leçons sur les seléroses systématiques de la moëlle. 4894. (3) Obs. de Kun et de None. Arch. fur Psychiatrie, 1891-1892,