CONCLUSIONS
19 Le côlon de l’enfant présente des particularités anatomiques nettes. On peut considérer que son évolution n’est pas terminée à la naissance. En comparaison il est normalement plus long que celui de l'adulte. Pour cette raison et aussi parce que sa portion pelvienne ne peut être contenue tout entière dans le bassin trop étroit, 1l réalise dans la cavité abdominale des flexuosités plus ou moins nombreuses. Cétte disposition très nette à la naissance et jusqu’à deux ans environ, évolue peu à peu vers le type de l’adulte qu’on rencontre dans la majorité des cas entre 12 et 15 ans.
20 Le mégacôlon est avant tout une maladie de l’enfance, plus fréquente chez les garçons que chez les filles. C’est aussi une affection rare, dont on ne doit pas poser le diagnostic à la légère, en raison du pronostic grave qu’elle comporte. Elle est caractérisée anatomiquement par une dilatation et un allongement du côlon, avee hypertrophie des parois ; ces lésions peuvent intéresser la totalité du côlon, mais dans la plupart des cas elles sont segmentaires et siègent surtout au niveau du côlon pelvien. Au point de vue clinique, la constipation et la distension abdominale dominent la symptomatologie. Sans une grande partie de ces caractères anatomocliniques 1l n’y a pas de vrai mégacôlon.
30 Le diagnostic ne peut être fait uniquement par examen clinique, il est essentiellement basé sur des examens radiologiques répétés et précautionneux, pour ne pas en fausser
tre
les résultats ; le plus important est l'examen après lavement opaque.
40 L'évolution est chronique, le pronostic toujours grave en raison des complications fréquentes qui peuvent amener la mort.
59 La pathogénie du mégacôlon est encore très discutée. S'il existe des cas, très rares, de mégacôlon congénital vrai, il s’agit le plus souvent de mégacôlons secondaires à un obstacle au cours des matières, obstacle qui peut être mécanique, anatomique ou physiologique. Chez les jeunes enfants la dolichocolie exagérée paraît être la cause prédominante. Enfin on attache actuellement une grosse importance en Amérique et en Angleterre, à une théorie pathogénique nerveuse qui veut voir l’origine du mégacôlon dans une hyperactivité de l’innervation sympathique du gros intestin.
60 Le traitement médical est basé avant tout sur l’entéroclyse quotidienne, pratiquée avec une longue sonde. On doit toujours l’instituer avant tout autre et tôt.
79 Les indications du traitement chirurgical sont essentiellerment les suivantes : répétition des crises d’obstructon, apparition de complications et surtout échec du traitement médical. L’âge entre en ligne de compte, mais quel que soit le cas, ce n’est pas une contr'indication formelle. Nous insistons surtout sur le fait que le traitement médical ne doit pas se prolonger au delà d’une limite raisonnable et qu’on ne doit pas attendre pour intervenir qu'il y ait une occlusion ou que le côlon soit devenu un sac fibreux et inerte. En raison des facilités qu’elle présente, l'intervention peut être plus facilement proposée dans le cas de mégacôlon.sigmoïdien.
80 Le traitement chirurgical du mégacôlon chez l'enfant présente une gravité beaucoup plus grande que chez l'adulte. Certains procédés doivent être rejetés à cause de cela. En tenant toujours compte de cette notion, une thérapeutique sanglante, par le choix judicieux d’une intervention, doit rendre les plus grands services et donner de bons résultats. Le traitement chirurgical est variable suivant les cas :
a) Lorsqu'on connaît une cause accessible, un traitement étiologique tel qu’une dilatation anale donne souvent d'excellents résultats.
S1 l’on attribue le mégacôlon à une origine nerveuse, une rachianesthésie peut la contrôler et en même temps laisser prévoir l'effet d’un traitement neuro-chirurgical, On peut alors l’instituer. Il semble avoir donné des résultats encourageants aux auteurs américains et nous ne croyons - pas qu'il faille le rejeter systématiquement. Nous n’en n’avons pas l'expérience, mais en raison du peu de gravité qu’il présente, il est souhaitable qu’on lui accorde en France plus de valeur qu’on ne l’a fait jusqu’à présent. Le temps Le jugera.
Tout traitement étiologique doit pour réussir être pratiqué assez tôt pour qu’une rééducation intestinale associée, permette au côlon non encore envahi par le tissu fibreux de reprendre un cahbre presque normal.
b) Dans le mégacôlon segmentaire non compliqué et en particulier dans la forme sigmoïdienne, le traitement doit, à part quelques cas spéciaux, être curatif. Parmi les colectomies, c’est à la résection fragmentaire en 2 ou 5 temps, moins grave et aussi eflicace, qu’il faut accorder la préférence. Dans certains cas, où la vidange pré-opératoire du mégacôlon est impossible ou très incomplète, on la fera précéder d’un anus cæcal de dérivation.
c) Dans le mégacôlon total, à part l'hypothèse d’une rétro-dilatation consécutive à un mégacôlon sigmoïde pour
laquelle une résection segmentaire en 2 ou 3 temps peut
amener la guérison, est à une intervention palliative qu'il faut avoir recours. Les colectomies totales et les hemicolectomies gauches, même en plusieurs temps, sont trop oraves pour être appliquées souvent. L’iléo-sigmoïdostomie termino-latérale ou latéro-latérale avec exclusion unilatérale du côlon est l’intervention la moins dangereuse qui donne les meilleurs résultats.
d) Dans les formes compliquées d’occlusion une seule opération palliative possible : l’anus cæcal, qui reste malgré sa rapidité d'exécution d’une effroyable gravité ;en cas de réussite il sera le premier temps d’une intervention curatrice ultérieure.
e) Insistons pour terminer sur les précautions pré et postopératoires à prendre vis-à-vis de ces organismes jeunes et particulièrement fragiles, qui aideront à mener à bien des interventions délicates avec le minimum de risques.
Vu : Le Doyen, Vu : Le Président de Thèse, ROUSSY | MBRÉDANNE
Vu ET PERMIS D’IMPRIMER :
Le recteur de l’Académie de Paris
CHARLÉTY