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l’anse ectasiée que l’on voit quelquefois animée de mouvements péristaltiques. Ces mouvements peuvent être aussi provoqués par la palpation qui permet de constater que l'abdomen est tendu uniformément, sauf dans le cas de stercoromes, qui donnent sous Le doigt l'impression de masses dures ou pâteuses, sans localisations spéciales. Ces mouvements péristaltiques sont perceptibles parfois au niveau d’une tumeur palpable correspondant à lPanse ou aux anses dilatées. On à d'autant plus de chances de la sentir que la retention intestinale est plus aneïenne et la distension plus importante. La perseussion fait entendre une sonorité tympanique, elle est généralisée, sans prédominance particulière, sauf en certains points qui sont mats, s’il y a rétention de stercoromes.
Cette distension abdominale est la cause de bien d’autres désordres qui n’ont évidemment qu’une importance secondaire, mais qui influent fâcheusement sur l’état général du malade. Ce sont, presque tous, des désordres dus à la compression des organes voisins par l’ectasie colique. Celle de lPestomac entraîne des troubles gastriques se traduisant le plus souvent par des vomissements. Ces vomissements sont assez fréquents et sans valeur diagnostique. La compression du cœur et des poumons entraîne : de la dyspnée constante dans les distensions un peu importantes, des lipothymies avec tendance à la syncope. La compression des vaisseaux peut être la cause d’un léger œdème de la paroi, du serotum et même des membres inférieurs.
Enfin la distension abdominale, qui ne s'accompagne généralement pas de douleurs, peut devenir douloureuse. Elle peut être la cause d’une déformation thoracique, d’un diastasis des muscles droits.
On doit toujours terminer l’examen physique par un toucher rectal et un examen de la région anale. Nous savons en effet l'importance attachée, à juste titre, au spasme du sphincter dans la pathogénie des mégacôlons.
Le toucher rectal donne la plupart du temps des renseignements négatifs. L’ampoule rectale est souvent libre, vide. Quelquefois le doigt réussit à accrocher une valvule et à sentir au delà, un stercorome volumineux coiffé par ce repli muqueux. Plus rarement on apprécie une contracture du sphincter. À ce sujet c’est l’examen de l’anus qui a le plus de valeur. BENsAUDE y attache une grosse importance. En dépliant les plis radiés, on découvre quelquefois une fissure dont la guérison arrêtera peut-être l’évolution du mégacôlon.
On a attaché, dans la pathogénie des mégacôlons, une très grosse importance au spasme du sphincter. Cette théorie a été vérifiée par quelques beaux succès du traitement étiologique. Mais il y eut quelques échecs, qui prouvent bien que le spasme n’est pas tout. Nous publions même 3 observations (Obs. I, XVIII, et XX V) 2 personnelles et 1 de MerLe d'AUBIGNÉ et GATELIER, où non seulement il n’y a pas de spasme du sphincter, mais bien au contraire une incontinence des matières. Nous n’en avons pas retrouvé d’autres exemples, mais il nous a paru intéressant d’attacher une certaine importance à ce symptôme peu connu, car dans les 3 cas 1l était indiscutablement lié à une maladie de HrrscasPRUNG ; ce n’était pas un épiphénomène et 1l disparut chez les 3 malades par le traitement du mégacôlon.
Dans aucun cas on ne doit abandonner l'observation clinique sans avoir recours à deux examens sans lesquels on ne peut aflirmer le diagnostic. Ce sont : l’endoscopie et la radioscopie.
L’endoscopie ou rectoscopie, qui n’a de valeur que dans les ectasies terminales, à été préconisée par BENSAUDE qui la considère comme un procédé de choix ; elle montre l’absence ou la présence d’un obstacle au cours des matières, Dans la majorité des cas on voit un rectum vide de matières, puis le rectoscope vient buter sur une coudure ou une A vule et après une légère résistance pénètre brusquement
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dans une large cavité où 1l se déplace librement en battant de cloche. Le plus souvent l’obstacle, et pour BensAUDE on le rencontre dans la majorité des cas, siège à l’union du rectum et du sigmoïde, mais on peut le trouver à des hauteurs variables dans le rectum. La rectoscopie permet aussi de constater l'étendue de la dilatation et d'apprécier l’état de la muqueuse souvent rouge, présentant de petites ulcérations. Difficilement praticable chez le nourrisson, elle rend surtout des services chez les grands enfants.
L’examen radiologique est d’une importance capitale,
c'est sur lui qu’on se basera pour aflirmer le diagnostic. On peut le pratiquer de trois manières différentes. D’abord l’examen sans préparation, qui montre une aérocolie considérable avec poches à air énormes, refoulant le foie, les hémidiaphragmes, le cœur, déformant l’estomac. On note quelquefois la présence de niveaux liquides, qui sont dus à la stase de matières non solides. Cet examen peut orienter le diagnostic mais n’est pas concluant ; de même d’ailleurs que celui pratiqué après l’ingestion d’un repas baryté, 18 et 8 heures avant l’examen ; 1l est en effet très difficile, par ce moyen, de remplir complètement le gros intestin de substance opaque. Cet examen présente cependant un certain intérêt, il permet en effet de mettre en évidence un fait important : l’irrégularité du transit, qui correspond à un trouble moteur important.
En définitive c’est la troisième méthode qui a le plus de valeur, c’est-à-dire la radioscopie après lavement opaque. BEcLÈèRE a insisté sur les précautions que l’on devait prendre pour ne pas en fausser les résultats. En effet un lavement poussé brusquement peut augmenter considérablement la longueur et la capacité d’un côlon normai. De plus, tout comme celui de l’adulte et peut-être davantage, le gros intestin de l’enfant est excitable et si le lavement est injecté trop brutalement il provoque des spasmes, accompagnés de coliques
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très douloureuses et souvent d’expulsion immédiate, qui faussent complètement l’image intestinale. :
On doit faire l'examen après évacuation complète préalable, si elle est possible ; le lavement est mieux toléré dans le déeubitus abdominal qui permet en outre de palper plus facilement l’abdomen dont la museculature est bien relächée, mais l’examen en décubitus dorsal reste indispensable surtout pour prendre des clichés, l'intestin étant plus près de la plaque. Le lavement doit être injecté avec un bock que l’on tient à O0 m. 50 au-dessus de la table d'examen. En le suivant de bout en bout, on peut apprécier la gêne apportée à la circulation des matières, les coudures, les superpositions d’anses. L’injection du lavement faite ainsi doucement et cela peut durer 5 à 10 minutes, on peut quelquefois déceler la présence d’un spasme.
Cet examen après lavement baryté, donne des renseignements extrêmement importants. S1 l’augmentation de calibre siège sur tout le côlon, l’image est monstrueuse et lon doit injecter plusieurs litres avant de remplir l’ectasie. Dans le cas de dilatation segmentaire, les rayons X renseignent sur le siège, l'étendue et la forme de la dilatation et peuvent faire connaître la cause dont elle découle, On peut voir le côlon dont le volume est de 2,3 ou 4 fois la normale, faire une série de boucles, se comprimant les unes les autres et confondant leurs images ; il est done souvent impossible de suivre la continuité intestinale, si l’on n’a pas eu la précaution de suivre la progression du lavement. Signalons enfin les anomalies de position de certains segments coliques, en particulier du cæcum qui peut être sur la ligne médiane ou même à gauche.
À côté de la distension et de la constipation qui sont les signes majeurs, il faut mentionner des symptômes de moindre importance, d’abord parce qu’ils ne sont pas tous constants et surtout parce qu'ils ne sont pas caractéristiques du méga-
côlon, Citons la tétanie, qui a été observée ; des troubles psychiques, qui comme la tétanie semblent être sous la dépendance du degré d'intoxication, puisqu’onles a vu régresser en faisant cesser la stase intestinale. L’oligurie est fréquente quelquefois accompagnée d’albuminurie ou d’indicanurie. En général tous ces symptômes diminuent ou disparaissent après une évacuation importante, On ne doit donc leur attribuer qu’une valeur relative.
Enfin il existe certainement chez ces malades des insuffisances digestives dont il nous a été donné de constater un exemple (Obs. XXII). Chez cet enfant il y eut 3 semaines après leur ingestion, une selle d’aliments absoluments intacts, n'ayant subi aucun commencement de digestion. Peut-être pourrait-on même rechercher dans ce fait une théorie pathogénique, comparable à celle qui veut rendre la colite responsable du dolhichocôlon.