Courbure des rails
Les aiguilles comprenant, comme nous l'avons tu, deux ornières, l'une rectiligne, l'autre courbe, qui se raccordent tangentiellement. 8i Ion donne à l'aiguillage un rayon difi'érent de celui de la courbe qui lui fait suite, il y a, au point de raccordement des deux courbes, un jarret plus ou moins prononcé suivant la différence des rayons. Le jarret a pour effet, dans le passage des cars de la partie rectiligne à la partie courbe de
i'aigaillage, de nécessiter un effet de U*aclion considérable qai fatigue l'attelage, et d'occasionner au véhicule un choc préjudiciable à sa solidité.
Avec les rayons adoptés par les Tramways-Nord pour les aiguilles, on raccorde facilement avec elles les courbes de 40 et 50 mètres de rayon et au delà.
L'ingénieur des tramways de Lille, M. Coulanghon, a adopté un type d'aiguilles qui convient pour des rayons variant de 25 à 45 mètres. Au-dessous du premier et au-dessous du second de ces chiffres, un jarret se produit au raccordement de la pièce en fonte et du rail. Les chiffres de 25 à 45 mètres sont convenables pour les rayons de départ d'un embranchement. S'il y a impossibilité de rester entre ces limites, on peut faire fondre des aiguilles spéciales suivant les cas. Mais il est préférable, à tous les points de vue, de n'avoir qu'un type. On évite ainsi la multiplicité des modèles.
Les aiguilles belges n'ont généralement que 2 m. 50 de long. Celles dont on s'est servi à la Compagnie Brésilienne ont les pointes d'inégale longueur; celle de droite a 1 m. 65 et celle de gauche, 1 m. 40. Cette disposition, que l'on retrouve dans presque toutes les aiguilles avec des différences de longueur plus ou moius sensibles, a pour but de faciliter aux cars le passage sur l'embranchement.
Les plaques de fonte se fixent sur les plateaux de différentes manières. Quelquefois, au lieu d'agrafes latérales on emploie les tire-fond ou les boulons. Ce dernier mode est le meilleur. Au reste, sur toutes les lignes où le passage des voitures est fréquent, on ne saurait apporter trop de soin à rendre bien solidaires les plaques d'aiguilles et les rails qui y aboutissent.