Remorqueurs
La plupart des fabricants de machines de tramways conislmisent pour les chemins de fer sur routes des locomotives de même modèle, mais différant par les détails. En décrivant les unes, nous décrirons les autres, et nous signalerons leâ différentes essentielles qui existent entre elles.
Dans les villes, quelle que soit i^ disposition du moteur. Toiture automobile ou remorqueur, il doit satisfaire à certaines conditions que Ton ne peut demander à la locomotive circulant sur l'accotement d'une route isolée, mais que l'on doit exiger d'une machine de tramway.
Ces conditions sont les suivantes :
1* Ne présenter aucun danger pour les voyageurs et les riverains;
2* Ne produire ni bruit ni fumée ;
3* Ne laisser voir aucune partie de mécanisme, ni aucune trace de feu ;
4* Avoir ses organes de transmission à Tabri de la poussière et de la boue ;
5* Pouvoir passer dans des courbes n'ayant souvent que âO mètres de rayon ;
6* Être pourvue de freins assez puissants pour que, lancée sur une pente de m. 02 par mètre avec une vitesse de 20 kilomètres à l'heure, elle puisse être arrêtée, sans le secours des ireins des voitures remorquées, sur un espace de 20 mètres au plus ;
7* Ne donner aucune odeur et ne répandre sur la voie publique ni flammèches, ni escarbilles, ni cendre, ni fumée, ni «au excédante ;
8* Etre facile à manœuvrer et à remettre sur les rails en cas de déraillement;
9* Fournir un travail plus économique que celui des chevaux.
Nous ajouterons qu'une machine de tramway ou de chemin ée fer sur route doit pouvoir marcher dans les deux sens, afin d'éviter aux terminus l'emploi de plaques tournantes ou de triangles américains.
Locotnotives Merrywheater, — Les machines de MM. Blerrywheater, de Londres, importées en France par H. Harding ont lût pendant quelque temps la traction sur les lignes de la
Bastille à Montparnasse et de la Bastille à Saint-Mandé, da Résean-Snd. Depuis Tonverture des tramways de Rouen, 10 de ces machines font le service concoiTemment avec 6 machines du même type construites par la Compagnie de Fives-LiU». Deux de ces machines, une de MM. Merrywhealer et une d» Fiyes -Lille, figuraient à TExposition de 1878; la première pe^ sait 3,800 kilogrammes et la seconde 5,800 kilogrammes à vide. La disposition est la même pour les deux modèles ; la différence n'existe que dans quelques détails et dans les dimensions, qm sont plus fortes dans la machine française que dans la machine anglaise.
La chaudière est horizontale comme celle des locomotives, mais la porte du foyer est sur le côté.
Sous le plancher, est le mécanisme qui comprend deux cylindres horizontaux commandant un essieu coudé. Dans i» machine Merrywheater, la vapeur est envoyée dans le foyer après avoir fait son travail utile. Dans celle de Fives-Lille, elle se rend à la sortie des cylindres dans une hoite munie de purgeurs où elle se condense en paitie. L'excédent est rejeté dans la boite à fumée d'où il s'échappe par la cheminée.
Le frein est à pédale ; il agit sur les quatre roues.
Tout le mécanisme est soustrait à la vue par des panneaux
en tôle qui descendent jusqu'au ras du sol.
Dans la machine de Merrywheater^ l'adhérence prise an ---
est de 793 kilogi*ammes et la puissance de traction de 415 kilogrammes, tandis que dans celle de Fives-Lille l'adhérence atteint 1133 kilogrammes, et la puissance de traction s^élève à 715 kilogrammes.
A Rouen, les rampes atteignent m. 05 par mètre. Les ma chines font environ 90 kilomètres par jour, à la vitesse de 8 kilomètres en ville et de prés de 13 kilomètres extra-muros. Elles remorquent, généralement, un seul car pesant, avec ses 46 voyageurs, 6 t. 400 environ. Le dimanche, elles en traînent deux chargés, qui présentent le double de ce poids ; c'est tout ce qu'elles peuvent faire sur les plus fortes rampes.
Au mois de mars 1881, les frais de traction s'élevaient, à Rouen» à 50c 43 par kilomètre, toutes dépenses comprises. A la suite de diverses modifications apportées aux machines par M. Arthur Wright, ingénieur et directeur général de la Compagnie, on espérait ne dépenser que 40 à 43 cent, par kilomètre ; c'est ce que coûtent les meilleures machines de Merrywheater.
Les constructeurs ont fait pour les tramways de Bristol des machines à condensation, dont le condenseur est logé dans U
— Ï92 — loilore. On trouve des locomolives de Merrywhealer à Gueroesey, BorceloDe, Cassel, dit.
Machine Brown (Ûg. 161). — Celle machiiio présente plnsiears parttcalarités : transmission du mouvement des piswns aux roaes au moyen d'un balanvier ; mécanisme spéciâi de dislribulion. Les tiroirs sont commandés par uns bielle dont un des poiuis d'aiiactie se ti'oave sur la bielle motrice ei dont l'auire extrémité agit sur nn levier articulé. Suppression complète, par conséquent, des coulisses, des excenlriques, et des manivelles de distribution.
Cbandiére en acier, partie horiioniale et partie vsrlicale, timbrée i 15 almospbéres. L'alimentation et le chargement du foyer peuvent n'avoir lieu que toutes les S benres.
A sa sortie des cylindres, la vapeur est envoyée dans nn réservoir intermédiaire d'où elle s'échappe par nne base placée dans l'aie de la cheminée. L'échappement est à peu près silencieux.
Au lieu de donner aux belles à graisse un certain jeu latéral pour le passage des courbes raides, on les a munies de patins à louriilons, qui permetlent à l'essieu de s'incliner tranaversalemenl.
La machine esl surpreo- FiK 161 — Machina Brown '^'"' *" ""^ï^" ^^ '"^'S
ressorts : deux lalérauv pour l'essieu d'avant el un transversal pour l'essieu d'arrière. Voici quelles soni les dimensions principales des deux modèles de la machine Brown pour tramways -
Diamètre des cylindres • m. '0
Course des pistons • o 30
Diamètre des roues m. 68 GO
Poids de la machine en charge . . . 7600 kilog. 6000 kilcg.
Adhérence au 1/6 lâ6G 1035
Puissance lie Iraclion 1000
Les machines Brown ronclionnent à Bruxelles, Florence, Turin, Milan, Genève, Madrid, Rome, Saint- Etienne, Strasbourg, Hambourg, Paris, etc.
On prétend qu'à Strasbourg la traction par kilomètre ne coûte que 33 centimes, et sur le tramway de Hambourg i Wanâsbeck elle ne reviendrait, d'après M. Brown, qu'à 29= 9 par kilomètre.
Sur la ligne de l'Etoile à Gourbevoie, à Paris, oq dépense beaucoup plus.
Locomotive Waessen — de Saint-Léonard, Liège. — Machine à 6 roues ; 4 couplées et les 2 porteuses formant un train articulé qui a, non seulement, une rotation autour de son pivot, mais encore la faculté de se placer tangentiellement à la courbe que la machine franchit, quel que soit le rayon. Mécanisme extérieur aux longerons, masqué par des panneaux mobiles qui en permettent la visite et le graissage .
La vapeur d'échappement se divise en trois parties : une sert à activer le tirage ; l'autre se rend dans un tube percé de trous et placé dans la boite à fumée près de la plaque tubulaire ; la vapeur qui sort des trous sert à aibattre la fumée, les escarbilles, etc. ; le reste se condense dans des serpentins placés dans des caisses à eau. Système de distribution de Walschaert, très employé en Belgique.
Dimensions principales :
Diamètre des cylindres m. 175
Course des pistons 300
... ». j s motrices 600
Diamètre des roues \ ^ ^ ^ «n/»
( poi-teuses 500
Poids de la machine en charge 8.720 kilog.
Adhérence au 1/6 1.126
Puissance de traction 995
Les machines "Waessen font, avec les machines Brown, la traction des cars de la ligne de TEtoile.
Locomotive de Hughes, — Machine très étudiée pour le service des villes. Cylindres et mouvement intérieurs ; pression trSs élevée dans la chaudière ; admission de la vapeur en petite quantité ; grande détente ; foyer très grand pour contenir beaucoup de combustible et éviter le rechargement en roule ; tirage naturel.
Le système de condensation est assez compliqué. Des caisses à eau sont disposées ainsi : une de 1,700 litres sur la chaudière, et les deux autres sous le tablier, aux extrémités. A ces caisses, qui communiquent entres elles, est fixée une pièce avec obturateur formant soupape et lié au régulateur. Quand celui-ci est ouvert, l'obturateur l'est également. II met la caisse à eau en communication avec l'espace compris entre deux soupapes réunies entre elles et qui sont logées dans un boite. A chaque coup de piston, la vapeur en s'échappant soulève les soupapes, pénètre dans l'espace qui les sépare et se condense sous l'action d'un jet d'eau annulaire fourni par la caisse à eau placée sur la
chaudière. L'eau chaude est recueillie dans des caisses inférieures» d'où elle est reprise par une pompe à une températurei de^ 80 degrés pour alimenter la chaudière. Il y a, en outre« un Gifiard. Toutes les précautions sont prises pour éviter Féchappement de la vapeur à Textérieur.
La machine est pourvue d'un frein à pédale, d'un frein 4 vapeur et d'un régulateur automatique de vitesse. Cet appareil a été recommandé par le Parlement anglais pour les machines detramways.
M. Hughes a traité la traction sur les tramways de la Clyde à raison de 41c 9, le kilomètre. Son premier marché ne lui accordait que 34 centimes pour la remorque d'une voiture, k Paris», où il a fait pendant quelque temps le service sur la ligne de lik Bastille à Gharenton, il a perdu de l'argent, et force lui a été da rompre son traité, ses machines ne pouvant plus fonctionner. Il s'était formé dans les foyers des dépôts de graisse et de. chaux qui les mettaient rapidement hors de service. A Lille, la Compagnie des Tramways du Nord n'a eu qu'à se plaindre des machines de M. Hughes, qui étaient mal construites et sur lesquelles on ne pouvait pas compter. Le prix de traction par kilomètre variait entre fr. 85 et â fr. 80. Avec les locomotives Carels, de Gand, elle ne coûte en moyenne que 33 centimes.
Locomolive de la Société Aulnoy-Berlaimonl (fig. 162). En 1878, quelques mois avant l'ouverture de l'Exposition, cette société faisait circuler sur la ligne de Saint-Denis une machine de tramway ayant la forme d'un élégant petit car. Exposée plus tard au Trocadéro, cette locomotive remportait une médaille d'argent.
La machine d'Aulnoye-Berlaimont est à 4 roues couplées ; la chaudière est verticale et placée au milieu ; les cylindres sont extérieurs et inclinés latéralement. Les caisses à eau et à cornbustihle sont placées sur les côtés, au-dessus des cylindres.
La machine est symétrique et peut marcher dans les deux seub. Le foyer à double porte, une à l'avant, l'autre à l'arrière. Les appareils de conduite et de sûreté sont en double.
La vapeur, eu sortant des cylindres, arrive par deux conduits dans une couronne en cuivre rouge placée dans le foyer. Elle en sort, à un étal de division presque moléculaire, par des tuyaux placés horizontalement et ajustés sur les tubes de la chaudière. Pendant le trajet, elle est soumise à toute l'action de la chaleur du foyer, sans cependant qu'aucun contact ait lieu, avec le combustible, et elle traverse les tubes en activant le tirage. A sa sortie de la cheminée, elle est assez surchauffée pour être invisible.
La machine est munie d'un frein à vapeur agissant immé«
L'altelage mente d'éire signalé. Il est disposé en forme de paTEtlIélognuDiDe articula et monté à genouilljie sur les tiges
do Iraclion de la machine *l de la voilura. Il permet le mot vemcnt dans Ions les sens, tout en reslarit Irès rigide- Dimensions principales, se rapportanl an type exposé e 1873:
•a cylindres m
Coarse des pistons
Diamètre des roues motiiccs . .
Pression effeclive 10 kilog.
Poids avide 6.000
Poids en charge 7.500
Adhérence au 1/6 1.250
Puissance de fraction .... 665
On construit sur ce modèle des machines pesant à vide 4 l., 6 t. et 8 t. L'enveloppe métallique peut être remplacée par une simple toiture, comme dans la figure 163.
La Société d'Aulnoye-Berlaimont fabrique pour les petits chemins de fer industriels des machines à chaudière verticale, sans couverture.
Deux de ces machines font le service des trains supplémentaires sur la ligne de Rueil à Port-Maiiy, concurremment avec les machines Francq.
Le troisième type de locomotives de la Société est donné figure 164. Il est plus grand et plus robuste que les précédents; sa disposition est aussi différente. La chaudière est horizontale et tout le mécanisme, y compris les cylindres, est logé entre les longerons. Sa largeur ne dépasse pas 2 mètres. Cette machine convient aux chemins de fer sur routes à fortes rampes. Elle est employée sur la petite ligne de Yilliers-le-Bel, et elle remorque trois voitures pleines et un petit fourgon sur la rampe de 53 millièmes qui se trouve au milieu du village ; c'est un poids de 13 tonnes environ, non compris celui de la machine.
Ses principales dimcTnsions sont les suivantes :
Diamètre des cylindres m. 270
Course des pistons 280
Diamètre des roues 600
Pression de la vapeur 10 Idlog.
Poids de la machine à vide 10.600
Poids de la machine en charge . . . 13.600
Adhérence au 1/6 2.266
Puissance de traction 1.769
Locomotives Hefuchsl et fils. — Cette maison construit pour les tram^vays et les chemins de fer sur routes des machines de plusieurs dimensions dont voici les ti^aits les plus saillants : cylindres intérieurs ; mécanisme placé sous les yeux du chanfieur et pouvant être visité et graissé en marche ; porte du foyer sous le côté pour que le mécanicien puisse voir la voie; soutes à eau à l'avant et caisses à chariK>n à Tanière; appareil de condensation sons la toiture, comme dans les nouvelles madûnes Merrywhealer ; frein à pédale; éfhappement silencieux. Ce dernier résultat est obtenu en envoyant la vapeur sous la boîte à fumée, dans un réservoir où elle se condense. L'eau deconden-
sation est amenée par un tuyau dans le cendrier pour éteindre les escarbilles. La machine repose sur de forts ressorts en acier fondu. La chaudière a un dôme de prise de vapeur très élevé, pour éviter les entraînements.
La maison Henschel a adopté pour ses machines l'attelage Grondona qui sert à la fois pour la (raciion et le tamponnement. Dans les courbes les plus raides, les tampons, qui sont placés au centre de la traverse, sont toujours en contaci. Toutes les machines de tramways qui sortent de ces ateliers n'ont que quatre roues couplées. Leur poids à vide varie de 5,750 à 11,200 kilogrammes, sans condensation, ef de 6,050 à 11, 900 kilogrammes, avec condensation. La pression est de 12 kilogrammes par centimètre carré. Le type de 9.000 kilogrammes, pesant en charge 11.500 kilogrammes, a une adhérence, comptée au 1/6, de 1.700 kilogrammes et une puissance de traction de 1.200 kilogrammes. Il remorque 15 tonnes sur rampe de 50 millièmes.
MM. Henschel ont fourni à 21 chemins de fer sur routes, en Italie, des machines de tramways variant de dimensions, mais dont la disposition est la même pour tous les types.
Locomotive Krauss, — M. Krauss, de Munich, uû des meilleurs constructeurs de l'Allemagne, a fait quelques locomotives légères pour le service d'une section de la ligne de Berlin à Gorlitz, — celle de Berlin àGriinau, — d'une longueur de 13 kilomètres environ. Les voyageurs se composent surtout d'étudiants et d'ouvriers qui n'occupent que des places de troisième classe à prix réduits.
La machine Krauss ressemble beaucoup, extérieurement, à celle deMerrywheater. Elle a,' comme elle, une cheminée assez haute pour atteindre la toiture de l'impériale de la voiture qu'elle remorque. Elle est à cylindres et mécanismes extérieurs et à quatre roues couplées, comme toutes les petites machines du système Krauss.
Voici ses dimensions principales :
Diamètre des cylindres m. 160
Course des pis. ons Om. 300
Diamètre des roues m. 630
Écartement des essieux 1 m. 500
Surface de chauffe tota,le 13 m. q.
Pression effective à la chaudière . , . . p, 12kilog.
Poids de la machine en service 7.500 k.
La voiture repose sur deux bogies. Elle a les dimensions suivantes :
Longueur totale 9 m. 800
Largeur extérieure 3 m. 030
Nombre de places assises . 100
Id. debout 40
Poids de la voiture vide 11.290 k.
Id. pleine 20.390
Poids par place 80
Locomolives de la Métallurgique. — Celte Société a livré à différents tramways, et notamment à ceux de Milan-Pavie et de Yalenciennes-Anzin, des machines à quatre roues et à six roues couplées, dont voici les dimensions principales :
Diamètre des cylindres Course des pistons Diamètre des roues Pression par c. q.
Adhérence au 1/6
NM
15 kilog. 12 kilog.